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Être élu, ce n'est pas avoir le monopole de la vérité

Vouvry C'est plutôt jeune que Reynold Rinaldi a plongé dans la politique et par curiosité. Ses premiers pas ont été au sein de la jeunesse radicale de Vouvry, avant qu'il ne gravisse d'autres échelons. Aujourd'hui à la retraite, il tient les rênes de la commune depuis 2008 et y consacre une grande partie de son temps.

«Les gens ne se rendent parfois pas compte de la chance que nous avons dans ce pays», estime Reynold Rinaldi. DR

Entretien: Oriane Binggeli

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

> Je suis tombé dans la marmite très jeune. Ma famille était apolitique. A 17 ans, j'avais reçu une invitation de la jeunesse radicale de Vouvry. Je suis ressorti de là en étant membre du comité. J'ai ensuite quitté Vouvry quelques années et à plusieurs reprises dans le cadre de mon travail. Mais j'ai accédé pour la première fois au Conseil communal en 1980. Et j'occupe la présidence officiellement depuis 2008. J'ai pris ma retraite anticipée peu après pour avoir du temps pour les citoyens.

Syndic est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça ?

> C'est vrai qu'on est visible. D'autant que j'ai plus de temps que mes collègues qui sont en milice. Mais si le rôle de président de commune était un métier, ça serait le plus beau du monde. On aborde des problèmes humains, avec des projets techniques. Je ne dirais pas que j'aime prendre des coups mais il faut savoir être collégial. Il y a des décisions à prendre et il faut les assumer et les défendre. Dans tous les cas, j'ai la peau très épaisse.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction ?

> Du temps, ça c'est sûr! Je ne suis pas un très bon planificateur de mon temps. Etant un grand amateur de golf, c'est mon hobby qui passe parfois à la trappe. Sans compter les moments avec les amis.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous ?

> Etre élu ne veut pas dire qu'on a le monopole de la vérité. Chacun et chacune doit pouvoir s'exprimer, et notre mission c'est de servir, pour le bien des citoyens. Comme j'ai beaucoup plus de temps que mes collègues, je connais mieux en détail les dossiers et je donne l'illusion d'avoir souvent le dernier mot. Je suis profondément attaché à la démocratie et les gens ne se rendent parfois pas compte de la chance que nous avons dans ce pays. Bien sûr qu'il y a des limites. Je dirais que nous sommes dans un trend anglosaxon, à tout vouloir légiférer, parfois au-delà du bon sens.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure ? Une illusion ?

> C'est une illusion. Certes on ne fait pas de politique sans égo. C'est un égo positif. Mais il ne faut pas qu'il soit surdimensionné. Au final, le pouvoir n'est qu'une expression de la volonté de servir.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté ?

> Non pas du tout, j'avais déjà pratiqué comme conseiller communal. Je connaissais les enjeux et challenges. Mais en 8 ans, je trouve que les lois et règlements se multiplient beaucoup trop, ce qui exige de ne pas être trop impatient.

Si vous n'étiez pas ou plus syndic, qu'aimeriez-vous être ?

> Pourquoi pas golfeur professionnel si j'en avais les capacités (rires). Plus sérieusement, en tant que retraité, je profiterais de mon temps libre pour me consacrer à mes hobbies et voyager.

Date:09.08.2018
Parution: 911

SES VALEURS

Votre devise

Ne jamais se prendre au sérieux, mais toujours travailler sérieusement. J’ai besoin de rire tous les jours et le fait de ne pas se prendre au sérieux aide aussi à encaisser les coups.

Une réussite (personnelle ou politique)

Je n’ai pas de réussite particulière à mettre en exergue, parce que souvent au niveau personnel et politique, une réussite est toujours collective. Tout est le fruit d’un dialogue avec quelqu’un. Je n’aurais pas la prétention de m’attribuer une réussite à moi tout seul. Peut-être si j’avais fait un all in one sur un parcours de golf (rires).

Un échec

J’ai toujours été en admiration devant les personnes passionnées qui ont un idéal et qui sont capables de défendre leurs idées avec une certaine aura. Je n’ai malheureusement pas cette qualité pour subjuguer les foules (rires). Mais ce n’est pas quelque chose qu’on peut vraiment acquérir, c’est plus un regret qu’un échec. Un échec? Peut-être que j’aurais dû ne pas choisir la voie la plus simple pour ma formation et me forcer un peu.

Un lieu pour vous ressourcer

Le terrain de golf ! (rires)

 

De Vouvry à Vouvry

Bien que Reynold Rinaldi ait passé sa jeunesse à Vouvry, il n'y a pas vécu toute sa vie. Doué sur les bancs d'écoles, il s'oriente vers une carrière d'ingénieur poly en électricité, «plus par élimination que par passion, admet-il. En allant au polytechnicum, j'ai choisi la voie la plus facile.» Son métier l'amène alors à voyager un peu partout en Suisse, de Lucerne, à Bâle en passant par Sierre, où son épouse militait, elle, pour le parti socialiste. Tout cela avant de revenir accompagné de sa petite famille dans le Chablais. Sur place, il renoue avec la politique communale, et en accédant à la présidence, il prend sa retraite anticipée peu après, pour se consacrer aux citoyens. Reynold Rinaldi a désormais posé ses valises et retrouvé ses racines, et ne verrait pas finir ses jours ailleurs, «mais je me rends de temps en temps à Genève, où ma fille réside avec mon petit-fils.»

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