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Découvrez la route de Berne comme vous ne l'avez jamais vue

Jorat Des panneaux didactiques ont été posés au Chalet-à-Gobet pour présenter les vestiges de la route de Berne. A l'époque, cette dernière avait un tout autre parcours que le tracé actuel. Explications avec l'archéologue Valentine Chaudet, qui a pris part au projet.

Les panneaux didactiques détaillent également l'origine de certains noms, comme Chalet-à-Gobet. (explications dans l'article).DR

Valérie Blom

En 2018, relier Lausanne et Berne prend environ une heure et quart en voiture. Or, ceci n'est possible que depuis l'inauguration de l'A12 en 1971. Qu'en était-il auparavant, longtemps avant les routes cantonales? La route de Berne relie depuis des centaines d'années les deux capitales. Au point que le passage répété des pieds et des sabots creusaient les chemins. Il demeure aujourd'hui encore des vestiges de ces espaces creux. Deux panneaux didactiques ont été posés à proximité de Chalet-à-Gobet pour permettre aux promeneurs des bois du Jorat de découvrir un pan de cette histoire.

Trop de monde, on se décale !

«A l'occasion des travaux entre Les Croisettes et le Chalet-à-Gobet, nous avons pu obtenir des compensations archéologiques et nous avons installé cet affichage», précise Valentine Chaudet, archéologue et historienne des monuments. Il est possible de distinguer sur l'écriteau explicatif par où passait l'ancêtre de la route de Berne. «Il y a eu toute une évolution, l'emplacement n'est pas le même qu'à l'époque.» Lorsque le chemin creux devenait trop profond et donc impraticable, le passage se décalait. Ce qui explique, entre autres, que le tracé diffère au fil du temps.

Il ne faut pas croire néanmoins qu'il est possible de suivre l'ancien parcours: la nature a repris ses droits depuis longtemps. «Il y a des points de vue dans la forêt où on voit les vallonnements du relief et l'on devine la série des chemins», précise l'archéologue. L'histoire explique également la toponymie des lieux. «Chalet-à-Gobet» provient notamment d'un domaine possédé par les Gubet au XVe siècle. Les propriétaires résidaient en ville mais possédaient souvent un chalet en campagne. Le nom trouve donc son origine.

Feu le couvent Ste-Catherine

Si les riches bourgeois préféraient demeurer en ville, c'est également car le Jorat était une région hostile. Un climat froid et des forêts denses qui étaient dangereuses: de nombreux procès pour vols et agressions ont été dénombrés. Des brigands du Jorat qui devaient être nettement moins sympathiques que ceux qui interviennent lors de manifestations dans la région de nos jours...

Dès lors, les voyageurs de l'époque s'arrêtaient régulièrement en chemin dans des auberges ou des relais. Par exemple, le couvent de Ste-Catherine en faisait partie. Situé à proximité du lieu du refuge de la SVPA, il est aujourd'hui détruit. Il ne comptait que quelques religieux jusqu'à la Réforme, où il a été supprimé. Les murs seront démolis dans le courant du XIXe siècle.

Date:14.08.2018
Parution: 912

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