Télécharger
l’édition n°913
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

« Un syndic évolue entre le marteau et l'enclume »

Corsier Propulsé syndic en 2006, après plusieurs années loin de la scène politique, Franz Brun en est à sa troisième législature. En charge des finances et de l'aménagement du territoire, le plus Zougois des Corsiérans conduit sa commune avec charisme et efficacité, fier d'œuvrer au sein d'une Municipalité soudée.

C'est aux côtés de son Hürlimann des années 30 que Franz Brun a choisi de poser. Les tracteurs, il en est fan, sans doute en raison de ses origines paysannes et de son goût pour la mécanique.

Entretien et photo: Priska Hess

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

> J'ai toujours eu un certain faible pour la collectivité, déjà en étant jeune comme moniteur dans une organisation de jeunesse dans le canton de Zoug, et plus tard au sein du comité d'organisation de Corsier en fête.

Syndic est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça ?

> Un syndic qui est entouré d'une bonne équipe de municipaux récolte aussi des éloges, pas seulement des coups! Ceci dit, une bonne critique n'est pas un coup qui fait mal. Quant aux attaques émotionnelles sans fond, elles sont vite oubliées.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction ?

> Une certaine liberté pour prendre des vacances prolongées ou pour des activités spontanées. Pour le moment, cela ne m'est pas autant possible que souhaité. Mais vu que j'ai une activité professionnelle très réduite en parallèle de la syndicature, je dispose quand même d'assez de temps libre.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous ?

> Une municipalité idéale se compose d'un seul municipal, le syndic! Sérieusement, c'est le contraire. Une bonne discussion au sein d'une Municipalité soudée et engagée sur les thèmes à traiter et sur les décisions à prendre permet d'amener des solutions dans l'intérêt de toute une commune. Je suis très fier que notre Municipalité ait très bien fonctionné dès le début de mon mandat. Mais, si vous voulez, le syndic a le dernier mot, parce qu'il résume les différentes idées et opinions, et en distille la conclusion.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure ? Une illusion ?

> Difficile de répondre à cette question, car je n'ai jamais consommé des drogues dures, même pas des douces, à part du Chasselas! Je me demande surtout: est-ce qu'un syndic dispose vraiment de beaucoup de pouvoir? J'ai plutôt l'impression qu'il évolue constamment entre le marteau et l'enclume.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté ?

> Non, je ne pense pas. Ce sont surtout énormément de petits problèmes liés au quotidien à résoudre, et pas une idéologie politique à implanter. En tant qu'indépendant avec des collaborateurs, j'ai été habitué à gérer toutes sortes de situations, comme «apprentissage» avant la syndicature. Le quotidien de la gestion d'une commune n'a donc pas été une surprise.

Si vous n'étiez pas ou plus syndic, qu'aimeriez-vous être ?

> Heureusement, dans une commune de la taille de la nôtre, être syndic ne remplit pas à 100% la vie! Donc j'intensifierais mes activités et hobbies, comme le sport, le bricolage ou le travail au jardin. Et, bien évidemment, plus de voyages au programme.

Date:23.08.2018
Parution: 913

Ses valeurs

Votre devise

Ne te prends pas pour une personne importante.

Une réussite (personnelle ou politique)

Avoir été télescopé comme «syndic de nulle part» en 2006 – puisque je n’étais plus membre du Conseil communal depuis huit ans – et parvenir à faire bien fonctionner une Municipalité et une administration communale me donne une certaine satisfaction.


Un échec

En politique, je ne me rappelle pas, grâce à une mémoire sélective!


Un lieu pour vous ressourcer

Sur une piste de ski, sur un vélo, sur un tracteur, dans le jardin, ou sur le canapé un livre à la main.

L'âme d'un gentleman farmer

C'est aux côtés de son Hürlimann des années 30 que Franz Brun a choisi de poser. Les tracteurs, il en est fan, sans doute en raison de ses origines paysannes – son père était agriculteur et fromager à Zoug – et de son goût pour la mécanique. Le vénérable engin trône au rez d'une maison vigneronne à Corsier, dans un ancien local rénové et réaménagé en partie par ses soins. Mais il aime aussi s'occuper de son jardin planté d'arbres fruitiers et de quelques plants de vigne, une passion qu'il a transmise à son fils, étudiant à Changins.

Côté cour, Franz Brun a suivi des études en économie dans une HES à Zurich, après une formation comme employé de commerce. A 24 ans, il débarque en Suisse romande pour parfaire son français et travaille dix ans dans un bureau d'ingénieurs veveysan. En 1990, il crée sa propre entreprise de conseil en informatique à Corsier. Il siège au Conseil communal de 1990 à 1997, puis s'éloigne de la scène politique tout en continuant de suivre la vie de son village. Il y revient en 2006, est élu à la Municipalité et passe directement syndic. S'il gère depuis les dossiers communaux avec un intérêt intact, il s'évade volontiers dans les livres. Ses auteurs préférés? L'écrivain suisse allemand Martin Suter, Patrick Süskind pour son livre Le Parfum, Joël Dicker, Lucinda Rinley, J. David Simons et Douglas Kennedy. «J'ai aussi beaucoup dessiné entre 18 et 25 ans. Je rêve de reprendre cette activité et de suivre des cours de peinture», confie-t-il.

Dans ce dossier

Documents

Vidéo
Documents audio