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Les trois scénarios d'avenir pour Tamoil

Collombey-Muraz Près de trois ans après l'arrêt des installations, les pistes à l'étude sont une reprise, bien que peu de repreneurs répondent aux critères, la vente des unités pour un redémarrage à l'étranger ou leur démantèlement. Désormais garanti par une somme de 10 mios que la société vient de signer, un tel démontage pourrait commencer en 2020 si aucune autre solution n'est trouvée.

Côte à côte, Stéphane Trachsler (à g.) et Yannick Buttet incarnent l'accord trouvé entre Tamoil SA et la commune.

Textes et photos: Valérie Passello

«En mai 2016, la Municipalité exigeait 22 mios de garantie financière de la part de Tamoil SA en cas de démantèlement de la raffinerie. Mais nous n'avions aucune idée de la situation à l'intérieur du site. Il était difficile d'estimer un coût», raconte Yannick Buttet, président de Collombey-Muraz. À la suite d'un recours en justice du géant pétrolier, la situation a fini par se dénouer, ajoute l'élu: «Un expert indépendant a pu visiter la raffinerie, avec l'aval de la direction. Il a chiffré un démontage à 10 mios. Selon lui, l'entreprise pourra en outre revendre du matériel, ce qui lui permettra de récupérer environ 4 mios.»

Le 22 août, les deux parties ont annoncé l'issue heureuse de leurs discussions dans une conférence de presse commune. Une garantie de 10 mios, sous forme de cédule sur un bien immobilier, a été signée par Tamoil SA. Stéphane Trachsler, représentant de la direction de la société, précise: «Elle serait activée uniquement si nous ne respections pas notre engagement de démonter les installations le cas échéant. Notre intention est que cela reste une garantie.» Pour les autorités collombeyroudes, cet accord est «un soulagement permettant d'envisager l'avenir sereinement», renchérit Yannick Buttet.

Assainir les sols à long terme

À l'heure actuelle, si l'on en croit Stéphane Trachsler, rien n'est encore arrêté concernant l'avenir du site: «Nous avons tout mis en œuvre pour permettre à la raffinerie de redémarrer, affirme-t-il. Mais les repreneurs potentiels répondant à tous nos critères se comptent sur les doigts d'une main. Il y a deux autres options: la vente des unités pour un redémarrage à l'étranger ou le démantèlement. Nous irons jusqu'au bout pour essayer de récupérer quelque chose sur nos investissements.» Si aucune autre solution n'est trouvée au dernier trimestre 2019, le démontage commencerait en 2020.

Concernant le volet environnemental, la phase de tests pour assurer l'assainissement des sols à long terme (voir Le Régional 848), sous la surveillance du canton du Valais, est presque terminée. Cinq périmètres sont concernés et devront faire l'objet de différents traitements. Seul l'un d'entre eux, de 1'000 m3, nécessite une excavation. Tamoil SA a jusqu'en 2028 pour s'atteler à cette tâche. Joël Rossier, chef du Service de l'environnement de l'Etat du Valais, explique: «Ce délai paraît long, mais il est déterminé par une analyse des risques. S'il y en avait eu de plus importants, nous aurions exigé une intervention plus rapide.»

Date:30.08.2018
Parution: 914

Immense friche à valoriser

Si la raffinerie de Collombey est démontée, ce seront 130 hectares de terrain qui seront libérés. Collombey-Muraz a déjà saisi, en début d'année, l'opportunité d'acquérir des parcelles industrielles près du site de la raffinerie, dans le secteur de «La Charbonnière-l'Enclos». Le but de la démarche est d'attirer des entreprises sur son territoire. Yannick Buttet ne cache pas l'intérêt de cette future friche potentielle pour sa commune: «Nous pensons déjà à ce que pourrait devenir le site et quels types d'entreprises pourraient s'y implanter. Mais le terrain est trop important pour que la commune puisse l'acquérir, même si ce scénario n'est pas exclu. Il faudra voir sur le moment. Pour l'instant, Tamoil SA a l'air de vouloir privilégier une vente en bloc, sans morcellement.»

Redémarrage malvenu

L'association Chablair réagit positivement à l'annonce de la garantie signée par Tamoil SA. Mais elle n'en reste pas moins prudente. Dans un communiqué, elle regrette qu'aucun délai n'ait été fixé pour le démantèlement. Les membres de l'association s'interrogent en outre quant à la possibilité d'un redémarrage (photo), évoquant la stratégie énergétique 2050 de la Confédération et la volonté populaire en la matière. Enfin, Chablair, «inquiète» de la pollution du site, espère que le Service valaisan de l'environnement rendra public le rapport d'assainissement de l'entreprise, qui devrait lui être fourni au mois d'octobre.

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