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Densifier, oui, mais comment ?

Bex La population a massivement rejeté, à la suite d'un référendum populaire, le plan partiel d'affectation amélioré «Glarey II». Un vote qui pose la question de la densification et de l'urbanisation dans la cité du sel. Le point avec le syndic Pierre Rochat.

Bien que très surpris par le résultat du vote, le syndic Pierre Rochat reste philosophe. Dr

Entretien: Valérie Passello

64,1% des Bellerins ne veulent pas du plan partiel d'affectation (PPA) du «Glarey II» (voir Le Régional 890 et 902). Le couperet est tombé le 10 juin à l'issue d'un référendum populaire. Davantage que le refus du développement d'un simple quartier, les citoyens ont exprimé à travers ce vote un certain «ras-le-bol du bétonnage». Si le syndic de Bex Pierre Rochat reconnaît avoir été «très surpris» par le résultat, il le prend avec philosophie. Mais avec l'entrée en vigueur de la LAT (Loi sur l'Aménagement du Territoire) en 2014, la politique en matière d'urbanisme veut que les constructions soient encouragées dans les centres et que les zones agricoles et périphériques soient préservées. Comment, dès lors, imaginer un développement urbanistique en accord avec les principes de la LAT si les citoyens le refusent? Un casse-tête que les autorités affrontent tant bien que mal.

Quelles sont les conséquences du vote du 10 juin ?

> Je pense que le promoteur, le groupe HRS, va aller de l'avant avec les constructions autorisées par le PPA en vigueur depuis 1998. Il y a d'ailleurs déjà 20% de réalisées. Mais à l'heure qu'il est, je ne peux pas m'avancer sur la suite: le canton peut-il demander une réactualisation du dossier en tenant compte de la LAT, comme semble l'avoir indiqué Pierre Imhof, le chef du Service du Développement Territorial? Rien n'est moins sûr! Toutefois, un rendez-vous est pris avec ce service pour en savoir davantage.

Le PPA «Glarey II» aurait légalisé un potentiel de 210 habitants supplémentaires, par rapport aux 413 déjà autorisés. Cela signifie-t-il que vous pourriez augmenter de 210 personnes la capacité d'un autre PPA ?

> Non, pas forcément. Car en réalité Bex, tout comme Aigle et Ollon, est déjà sur-dotée en capacité de construire dans son périmètre du centre. Nos communes sont en effet liées, avec un taux de croissance équivalant au sein de Chablais Agglo. Si l'une des trois communes libère une capacité de densifier, cela pourrait très bien profiter aux deux autres. Mais avant tout, je pense que le canton veillera plutôt à ce que nous rentrions dans le «cadre».

Lors de la campagne, les référendaires se demandaient pourquoi densifier le secteur du Glarey plutôt que de développer un autre PPA, comme celui de la gare ou celui de «Sous le Montet». Où en sont ces dossiers ?

> Le PPA «Sous le Montet» a traîné dans les tiroirs et c'est dommage, car il aurait pu être validé bien avant l'entrée en vigueur de la LAT. Maintenant, il est bloqué pour au moins quinze ans. Quant au PPA de la gare, il n'a foncièrement jamais existé. Nous avions été approchés par les propriétaires, mais ceux-ci en sont restés au stade de l'intention et il n'y a jamais eu de demande officielle de PPA.

Si les citoyens refusent les PPA validés par les autorités, où mettra-t-on les nouveaux habitants ?

> Aujourd'hui, le béton est mal vu, la tendance est au «tout au vert», c'est pareil partout. Mais la population augmentera de toute façon, on ne peut rien y faire. Ces nouveaux habitants viendront dans les zones déjà légalisées plutôt qu'ailleurs.

Dans les débats avant la votation, la Municipalité a été critiquée pour son manque de communication, que répondez-vous à cela ?

> Les riverains du PPA «Glarey II», directement concernés, ont été convoqués par la commune et les promoteurs à plusieurs reprises. Je doute qu'un habitant des Plans-sur-Bex ait été intéressé par une séance publique sur ce quartier. Le problème n'est pas la communication sur tel ou tel objet, mais le fait qu'actuellement tout un chacun voudrait être au courant de tout ce qui se passe dans la ou les communes. Si les gens veulent davantage s'impliquer, ils peuvent se présenter sur les listes du législatif ou de l'exécutif, mais ce n'est pas à la population de faire le travail de ces deux organes.

Date:28.06.2018
Parution: 907

Une parcelle en attente

Le PPA «Sous le Montet», qui prévoyait de l'habitat à forte densité à l'entrée Nord-Ouest de Bex, a été gelé par la LAT. Les autorités ont néanmoins voulu saisir l'opportunité d'acquérir une parcelle de 10'850 m2 comprise dans le périmètre concerné, pour un montant de 1,2 mio, soit 95 frs le mètre carré (voir Le Régional 875). Un achat validé par le législatif en novembre 2017. L'estimation fiscale figurant au registre foncier pour cette parcelle, acquise par son propriétaire actuel en 2005, était alors de 450'000 frs. On peut légitimement s'étonner qu'un tel prix ait été validé par la commune pour l'acquisition d'un terrain inconstructible. Pierre Rochat précise: «Pour l'instant, le canton considère cette parcelle comme une zone agricole. Nous avons conclu une promesse d'achat, à la condition que l'on arrive, dans les dix ans à venir, à la légaliser en zone d'utilité publique construite. Nous avançons dans ces démarches parallèlement à notre Plan général d'affectation. Si cette légalisation ne se fait pas, la commune ne déboursera rien et le propriétaire récupérera son terrain.»

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