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Partir pour faire rayonner la Suisse

VEVEY Alexis Martin, 23 ans, s'envole le 24 septembre pour Madagascar. Il y restera un an pour effectuer une grande part de son service civil. Il enseignera les maths et la physique à des jeunes malgaches dans le cadre d'un échange réalisé par le Département Missionnaire. Rencontre.

«J'ai eu de la chance dans ma vie et redonner ce qui m'a été transmis est important», explique Alexis Martin.DR

Entretien et photo: Stéphane Armenti

Après avoir terminé en juillet son master en mathématiques à l'EPFL, Alexis Martin se destine à l'enseignement. Un mois avant son départ pour l'Afrique, il détaille pour Le Régional ses motivations.

Un an à l'étranger pour effectuer votre service civil, pourquoi ce choix?

> Le service civil parce que c'est aussi une façon de servir la Suisse, autre que l'armée. Je n'ai fondamentalement rien contre l'armée, mais j'ai le sentiment de plus servir mon pays en réalisant quelque chose à l'étranger. Cela rend visible positivement la Suisse, comme ce que j'ai déjà fait en Afrique du Sud.

Nous avions collaboré avec l'ambassade de Suisse. L'étranger c'est aussi parce que cela correspond davantage à des valeurs de découverte, de curiosité.

De toute façon, à mon retour, en septembre 2019, j'aurai encore 150 jours à réaliser en Suisse puisque le total du service civil se monte à 450 jours.

Vous partez à Madagascar, avez-vous d'autres expériences à l'étranger?

> Je suis déjà parti trois semaines au Togo en 2014. C'était aussi dans le cadre d'une activité avec le Département missionnaire (réd: DM-échange et mission est au service des Eglises protestantes romandes pour des projets de mission, de formation et de développement communautaire en partenariat avec des Eglises du Sud). Les rencontres avec les Togolais ont été intéressantes. D'autre part, en 2017, je suis parti avec l'EPFL en Afrique du Sud. Nous avons réalisé le tour des townships (réd: quartiers très pauvres d'Afrique du Sud réservés aux Noirs) pour promouvoir un festival de sciences.

C'était très stimulant et j'ai pu voir que j'aimais transmettre des connaissances scientifiques. Enfin, je suis parti un an à Stockholm en Suède dans le cadre des échanges Erasmus.

Que ferez-vous à Madagascar?

> Je ferai ce que j'aime faire, c'est-à-dire transmettre des connaissances, enseigner. Je serai basé à 20 km à l'est de la capitale dans un petit village qui s'appelle Imerikasine. J'enseignerai les maths et la physique à des jeunes de 4 à 18 ans.

J'aurai aussi la fonction de faire des activités en français avec les autres enseignants et de leur donner des cours d'appui de français. Par suite de changements politiques, ils doivent enseigner en français mais ne le parlent pas forcément.

Vous partez à plus de dix heures d'avion de vos proches, de votre famille, un choix pas facile. Quel idéal vous anime?

> Le partage est sûrement un aspect important. J'ai eu de la chance dans ma vie. Je suis né en Suisse, dans un pays où le système éducatif fonctionne bien, j'ai pu faire l'EPFL. Partager mes connaissances, redonner ce qui m'a été transmis, c'est important. Enfin, j'aime agir.

Je veux aller voir sur place et surtout agir pour faire quelque chose, même si c'est une petite pierre à l'édifice.

Enseigner les maths à des jeunes du tiers-monde, est-ce utile?

> Oui, clairement. Je l'avais déjà fait en Afrique du Sud et j'ai perçu l'importance des sciences. Elles peuvent apporter quelque chose au monde. Dans les townships, j'ai vu que former des personnes aux sciences leur apporte une réflexion, les fait mieux comprendre le monde. Cela je souhaite l'apporter aussi aux Malgaches. A mon retour, je souhaite également enseigner en Suisse. De plus, enseigner devant 80 élèves sera un défi. J'ai déjà enseigné en bachelor, au gymnase, mais jamais devant autant de monde !(rire) Je vais devoir trouver des façons d'enseigner devant tous ces élèves. C'est un défi. Je suis inventif et j'aurai besoin de cela pour intéresser tous ces jeunes.

Outre l'enseignement, avez-vous d'autres attentes en partant à l'autre bout du monde?

> C'est sûr que je vais revenir aussi enrichi, dans le partage les Malgaches vont m'apporter beaucoup de choses, leur façon de vivre, de voir les choses. Je vais revenir différent. Je veux aussi voir une autre culture et transmettre une belle image de la Suisse, en être un ambassadeur en quelque sorte. La Suisse est ouverte sur le monde et est bien vue à l'étranger. Je ne sais pas encore ce qui va me marquer là-bas, mais sans doute que je vais être remis en question sur certains aspects de la façon de vivre occidentale. Peut-être la famille sera importante là-bas, le rapport aux choses, à l'argent sera très différent. En allant sur place on comprend mieux les pays.

Et des peurs?

> C'est une aventure d'aller dans un pays tropical. J'ai fait les vaccins, contre la rage aussi. Il y a des chiens errants donc je vais essayer de ne pas me faire mordre (rire). La faune est plus agressive que chez nous, alors je ferai attention. Les démarches administratives sont aussi compliquées, il faut demander un visa et répondre à toutes les questions prend du temps.

Je vais devoir m'adapter à la langue, comprendre les coutumes locales tout cela sera des défis à relever.

Date:23.08.2018
Parution: 913

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