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Un robot pour des implants vertébraux débarque en Suisse

Chirurgie Il est le premier à être installé en Europe. Mazor XTM est un robot collaboratif qui sait calculer la trajectoire idéale pour poser des implants neurochirurgicaux sur la colonne vertébrale. Il vient d'être installé à la Clinique La Source.

Grâce à ce robot, la dose d'irradiation est fortement diminuée pour les chirurgiens.

Nina Brissot

Les opérations sur la colonne vertébrale nécessitaient, il n'y pas si longtemps, d'ouvrir la peau en créant de longues cicatrices. Cela fait partie du passé et ce type d'opérations est aujourd'hui très nettement moins invasif grâce à l'imagerie 3D permettant d'aller plus précisément vers l'endroit à opérer. Un pas de plus vient d'être franchi avec l'arrivée d'un robot sous forme de bras chirurgical qui guide les outils et les implants sur la bonne trajectoire et les positionne selon le plan préétabli par les chirurgiens. Son nom est Mazor XTM et il vient d'être installé à la Clinique La Source, une première européenne pour ce type d'appareil. Ce «troisième bras» du chirurgien est infatigable, précis et commandé par son maître: il permet à l'opérateur de se concentrer pleinement sur la partie la plus délicate de l'opération, la partie du geste qui nécessite la pénétration d'un instrument dans les structures osseuses à proximité des nerfs et des organes vitaux.

Comment ça marche ?

Telle une mécanique de précision, ce bras chirurgical articulé est guidé par un logiciel qui suit un plan 3D. Ce dernier a été préalablement établi à l'aide d'algorithmes de reconnaissance de l'anatomie du patient et de sa segmentation vertébrale. Reconstruite, la vision des endroits à traiter est dès lors très nette, tout comme la trajectoire que doivent emprunter les outils. Ce plan modélise toute la colonne vertébrale. Les chirurgiens peuvent ainsi estimer, avant même d'opérer, l'impact qu'une correction chirurgicale aura sur la posture du patient après l'opération. Le plan peut être créé avant ou pendant la chirurgie. Il est alors importé dans le logiciel Mazor qui va l'exécuter. Une plateforme de montage est fixée de manière rigide au corps assurant une précision maximale tout au long de l'opération. Cette plateforme tout comme la colonne vertébrale du patient et le plan chirurgical sont référencés en 3 dimensions. Le logiciel associe ensuite automatiquement les vertèbres marquées à celles du plan. Le guidage du geste chirurgical peut alors commencer, avec des trajectoires d'implantations optimales.

Moins de radiations

Les chirurgiens spinaux sont exposés aux radiations. En moyenne 10 à 12 fois plus qu'un orthopédiste par exemple. Or, ce robot ne nécessite que deux acquisitions d'imagerie 3D en salle d'opération. Une pour planifier la position des implants à poser et l'autre en fin d'opération pour contrôler que le matériel chirurgical est bien positionné. Avec ces deux seules prises, la dose d'irradiation est fortement diminuée pour les patients et le personnel médical. C'est ce qu'assure le Dr Boscherini, spécialiste FMH en neurochirurgie et utilisateur de ce robot collaboratif, appelé cobot pour collaboration entre homme et robot. Le neurochirurgien s'est formé aux Etats-Unis où il existe plus de 70 robots de ce type, ainsi qu'en Israël. «Parmi tous les robots existants, le Mazor XTM est le plus sophistiqué et celui avec lequel le plus d'opérations ont été menées à ce jour», précise le Dr Boscherini.

Date:24.05.2018
Parution: 902

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