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Internet favorise la révolution dans la vente de biens immobiliers

Digitalisation Quatre jeunes issus de l'EPFL et de la HEC Lausanne ont créé l'an dernier une start-up qui fait déjà beaucoup parler d'elle. Le concept est en effet prometteur pour ne pas dire avant-coureur d'une nouvelle ère du courtage. L'idée: optimiser le processus de vente par la digitalisation tout en gardant un lien avec le client. Buts: Gagner en efficience et proposer un service au forfait unique quel que soit le prix de l'objet. Comment est-ce possible? Explications.

Gagner en efficience grâce à la digitalisation et proposer un service au forfait unique quel que soit le prix de l'objet. Le concept de vente immobilière en ligne de Neho bouleverse les acquis du courtage.DR

Magaly Mavilla

La première page du site de vente immobilière en ligne Neho est aussi concise et précise que le concept. Pas de blablas, mais des faits. La photo d'une magnifique maison avec pour tout commentaire: Vendu: 1,45 million. Commission classique: 43'500 frs. Tarif unique Neho: 7'500 frs. Economie: 36'000 frs. Convaincant!

Fondée il y a tout juste un an, la start-up de vente immobilière en ligne Neho est déjà présente sur toute la Suisse romande, ainsi qu'à Berne et Zurich. Son modèle innovant et ses compétences lui ont déjà valu d'être rejointe par un des leaders de l'immobilier en Suisse, Investis Real Estate Group ainsi que par la société de capital-risque Polytech Ecosystem Ventures, basée à l'EPFL et la Silicon Valley. Aujourd'hui, Neho compte 15 collaborateurs, dont des experts certifiés par l'USPI (Union suisse des professionnels de l'immobilier). Objectifs: atteindre 400 transactions l'an prochain et devenir leader du courtage immobilier en Suisse d'ici à 2020. «Selon les chiffres, nous nous en approchons» se réjouit Vincent Privet, Chef operation officer Neho.

De quoi s'agit-il?

Les prestations de cette agence en ligne sont les mêmes que pour toute autre agence classique et intègrent tous les aspects du mandat de vente: mise en valeur du bien (photos, visite virtuelle, dossier de vente), mais aussi la promotion et la gestion de la relation acheteur et vendeur. Le digital permet de fluidifier, simplifier et améliorer le processus de vente pour le vendeur. De même, l'estimation d'un bien par des logiciels rationalise ce qui peut l'être. Neho travaille avec les mêmes logiciels que les banques et celui du bureau de conseils de référence pour l'immobilier en Suisse: Wurst & Partners. Une estimation très précise qui n'exclut pas une visite sur site effectuée par l'un des experts de Neho. Difficile en effet de voir les défauts cachés à travers des algorithmes. «Des études démontrent qu'un bien proposé au juste prix se vend plus rapidement. Contrairement à ce qui se pratique aujourd'hui avec les mandats exclusifs et les suroffres dictées par la pression des commissions de vente» analyse la start-up.

Un forfait réaliste

La commission de 3% à 5% sur le prix de vente d'un objet immobilier est un procédé bien ancré dans les usages helvétiques. Une légende urbaine qui a la dent longue: plus l'objet est cher plus le courtier doit y gagner. Logique. «Absolument pas! s'insurgent les quatre cofondateurs de Neho. Nos arguments? En vingt ans, les prix de l'immobilier ont plus que doublé et les commissions ont pris l'ascenseur, malgré les nouvelles technologies qui maximisent la visibilité et la mise en valeur d'un bien à la vente.»

L'agence ne demande pas l'exclusivité de contrat. Le vendeur verse une partie du forfait au départ et s'engage à s'acquitter du solde si le bien est vendu dans les dix mois après la conclusion du contrat, «même si le propriétaire vend son objet par un autre canal. Le but n'est pas de bloquer, mais de vendre», argumente Vincent Privet.

Avec Internet, tout change

«Les démarches et le temps investi pour vendre un appartement à 500'000 francs ou une villa à 2 millions sont les mêmes, démystifie Vincent Privet. A l'ère d'internet où plus de 95% des prospects sont démarchés en ligne et certains coûts fixes élevés, comme un bureau avec pignon sur rue, des impressions papier et des procédés manuels ne sont plus nécessaires», clarifie-t-il. Partant de ce constat, Neho s'est créé en s'inspirant d'un modèle qui bouscule le marché immobilier en Europe et aux Etats-Unis.

En Angleterre, la plateforme immobilière en ligne Purplebricks est devenue leader sur le marché en quelques clics. Pas moins de 500 courtiers et 60'000 transactions par an. «Le marché est bien évidemment différent et il ne peut pas s'appliquer à la lettre en Suisse, souligne Vincent Privet. Nous ne voulions pas d'une solution 100% digitalisée. Une vente reste émotionnelle; acheteurs et vendeurs ont besoin d'un lien de confiance, de conseils et d'expertises. A notre avis, ce volet ne peut pas être digitalisé et les compétences d'un courtier restent indispensables.»

Date:19.07.2018
Parution: 910

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