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Contre-attaque au référendum

Bex Un comité s'est formé pour défendre la cause du plan partiel d'affectation «Glarey II», soumis au vote populaire le 10 juin, à la suite du référendum lancé par le groupement «Non à la boulimie immobilière». En cause, la construction d'un nouveau quartier pouvant accueillir un potentiel maximal de 623 nouveaux habitants, soit 210 de plus que la capacité actuelle autorisée.

Une partie des sept membres du comité de soutien au PPA «Glarey II»: Sandrine Moesching-Hubert, Odette Dupont-Bonvin et Denis Aviolat (de g. à d.)DR

Textes et photo: Valérie Passello

«Au début, nous avons eu la même réaction que les opposants, nous nous sommes demandé pourquoi construire autant. Mais nous avons vite réalisé que le nouveau projet était d'une bien meilleure qualité que l'actuel», raconte Odette Dupont-Bonvin. Elle fait partie des sept membres du comité prônant le OUI au scrutin du 10 juin portant sur le plan partiel d'affectation (PPA) «Glarey II». Un dossier visant à améliorer le PPA en vigueur depuis 1998, en créant un nouveau quartier dans le secteur du Château Grenier à Bex (voir Le Régional 844 et 890).

Les partisans sont des conseillers communaux de toutes couleurs politiques, issus, pour la plupart, de la commission chargée d'étudier le projet avant son acceptation par le législatif le 8 mars 2017. Denis Aviolat relève: «Nous avons formé ce comité aussi pour défendre notre travail de conseillers communaux. Lors des nombreuses séances pour l'étude du préavis, nous avons constaté que le projet était mieux pensé que le précédent, avec des zones de verdure légalisées, un secteur laissé à la commune par le propriétaire, ainsi qu'une aire publique au centre et des accès améliorés.» Le PPA en vigueur est «dépassé, rigide et peu optimisé», selon le comité. Et Sandrine Moesching-Hubert d'ajouter: «Si le PPA «Glarey II» est rejeté, celui de 1998 sera réalisé, j'en ai la confirmation.»

En accord avec la LAT

Inclue dans le périmètre centre, la parcelle concernée fait partie des secteurs à densifier en vertu de la LAT (Loi sur l'Aménagement du Territoire). Sandrine Moesching-Hubert ajoute: «La densification prévue dans le nouveau PPA est inférieure de 10% à celle que pourrait exiger le canton. Nous comprenons les inquiétudes des opposants, mais les constructions s'étaleront dans le temps, la croissance sera échelonnée en fonction de la demande.»

Selon les statistiques de l'Etat de Vaud, Bex comptait 40 logements vacants destinés à la location en juin 2016. Aucun chiffre plus récent n'est publié à ce jour, mais la secrétaire du comité référendaire «Non à la boulimie immobilière» Vanessa Udriot, s'interroge: «A-t-on vraiment besoin d'un projet immobilier de cette taille à Bex? Surtout que, depuis 2016, d'autres immeubles ont encore été construits.»

Infrastructures adaptées?

Alors que les opposants évoquent des «infrastructures publiques saturées», les partisans se veulent rassurants. Un projet de STEP intercommunale sur le site chimique de Monthey est en discussion actuellement, annonçait le municipal des eaux Emmanuel Capancioni au Conseil communal du 16 mai. Cette perspective résoudrait le problème de l'épuration en cas de forte croissance démographique. Dans son argumentaire en vue de la votation, la Municipalité avance d'ailleurs: «Il est fort probable qu'elle soit déjà en fonction lors de l'arrivée des nouveaux habitants induits par le PPA.»

Pour ce qui est de la fréquentation des écoles, Odette Dupont-Bonvin voit l'avenir sereinement: «On parle de deux élèves supplémentaires pour chacune des 50 classes de la commune, cela semble tout à fait gérable.» Au sujet de la déchetterie, régulièrement engorgée, tous s'accordent à dire qu'une solution doit être trouvée, réalisation du «Glarey II» ou pas. Quant au trafic au cœur de la cité du sel, Denis Aviolat ne s'en inquiète pas outre mesure: «Mon travail m'amène à circuler dans toute la Suisse romande. Je peux dire qu'à Bex, nous sommes plutôt bien lotis, cela ne bouchonne jamais.» Aux Bellerins maintenant de se faire une opinion d'ici le passage aux urnes.

Date:24.05.2018
Parution: 902

La guerre des chiffres

En lisant les argumentaires des uns et des autres, pas facile de s'y retrouver dans les chiffres avancés. Le comité référendaire annonce l'arrivée de 623 habitants supplémentaires. Ce chiffre, qui correspond à un potentiel maximal de résidents dans la zone, est bel et bien correct. Mais le comité du OUI tient à le nuancer. Sandrine Moesching-Hubert calcule: «Le chiffre exact est de 210 habitants de plus par rapport au potentiel de 413 déjà autorisé par le PPA en vigueur. De plus, il faut englober le secteur du Château Grenier et la zone villas qui est déjà construite. Ces deux parcelles comptent aujourd'hui respectivement 11 et 42 habitants, mais pourraient déjà en accueillir 34 et 72, toujours selon le règlement actuel.» Autre évaluation sujette à caution, l'augmentation des passages de véhicules en cas de concrétisation du projet. Les opposants reprennent le chiffre évoqué dans le rapport minoritaire de la conseillère communale Anne Bielman, présenté lors de la votation du législatif sur le PPA. Mais l'élue mentionnait «au total un trafic automobile de 2'435 véhicules par jour» dans la zone. Or, selon deux études menées par des bureaux d'ingénieurs, l'augmentation serait plutôt de 1'312 passages quotidiens d'automobiles. La Municipalité bellerine affirme: «Le réseau routier est suffisant pour accueillir le potentiel de l'ensemble du PPA», prenant pour exemple le taux de charge du rond-point du Pont-Neuf, actuellement à 21%, qui passerait à 26% le cas échéant.

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