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Intempéries : les communes passent à la caisse

Alpes vaudoises Avec le retour des beaux jours, les dégâts dus au mauvais temps de janvier se font remarquer. Point de la situation et coût des travaux dans les Ormonts, le Pays-d'Enhaut, à Leysin et Villars.

Déblaiement de la route du Col de la Croix après l'éboulement du 22 mai. P. Gonet

Valérie Passello

Tempêtes, éboulements, avalanches, inondations, glissements de terrain, crues, laves torrentielles: le début de l'année n'a pas été de tout repos dans les Alpes vaudoises. Encore récemment, c'était le 22 mai, un éboulement sur la route du Col de la Croix bloquait la liaison Villars-Les Diablerets. Les brusques variations de températures, les abondantes pluies tombées en altitude par-dessus le manteau neigeux et les infiltrations d'eau dans le terrain en sont responsables.

Il est temps désormais pour les communes de faire le tour de leurs territoires pour constater et réparer les dégâts. À l'instar des routes en hiver, la facture sera salée pour certaines d'entre elles. Château-d'Oex est l'une des plus touchées. L'ardoise globale approche les 3 mios, énumère le syndic Charles-André Ramseier: «La Route du Mont s'est totalement effondrée au passage de la tempête Eleanor, sa réfection est devisée à 1 mio. Les conséquences des crues et décrues des cours d'eau coûteront 1,2 mio et les dégâts sur le réseau routier 680'000 frs. Les forêts ont aussi souffert.»

Subventions attendues

Dans la commune d'Ormont-Dessus, des travaux d'urgence ont été effectués en janvier lors de débordements de ruisseaux, pour un montant de 16'000 frs. Un préavis de «plusieurs centaines de milliers de frs», selon le syndic Philippe Grobéty, sera soumis au Conseil communal pour la réfection des routes, ayant pâti des conditions hivernales. Beaucoup d'arbres cassés devront en outre être évacués des forêts. L'élu ajoute: «Il n'existe pas de subventions pour intempéries, mais il est possible d'en obtenir pour l'entretien des cours d'eau, la réfection des routes s'il s'agit d'améliorations foncières, ainsi que les travaux forestiers lors d'interventions dans les forêts de protection.»

Dans chacune des communes interrogées, les demandes sont déposées, mais aucune d'entre elles ne sait encore à quelle hauteur les travaux découlant des intempéries seront subventionnés. La participation de l'Etat pourrait, en moyenne, tourner autour des 60%, si les conditions sont réunies.

Petite commune, grand réseau routier

À Ormont-Dessous, un crédit de 230'000 frs pour la réfection de plusieurs tronçons routiers détériorés sera demandé au Conseil communal le 14 juin. Le municipal des travaux Marcel Borloz détaille: «Un premier crédit de 170'849 frs a déjà été voté pour la route de la Crétasse, ainsi qu'un autre de 260'000 frs, à la suite d'un éboulement sur la Route de la Pierre du Moëllé, où il a fallu évacuer en urgence 200 m3 de matériaux.»

Sur un budget communal de 7,5 mios, les montants sont importants. Et c'est sans compter les postes ordinaires pour les routes et entretiens des cours d'eau, dont les charges ont totalisé, à titre d'exemple, 1,3 mio en 2017. «Même si nous avons encore de la marge jusqu'au plafond d'endettement, il faut fixer des priorités. Nous avons choisi de réaliser le plus urgent d'un seul coup et de reporter les travaux moins pressants à l'an prochain», commente Marcel Borloz. Si les moyens d'Ormont-Dessous sont relativement modestes, son réseau routier l'est moins, puisqu'il compte 126 kilomètres de chaussées à entretenir, selon le municipal.

Leysin plus chanceuse que Villars

Une dizaine d'incidents sont survenus cet hiver, dont des dégâts au Tobogganing Park, mais Leysin semble tout de même passer entre les gouttes. Le syndic Jean-Marc Udriot relève: «Notre personnel a été mis à contribution sur le terrain lors des intempéries et les liquidités communales suffisent à couvrir les frais, il n'y aura pas de demande de crédit supplémentaire. Des dossiers ont été ouverts à l'ECA, je pense qu'au final, la facture ne devrait pas dépasser les 50'000 frs.»

Le ton du syndic d'Ollon-Villars Patrick Turrian est moins optimiste: «C'est sûr que ça va nous coûter», lâche-t-il. Mais il n'articule pas de chiffre pour l'instant, car une demande de crédit sera soumise au législatif en septembre pour couvrir l'ensemble des dégâts de l'hiver, travaux d'urgence compris, notamment le déblaiement de la route du Col de la Croix. En outre, un impressionnant glissement de terrain survenu le 22 janvier laisse encore une cicatrice dans le Bois de la Glaive, juste au-dessus du village d'Ollon. La sécurisation de la zone est encore en cours.

Date:07.06.2018
Parution: 904

Bientôt la norme ?

Pour Charles-André Ramseier, ça ne fait pas un pli: «Ces événements sont à mettre en relation avec le réchauffement climatique. C'est inquiétant pour l'avenir. Si de telles situations se répètent régulièrement, cela deviendra problématique.» Marcel Borloz en est moins convaincu: «Nous avons déjà eu de gros hivers dans les années 1970, ce n'est pas la première fois que l'on a de tels problèmes. L'alternance de chaud et de froid ainsi que la conjugaison pluie-neige n'ont fait qu'avancer des travaux en attente.»

Si l'on est encore loin d'un hiver catastrophique, les événements viennent néanmoins conforter les projections émises par les climatologues Gaëlle Serquet et Martine Rebetez dans leur rapport de 2013 sur les changements climatiques et le tourisme. En raison de l'augmentation des températures lors de périodes de sécheresse de plus en plus longues, ainsi que de l'intensification des précipitations, «on s'attend à une augmentation des dangers naturels et des dégâts potentiels», relèvent ses auteurs.

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