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Un assourdissant silence sur l'autouroute

A9 Lausanne Vevey Une interpellation déposée au Grand Conseil rappelle que Berne a annoncé une décision en automne 2018 «pour faire sauter les bouchons de l'A9». Or plus personne n'en parle et les habitants de Lavaux aimeraient savoir ce qui se trame. Ou pas. Une rencontre entre l'Office fédéral des routes, le Canton et les communes concernées aura lieu le 12 juin. Objectif: affiner les différentes variantes.

Actuellement, la proposition d'un élargissement du tunnel de Belmont fait face à 300 oppositions.DR

Nina Brissot

L'option qui sera retenue par l'Office Fédéral des Routes (OFROU) pour s'attaquer au goulet d'étranglement de l'autoroute A9 entre Lausanne et Montreux va engager la région pour un siècle. Il s'agit donc de ne pas se tromper et d'en faire subir les conséquences aux générations à venir. Or, des projets parvenus à OFROU, 4 variantes ont été retenues dans un premier temps. Parmi elles, la variante 4 correspond au projet Alternative 2050, signé Bruno Giacomini et Philippe Mingard. Projet prolongé jusqu'à Vevey, mais sans connaître l'accès au tunnel du côté de Belmont. Les habitants de Lavaux, notamment ceux de Belmont et de Lutry, fortement impactés pour la plupart, aimeraient en savoir plus. Et si ça parle dans les chaumières et au café du commerce, au niveau fédéral, le silence est d'or. Mais selon nos informations, l'OFROU, le Canton et le Comité de pilotage représentant les communes concernées se réuniront le 12 juin. Objectif: affiner les différentes variantes, notamment la variante Alternative 2050.

Les Verts s'en mêlent

Au Grand Conseil également, le sujet est à l'ordre du jour. Déposée le 26 mars, l'interpellation d'Andréas Wuthrich, député Vert de Lavaux Oron demande en substance que les Communes et le Canton s'unissent et parlent d'une même voix en faveur du projet voulu. Il pose des questions directes: «De quel pouvoir le Conseil d'Etat est-il pourvu afin d'influencer les décisions de l'OFROU sur le territoire traversant la zone protégée de Lavaux? Le Conseil d'Etat craint-il qu'une prise de position ferme en faveur d'un projet susceptible de résoudre les problèmes de l'A9 porte préjudice à d'autres importants projets autoroutiers dans notre canton comme le contournement de Morges? Que pense le Conseil d'Etat du projet «Alternative 2050, est-il prêt à s'engager en faveur de ce projet? (...)»

Alternative 2050

Intéressante à plusieurs titres, Alternative 2050 a de bonne chance de rencontrer l'assentiment de l'OFROU, selon ses partisans, du moins de manière partielle. Il s'agit d'un projet ambitieux qui prévoit un tracé bidirectionnel en tunnel à 2 fois 3 voies entièrement en tunnel entre Vennes et Vevey avec une jonction à Chexbres. Une alternative à l'existant qui éliminerait les nuisances en préservant le paysage de Lavaux. En outre, l'actuelle autoroute disparaitrait et permettrait de récupérer 100 hectares de terrain en Lavaux avec des zones de forêt, des zones constructibles, des zones de détentes et des surfaces d'assolements agricoles. Par ailleurs, avec cette solution, les travaux pourraient se faire sans perturber le trafic, qui resterait sur l'ancienne autoroute jusqu'à l'ouverture de la nouvelle.

En 2014, le Conseil fédéral proposait lui-même aussi de déplacer l'autoroute afin de protéger le paysage de Lavaux et supprimer les perturbations que causeraient des travaux. Si l'OFROU ne s'oppose pas à ce projet, la nouvelle autoroute devra être déviée en tunnel à Vennes, ainsi que le décrit le projet Alternative 2050. Et non pas entre Belmont et Lutry. Car cette variante n'a de sens que si elle se raccorde au tracé existant hors des zones habitées. Il faudrait pour cela abandonner le projet d'élargissement de l'autoroute entre Vennes et Lutry, actuellement bloqué par 300 oppositions, et faire démarrer le projet à Vennes déjà. Au niveau des coûts, le tracé depuis Vennes est beaucoup plus court et devrait permettre des économies par rapport au maintien du tracé actuel jusqu'à Lutry.

Fédérer communes et canton

«Il est maintenant indispensable que communes et canton s'allient pour montrer leur détermination à soutenir cette variante qui changera la face de la région pour le siècle à venir. Ensemble, ils doivent montrer leur détermination avant que l'Ofrou ne décide de son choix final», estime Philippe Mingard, qui, avec Bruno Giacomini, prend son bâton de pèlerin pour tenter d'inciter les autorités des communes concernées et celles du canton à se retrouver dans une séance commune pour faire un choix. «C'est une opportunité unique de profiter de ces études pour choisir une solution durable, écologique et sans nuisances. Il faut y aller.»

Date:23.05.2018
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