Télécharger
l’édition n°906
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

« Aller au théâtre, c'est prendre un risque »

Vevey Le Reflet souffle cent-cinquante bougies en 2018 et célèbre ce jubilé avec une saison débutant en fanfare. Confidences de la maîtresse des lieux, Brigitte Romanens-Deville, qui depuis six ans insuffle son esprit et ses idées à l'établissement.

Brigitte Romanens-Deville aime à programmer des pièces qui remuent ou font même pleurer et touchent les gens.DR

Valérie Blom

Si les planches d'une scène de théâtre pouvaient parler, quelles histoires raconteraient-elles? Celles des comédies, des vaudevilles et des tragédies qu'elles ont vu se jouer? Des artistes de renommée qui les ont foulées? Celles du Reflet, à Vevey, célèbrent cent-cinquante ans d'existence. Que d'anecdotes à raconter... Bien que, depuis l'inauguration du théâtre en 1868, les morceaux de bois originels ont été remplacés... Pour fêter cet anniversaire, un ouvrage sur l'histoire de l'établissement sera publié en octobre, tandis que la saison 2018-19 démarre en fanfare (voir encadré).

Hors les murs

Depuis six ans qu'elle est à la tête de l'institution veveysanne, Brigitte Romanens-Deville a imposé son style et ses principes. «J'ai beaucoup travaillé à renforcer le lien de confiance avec le public tout en imprimant ma ligne artistique, comme d'autres directeurs donnent leur ligne à leur établissement. Il y a forcément une certaine subjectivité, selon les sensibilités de chacun», confie-t-elle. Dans son bureau trônent l'affiche de la saison 2013-2014 et des anciennes photos de scène. Éprise de théâtre, de comédies comme de pièces moins humoristiques, elle cherche à rendre cet art accessible au plus grand nombre. Que cela soit par le prix du billet, qu'elle «souhaiterait encore baisser», ou en imaginant des prestations en dehors des murs du Reflet dont certaines sont offertes au public à l'occasion du jubilé.

L'art pour s'élever

Brigitte Romanens-Deville est loin de penser que seul l'humour trouve son audience. «Certes, les gens veulent se divertir, mais depuis les débuts du théâtre c'est le cas. Je suis convaincue de l'intérêt que peuvent susciter des tragédies ou des pièces, au thème plus noir d'actualité, qui remuent ou font même pleurer, mais il faut travailler l'approche des spectateurs différemment. Faciliter l'accès aux spectacles grâce à la médiation culturelle par exemple.»

Le Reflet propose des introductions à ses spectacles où la directrice explique son choix et le metteur en scène donne quelques clefs de lecture concernant son œuvre. «Aller au théâtre, c'est prendre un risque. Celui de ne pas aimer et ce n'est pas simple, car nous payons pour. Toutefois, en tant que directrice d'un établissement subventionné, je me dois d'ouvrir le regard du public à d'autres créations et créateurs.»

Culture non rentable

A la question de savoir si la culture est rentable, elle répond sans hésitation non. Ce qui n'empêche pas le Reflet d'être un acteur économique important, générateur d'emplois et permettant la vie dans le quartier, lorsque les spectateurs dînent au restaurant avant un spectacle par exemple.

Mais pas uniquement. «Il y a un retour. En sortant d'une pièce, nous abordons la vie différemment. Avec, peut-être, une autre ouverture d'esprit. C'est globalement le cas de l'Art. Une manière de s'élever.»

Date:21.06.2018
Parution: 906

Des productions helvètes et des perles

La nouvelle saison du Reflet commence dès ce mois de juin avec Le Songe d'une nuit d'été, un spectacle dans la forêt des Pléiades qui affiche complet. Il sera suivi d'un autre en dehors des murs en août; Il faut le boire. Parmi les fiertés de sa directrice, plusieurs spectacles helvètes, Le Direktor, mis en scène par le Genevois Oscar Gomez Nata, Ainsi soient-ils avec Cuche et Barbezat, qui interprètent à leur sauce le dernier spectacle de François Silvant, ou encore Donka (photo), de Daniele Finzi Pasca, le metteur en scène de la Fête des vignerons. Chaque année, Brigitte Romanens-Deville garantit environ 50% de productions suisses. D'autres pépites rythmeront 2018-2019, comme Le jeu de l'amour et du hasard, avec Vincent Dedienne (Molière 2017 pour son spectacle S'il se passe quelque chose et nominé en 2018 avec celui-ci), El Cid qui revisite le classique de Corneille, Le Lauréat ou encore une Construction monumentale en cartons, qui est participative. La liste est loin d'être exhaustive, l'entier du programme se trouve sur www.lereflet.ch

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio