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« Il n'y a plus de place pour l'improvisation »

Ormont-Dessous Il y a deux ans, Gretel Ginier accédait à la syndicature. Elle a accepté la fonction après mure réflexion, animée par le goût du travail d'équipe et l'implication concrète dans les dossiers qui lui sont confiés. Il faut dire que Gretel Ginier a toujours été active dans la vie de son village et sa région, qu'elle ne quitterait pour rien au monde. Rencontre.

Dans sa gestion de la commune, «le plus frustrant reste la longueur du processus de réalisation», confie Gretel Ginier. DR

Entretien: Oriane Binggeli

Pourquoi vous êtes-vous engagée en politique?

> Tout s'est fait de fil en aiguille. Sans m'intéresser à la politique à proprement parler, j'ai toujours été très impliquée dans la vie de mon village, par le biais d'associations et par ma formation dans le tourisme. J'ai «gravi les échelons» petit à petit, en passant par le législatif, puis l'exécutif.

Syndic est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça?

> C'était une décision murement réfléchie et je savais à quoi cela m'exposait avant d'accepter le poste. Évidemment, il est difficile de contenter tout le monde, mais je privilégie le dialogue avant tout et je ne refuse jamais d'entendre un citoyen mécontent ou un confrère en désaccord.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction?

> Il n'y a plus vraiment de place pour l'improvisation. Mon agenda est minuté et il m'est très difficile d'accepter un rendez-vous ou un dîner qui n'ont pas été prévus à l'avance. Mais avec une bonne organisation, tout est possible et j'espère avoir réussi à concilier ma vie privée et professionnelle sans rien sacrifier de concret... mais ça, c'est à ma famille d'en juger (rires).

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous?

> On n'a pas souvent le dernier mot, je dirais que nous devons plutôt convaincre. Évidemment, je suis consciente de la plus-value de mon vote en cas de désaccord avec un membre de la Municipalité. Mais heureusement, ce genre de face à face n'est encore jamais arrivé et nous avons toujours su trouver des terrains d'entente.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure? Une illusion?

> Non ce n'est pas une drogue. Ce n'est pas une illusion non plus, c'est quelque chose de bien réel, il faut bien qu'on décide et qu'on prenne des responsabilités, mais sans trop jouer de son influence et en mettant les projets en avant plutôt que notre pouvoir personnel.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté?

> Déchanté non, pas du tout. Au contraire, les tâches liées à mon activité politique ont été de plus en plus intéressantes au fil du temps et il est gratifiant de s'impliquer dans les dossiers et les projets qui ont un impact sur la commune et la vie locale. Le plus frustrant reste la longueur du processus de réalisation. Entre les différentes lois, les votations et l'administration, un mandat c'est bien trop court pour être pleinement satisfait (rires).

Si vous n'étiez pas ou plus syndique, qu'aimeriez-vous être?

> Très bonne question! J'ai vraiment réfléchi avant de prendre cette place et ça me passionne donc je ne pense pas à être autre chose à l'heure actuelle, je veux aller jusqu'au bout de ce que j'ai commencé. Si un changement devait intervenir en cours de route, j'aviserais à ce moment-là.

Date:14.06.2018
Parution: 905

SES VALEURS

Votre devise

«La patience est une vertu qui sait se faire récompenser». Etant parfois pressée de finir les choses, c’est une devise que je dois d’ailleurs me répéter souvent (rires).


Une réussite (personnelle ou politique)

Mes plus grandes réussites resteront mes quatre enfants et ma vie de famille. Mais professionnellement, je suis fière d’avoir mené à son terme le projet du collège intercommunal, inauguré il y a deux ans. Mes prédécesseurs ont accompli un très beau travail en amont et j’ai adoré collaborer avec les Municipalités voisines et créer une synergie efficace. 


• Un échec

Pas encore et j’espère ne jamais y arriver (rires). Au delà de vrais échecs, il y a des affaires qui ne vont pas assez vite pour quelqu’un d’impatient comme moi. Il y a parfois des problèmes de compréhension qui nous obligent à changer nos plans de départ. Mais je sais prendre suffisamment de recul par rapport à tout ça et me remettre en question.


• Un lieu pour vous ressourcer

La maison, et le chalet! Il est sis à 1800 m d’altitude, loin de tout. On aime y monter à pied, en peau de phoque, en vélo. Rien que la route se prête au retour sur soi.

 

Connaître le potentiel de sa région est un atout

Gretel Ginier connaît bien sa vallée et la respire à pleins poumons. «J'ai un peu voyagé au cours de ma vie, mais c'est toujours pour mieux revenir», sourit-elle. Au terme de ses classes obligatoires, elle poursuit ses études à l'école suisse de tourisme, puis apprend les ficelles du métier dans les offices de la région et les hôtels, notamment dans l'établissement tenu par ses parents à Leysin. Aujourd'hui gestionnaire de tourisme, elle met à profit son bagage jusque dans sa fonction de syndique. «Mon expérience dans la communication est un atout indéniable, admet-elle. Je jongle aussi plus efficacement avec les comptes et la finance.» La Vaudoise reste attachée à son coin de pays s'y active pour la population. «J'ai monté une école de formations pour adultes il y a quelques années, confesse-t-elle. Je n'ai plus beaucoup de temps pour y enseigner aujourd'hui mais je m'occupe de la gestion administrative.»

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