Télécharger
l’édition n°911
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Se mouiller par solidarité

Sensibilisation De Saint-Gingolph à Vevey à la nage pour la bonne cause. A l’origine de cette action, la jeune association L’aiMant Rose, qui lutte pour un dépistage gratuit du cancer du sein pour les femmes de moins de 50 ans. Objectifs: gagner en visibilité et rendre hommage à celles qui souffrent.

Fondée en janvier à Chardonne, l’association L’aiMant Rose compte déjà plus de 150 membres-bénévoles (ici les responsables de projet).

Amit Juillard

Plusieurs femmes atteintes du cancer du sein y participeront. L’association L’aiMant Rose organise pour la première fois une traversée du Léman à la nage et en relais. Fondée à Chardonne en janvier par dix membres-fondatrices et reconnue d’utilité publique, cette dernière lutte pour une prévention plus précoce du cancer du sein et son dépistage gratuit avant 50 ans. «Seuls onze cantons ont mis en place un tel programme, mais uniquement pour les plus de 50 ans», déplore Myriam Lejeune, présidente. 

Relais de solidarité

Le 18 août, plus de 200 bénévoles et nageurs se mouilleront pour la bonne cause, entre Saint-Gingolph et Vevey. A parcourir: 8,4 km. «Il ne s’agit pas d’une course, mais d’un relais de solidarité, explique-t-elle. Les inscriptions affluent chaque jour, c’est très émouvant!» Pour prendre part à l’événement, il faut devenir membre et s’acquitter de sa cotisation annuelle de 30 frs. «La sécurité est notre priorité, assure Myriam Lejeune. Entre autres, plusieurs embarcations suivront les participants. A bord, des médecins, des infirmiers, des sauveteurs, ... Tout est prévu, jusqu’aux repas.»

Diagnostiquée neuf ans après

Objectif de l’action: sensibiliser. La population, mais aussi le monde politique et le corps médical. Lorsque son cancer du sein est découvert en 2016, Myriam Lejeune est métastasée depuis neuf ans. Elle a alors moins de 45 ans. Elle est aujourd’hui en rémission partielle. «Avant 2016, mes demandes de dépistages ont été découragées, raconte-t-elle. A 41 ou 42 ans, j’étais «trop jeune». Or un cancer du sein met en moyenne trois à six ans pour se développer. Et lorsqu’il est découvert tôt, les chances de guérison sont proches de 90%. Pourtant, en Suisse, c’est la première cause de mortalité chez les 40-50 ans et une femme sur huit en est atteinte au cours de sa vie.» La date du 18 août 2018 choisie pour la manifestation est symbolique. L’élément aquatique aussi: «Je me suis vue mourir tous les jours. Dans ces moments-là, je pensais à me blottir dans l’eau.» 

La Suisse en retard?

L’organisation a plusieurs cordes à son arc. A travers son fonds d’entraide, elle veut participer au remboursement des dépistages non pris en charge par l’assurance-maladie. Myriam Lejeune ne se prononce pas sur les controverses autour de cette pratique médicale. «Notre rôle n’est pas de décrire quelle méthode de détection est la meilleure. Nous souhaitons simplement encourager le dépistage dans sa globalité et le rendre accessible à toutes les femmes qui le demandent. La Suisse est en retard dans le domaine de la prévention.» Pour mémoire, des scientifiques critiquent le processus, qui entraînerait un surdiagnostic et un surtraitement. En clair, de petites lésions cancéreuses sont traitées alors qu’elles n’auraient jamais évolué. Myriam Lejeune persiste: «Le dépistage est nécessaire, peu importe sa forme. Tous les bénévoles de l’association en sont convaincus et veulent éviter le pire à d’autres, à nos filles, à nos sœurs.»

Date:09.08.2018
Parution: 911

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio