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L'hôpital troublera-t-il les eaux ?

Villeneuve Le comité de direction du SIGE a été interpellé à plusieurs reprises quant à la capacité de la STEP de Jaquetan à absorber et traiter l'afflux d'eaux usées induit par l'ouverture du futur Hôpital Riviera-Chablais de Rennaz. Si une station régionale équipée d'un dispositif de traitement des micropolluants est à l'étude, la phase transitoire inquiète.

L'Hôpital Riviera-Chablais de Rennaz ouvrira ses portes à l'été 2019, mais la nouvelle STEP, elle, devrait entrer en fonction au plus tôt en 2025

Textes et photo: Valérie Passello

Serge Ansermet est sceptique: «Bien sûr, une nouvelle STEP va être construite. Mais ce ne sera probablement pas avant une bonne dizaine d'années. Dans l'intervalle, il est légitime de se demander si les installations de Jaquetan à Villeneuve (réd: la STEP actuelle, qui dessert l'établissement médical), seront aptes à absorber les eaux usées très chargées du futur Hôpital Riviera-Chablais.» Membre du Conseil intercommunal du SIGE (Service Intercommunal de Gestion), l'écologiste veveysan en a interpellé le Comité de direction par deux fois, mais il n'est pas satisfait des réponses obtenues. Il craint, à terme, une pollution de l'Eau Froide, notamment en cas de rejets directs pour cause de surcharge. Il n'est d'ailleurs pas le seul, puisqu'une autre interpellation est encore pendante sur le même sujet. «Il n'y a pas de déversement dans l'Eau Froide depuis la STEP de Jaquetan, répond le Comité directeur. Les déversements par surcharge du réseau de l'Association intercommunale pour l'épuration des eaux usées et la distribution d'eau du Haut Lac ont lieu au niveau des stations de relevage. Cela signifie que les eaux provenant de l'hôpital traverseront obligatoirement les traitements de Jaquetan.»

Une situation connue

Dans ses réponses à l'interpellant, le Comité directeur du SIGE ajoute qu'il n'a «pas connaissance d'un rapport d'impact environnemental» ayant étudié les différents scénarios possibles en matière d'épuration des eaux usées de l'hôpital. Mais la Direction Générale de l'Environnement (DGE) rassure: «Dès le début du projet de la construction de l'hôpital, nous avons exigé qu'aucun composé organique potentiellement toxique et/ou écotoxique, issu du futur établissement ne soit rejeté dans le milieu naturel sans traitement spécifique.» Une étude de faisabilité technique et financière a conclu que les eaux de l'hôpital pourraient être évacuées sans prétraitement dans la nouvelle STEP intercommunale projetée. «Le permis de construire de l'établissement hospitalier a été délivré le 13 novembre 2013. La DGE avait admis une situation transitoire avec évacuation des eaux de l'hôpital sur la STEP de Jaquetan», ajoute le Canton. De plus, pour éviter tout problème et garantir la collecte des eaux de l'établissement jusqu'à la STEP, le système d'évacuation sera adapté à l'aval de l'hôpital, principalement par l'optimisation du réseau et des stations de relevage. À ces mesures s'ajoute la construction d'un bassin permettant de retenir les eaux usées de l'hôpital en cas de problème momentané sur le réseau.

Les micropolluants, mais pas seulement

Les installations actuelles permettent un abattement des micropolluants à hauteur de 45%, alors que la future STEP en éliminera plus de 80%. Contacté par Le Régional, Le directeur du SIGE Eric Giroud relève: «C'est une chance, car la station de Jaquetan a été construite à la fin des années 1990, elle est déjà performante par rapport à d'autres.» Il précise en outre que les eaux médicales, issues du laboratoire de pharmacie ou des cabinets de radiologie, feront l'objet d'un traitement spécifique in situ. Avec l'ouverture de l'hôpital, une augmentation de 12,9% des effluents traités à Jaquetan est prévue. Quant à l'ouverture de la nouvelle STEP, Eric Giroud se montre optimiste sur les délais: «Il faut compter cinq à sept ans pour sa réalisation. J'espère une mise en service en 2025.» Serge Ansermet n'en voit pas moins cette phase transitoire d'un œil critique: «Il n'y a pas seulement les micropolluants. Il s'agit tout de même des déjections de patients sous traitement médicamenteux, antibiotiques et autres anti-inflammatoires. On ne peut pas parler d'eaux usées standard.» La DGE tempère: «Bien qu'un grand nombre de médicaments et autres substances de contraste soient prescrits dans les hôpitaux, ils concernent en grande partie des traitements ambulatoires. Le rejet de ces substances dans les eaux usées se fait ainsi hors du périmètre hospitalier, lorsque les patients retournent chez eux.» Par ailleurs, il est à relever que tous les hôpitaux et EMS vaudois sont aujourd'hui raccordés à des STEP ne traitant que partiellement les micropolluants. Une situation qui sera amenée à changer d'ici à dix à quinze ans, par la création de pôles d'épuration régionaux performants.

Date:31.05.2018
Parution: 903

Les STEP régionales fleurissent

Afin de satisfaire aux nouvelles exigences de la Confédération en matière de traitement des micropolluants, plusieurs projets de STEP régionales sont en cours. C'est le cas à Aigle, où les eaux usées de la commune seront traitées avec celles d'Ollon, Leysin, Corbeyrier et Yvorne dès 2023. Un autre projet chablaisien est dans le pipeline. Baptisé «Futurostep», il consisterait à agrandir la STEP de Cimo sur le site chimique de Monthey pour l'épuration des eaux usées de nombreuses communes avoisinantes, comme Bex, Gryon, Lavey, Saint-Maurice, Massongex, Vérossaz, Troistorrents et Champéry. Mais la liste n'est pas exhaustive, car d'autres communes pourraient se montrer intéressées. À l'heure actuelle, la STEP de Cimo a une capacité de 350'000 équivalent-habitants. L'agrandissement en est au stade de l'étude de faisabilité, mais le canton du Valais a donné «un préavis favorable» à la démarche entreprise, confirme Cimo.

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