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Un scaphandrier dans la vigne

Pully La lutte contre les maladies de la vigne est organisée par la station Agroscope. Un homme dument protégé a intrigué, voire inquiété le voisinage, Est-ce dangereux pour la santé? Contacté, l'Agroscope s'explique.

L'application des traitements phytosanitaires exige des précautions pour l'utilisateur, mais est sans danger pour le voisinage, assure l'Agroscope de Pully. DR

Nina Brissot

Croyant voir le 30 juillet un scaphandrier fumant égaré dans les vignes de la station fédérale de recherches agronomiques, le voisinage s'est inquiété. «Mais que fait cet homme ainsi protégé et surtout que déverse-t-il comme produits que nous, habitants du quartier dont les logements sont proches, nous dégustons sans filtre? Pourrions-nous au moins être avisés des jours de traitements que nous puissions fermer nos fenêtres ou quitter le domicile pour quelques heures? Combien de temps ces produits restent-ils en suspension?» Légitimes, ces questions, Le Régional les a relayées à l'Agroscope

Réduire les intrants phytosanitaires

Les intrants, ce sont ces produits que l'on utilise en agriculture, pour améliorer le rendement des cultures. L'un des rôles de l'Agroscope qui gère le centre de recherche de Pully est de proposer aux producteurs des solutions nouvelles pour protéger les plantes tout en réduisant les intrants phytosanitaires. La recherche porte sur le développement de nouvelles variétés en viticulture qui puissent se développer jusqu'à la vendange sans l'application de ces produits ou en les réduisant drastiquement.

Produits autorisés

Ces variétés commencent à être commercialisées, mais les cépages traditionnels sont encore bien présents et il s'agit de les protéger, ce qui fait aussi partie des objectifs de la recherche. Sensibles à différentes attaques, notamment d'insectes ou des classiques maladies de la vigne, il faut les préserver. C'est le cas de la pépinière se trouvant devant la station de Pully. Le sulfatage du 30 juillet a utilisé trois produits selon les chercheurs contactés. Un insecticide d'abord, Karate Zeon, pour lutter contre le scaphoideus titanus, un insecte vecteur de la flavescence dorée. De l'Amaline Flow aussi, un mélange de cuivre et de zoxamide qui combat le mildiou. De l'Astor enfin, dont la matière active est la fenpropidine, pour lutter contre l'oïdium, autre maladie courante de la vigne due à des champignons parasites. Appliqués avec les précautions d'usage liées aux risques pour la santé et l'environnement, ce que l'Agroscope assure faire, ces produits ne représentent aucun danger. Leur utilisation en Suisse pour la viticulture a été autorisée par les autorités fédérales.

Sans danger pour les habitants

Selon Carole Enz, porte-parole, le traitement appliqué ce jour-là est totalement sûr pour les habitants à tout moment. Par ailleurs, il est difficile d'aviser tout un voisinage, car le sulfatage doit être appliqué rapidement, en fonction des conditions météo choisies pour réduire au maximum les risques de dérive. Un moment de calme, sans vent ni pluie, se situant dans les mois entre mai et début août et la décision se prend, rapidement, lorsque toutes les conditions sont réunies. Evidemment, l'homme qui sulfate doit être protégé, compte tenu de sa proximité avec les produits, et cela fait partie des prescriptions exigées par les précautions d'usage. Ce n'était donc pas un scaphandrier à la recherche du lac.

Date:30.08.2018
Parution: 914

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