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Le rosé, le plus vieux vin de l'histoire

Soifs estivales Longtemps décrié, voire moqué pour une qualité considérée comme médiocre, le rosé a fait un virage à 180 degrés pour devenir le must des étés. Au point que, cette année, notre voisine la France, grande productrice de ce vin connu depuis l'antiquité, craint une pénurie. La Suisse peut-être aussi.

Le rosé, le plus vieux vin de l'histoire

Nina Brissot

Entre une récolte 2017 plutôt moyenne en quantité et une razzia américaine sur les commandes de rosés, la France craint de ne pouvoir étancher toutes les soifs cet été. En Suisse, la vendange 2017 a battu son record de production minimum depuis 40 ans! 79 millions de litres! Soit un recul de 27% par rapport à 2016. Gelées nocturnes et grêle ont eu raison de la quantité mais pas de la qualité. Dans cette production, la demande pour les rosés est, comme dans l'Hexagone et en Angleterre, sans parler des Etats-Unis, en hausse de 36% en moyenne. Plusieurs raisons à cela. Un effet de mode d'abord. Depuis une dizaine d'années on a vu affluer des palettes entières de rosé sur les plages de St-Tropez et les cafés de Paris. Mais aussi auprès de la jet set londonienne et les happy hours de la City. Pourquoi? Avant tout, il faut relever la nette amélioration de ces nectars qui, il y a une bonne dizaine d'années, étaient encore dédaignés des amateurs de vins. Précédés d'une réputation de petits vins héritée de temps immémoriaux, lorsque le vin rosé n'était qu'un «clairet», ils étaient parfois qualifiés de piquette chez nous comme en Provence. Pourtant, la qualité des vinifications modernes, l'apport d'une culture différente de la vigne et le soin apporté à traiter les rosés comme les rouges ou les blancs ont changé la donne. Le vinificateur sait aujourd'hui obtenir un bon équilibre fruit et couleur et le répéter d'un millésime à l'autre.

Rosé, vraiment?

On parle de rosé mais c'est une large palette de couleurs qui est offerte allant du rose foncé au plus pâle en passant par la pêche, le saumon, le bois de rose et même le grisâtre... De fait, les experts utilisent un nuancier à neuf couleurs: groseille, framboise, bois de rose, marbre rose, chair, saumon, pelure d'oignon, brique et corail. Les couleurs dépendent de la méthode utilisée. Le pressurage pour les vins pâles tandis que les teintes plus soutenues sont généralement acquises par une élaboration de type vins rouges dont on raccourci la phase de macération. Ce ne sont plus alors des rosés de pressurage mais de saignée aux teintes framboise ou groseille. Actuellement la tendance va plutôt vers des rosés clairs et secs soit issus de pressurage ou d'une macération courte ne laissant pas le temps aux peaux des raisins de donner de la couleur au jus. Ils sont plus proches des blancs avec des notes florales et un fruité aux agrumes. Mais les amateurs de rosés corsés trouveront leur bonheur dans des vins plus longuement macérés. Si l'on sait qu'au IIIe millénaire avant le Christ, on dominait déjà les premières techniques de vinification fabriquant un jus qui était alors rosé, on se dit qu'il reste quelques siècles encore à voir la vie en rose...

Date:07.06.2018
Parution: 904

Y aura-t-il du rosé cet été ?

Gelées nocturnes, grêles, orages dévastateurs, chaleurs caniculaires, en 2017 la vigne a beaucoup souffert et la production s'en est ressentie. Plus impactée, la Suisse romande a vu sa récolte diminuer de moins 24 millions de litres contre moins 2,4 millions en Suisse alémanique et moins 1, 4 million au Tessin selon l'Office fédéral de l'agriculture. Au total, la production 2017 est de 64,3 millions de litres pour la Suisse romande, 10,2 millions en Suisse alémanique et 4,5 millions de litres pour la Suisse italienne. Un total qui se situe en deçà de la consommation annuelle moyenne estimée à une centaine de millions de litres.

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