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Des années de folie créative au bistrot

Monthey Passionnée de Carnaval, l'ancienne gérante du Café de la Banque Nadine Mauron a décoré son établissement avec humour et inventivité pendant 23 ans. Avant de tourner la page, elle livre quelques souvenirs colorés.

Nadine Mauron au milieu de quelques-unes des décorations ayant fait les belles années de son café.

Texte et photo: Valérie Passello

Il y a de l'émotion dans l'air, en ce week-end d'août, dans un hangar à l'entrée de Monthey. Après 23 ans d'activité, Nadine Mauron a rendu son tablier de gérante du Café de la Banque et se sépare des décorations de Carnaval qu'elle a conservées pendant tout ce temps. Au grand barnum de février, elle a su faire de son bar un lieu incontournable, réservant chaque année à ses clients de nouvelles surprises. Son café a même remporté cinq fois le concours de décoration des établissements montheysans.

Toutefois pour Nadine Mauron, la compétition n'a jamais été un moteur: «Au début, il n'y avait même pas de concours. Mais, avec mes amis Pierrot Bressoud et Martial Kleeb, nous avons toujours été des passionnés. L'un faisait les dessins, l'autre les sculptures en Sagex et moi je jouais les petites mains pour tous les détails», décrit-elle. Usant d'astuces, récupérant toutes sortes de matériaux, les trois amis n'ont jamais séché sur un thème de Carnaval, trouvant toujours l'idée qui allait faire mouche. Comme lors de l'édition de 2012, sur le thème «Dans tous les sens», où le Café de la Banque a été envahi de mouches de toutes sortes, s'envolant... dans tous les sens!

Une nouvelle vie

Se refusant à jeter des objets représentant d'innombrables heures de travail, Nadine Mauron en a donc conservé une grande partie. «Nous avions un projet d'escape room qui aurait permis de les recycler, mais il a été stoppé par des oppositions», déplore-t-elle. C'est pourquoi cette Collombeyroude d'origine a finalement organisé un déstockage sur deux week-ends, invitant tout un chacun à venir se servir.

Et les messages affluent sur son natel: «Les gens m'envoient des photos. C'est bien, toutes ces décorations continueront à vivre», sourit-elle. De grandes têtes ornées de bigoudis prendront place dans la vitrine d'un salon de coiffure, un soleil égaiera désormais un bureau, certains articles seront réutilisés pour une fête au village et quelques autres seront conservés par des carnavaleux nostalgiques.

« Ils sont fous ! »

Nadine Mauron reconnaît avoir le cœur pincé de voir ces souvenirs disparaître, mais elle en conserve des tas dans sa mémoire: «Une année, le thème était «De toute urgence». Nous avions développé une décoration sur l'urgence d'aller aux toilettes, transformant tout le café en WC public géant. Il a fallu confectionner près de 700 carreaux en carton jauni pour les murs avec des liserés de couleurs différentes pour donner l'impression de profondeur, c'était un travail de fourmi! Les serveuses avaient des couvre-chefs, des bagues et des boucles d'oreilles en rapport avec le thème. Pour l'occasion, nous étions déguisées en dames-pipi. Il y avait un système de conduites et quand quelqu'un tirait la chasse d'eau, du liquide arrivait dans le bidon de cocktails. On a beaucoup ri avec ça», raconte-t-elle.

Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Du Carnaval «Brillant», où des centaines d'ampoules ont illuminé le bistrot, à la «Secte à piles», ses gourous et ses bougies, en passant par la «Banque...ise», si réussie que la clientèle en grelottait, la décoration fouillée du Café de la Banque a toujours été très attendue.

«Même si c'était un peu un secret de polichinelle, les gens venaient exprès pour voir la déco. Certains disaient «Ils sont fous!» ou «Ils ont osé!», le plaisir des clients m'a toujours portée», ajoute Nadine Mauron, avant de conclure: «Au début, j'hésitais entre serveuse et décoratrice. Mais il y avait plus de débouchés dans la restauration. Grâce à mon petit café, j'ai pu faire un peu les deux!»

Date:14.08.2018
Parution: 912