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Des élus sous pression

Vevey Plusieurs membres de la Commission de gestion ayant enquêté sur l'affaire Girardin affirment avoir été entravés dans leur travail. Sous enquête du Préfet pour possible violation du secret de fonction, ils dénoncent.

Gilles Perfetta (à g) et son groupe politique estiment que le principe de la transparence et du droit à l'information inscrit dans la loi cantonale a été mis à mal. DR

Priska Hess

«Chaque document important, il a fallu batailler pour l'obtenir», s'indigne Marie Moya (Les Verts). «Ces manières de faire s'apparentent à celles d'une république bananière», renchérit Norma Riesen (UDC). Le 30 août, lors d'une conférence de presse organisée par le groupe Décroissance-Alternatives (DA), deux conseillères communales membres de la Commission de gestion de Vevey (Coges) ont tenu à dénoncer ces dysfonctionnements, en soutien à Gilles Perfetta (DA), le président sortant de cette même Commission. Car la Préfecture Riviera-Pays d'Enhaut a ouvert une enquête administrative contre ce dernier et sa Commission. En cause, une possible violation du secret de fonction dans le cadre du rapport 2017 de la Coges, présenté en juin au Conseil communal. «Il s'agit de voir s'il y a lieu de dénoncer les faits et le cas échéant de déterminer quelles sont les personnes responsables», précise le préfet Roland Berdoz. Cette infraction au code pénal peut théoriquement être punie de trois ans de prison.

Pour rappel, la Coges avait mené des investigations autour de l'affaire Girardin, pour savoir si la subvention communale à la Fondation Apollo avait été utilisée de manière adéquate, et analyser la manière dont la Ville avait géré le contrat de bail des locaux de la rue du Simplon 48 (notre dossier complet sur www.leregional.ch). Aux yeux de certains élus, la Coges avait, ce faisant, dépassé ses prérogatives «en s'immisçant dans des affaires judiciaires en cours».

Pressions subies

En réaction à l'enquête de la Préfecture, Gilles Perfetta et son groupe politique ont voulu dénoncer de multiples «pressions rencontrées par la Coges, qui visaient à entraver son travail». Notamment des «procédures lourdes et longues, sans base légale, pour obtenir certains documents, avec un accès et des horaires limités.» A l'appui, un dossier commenté d'une cinquantaine de pages, comprenant des courriers et e-mails échangés par la Coges avec les autorités et avec l'avocat de Lionel Girardin. Plus largement, ces élus estiment que le principe même de la transparence et du droit à l'information inscrit dans la loi cantonale (LInfo) a été mis à mal. Le député veveysan Yvan Luccarini a déposé ce mardi une interpellation au Grand Conseil «visant à mettre le Conseil d'Etat face à ses responsabilités dans l'application de la LInfo». Quant à Gilles Perfetta, il réaffirme assumer pleinement le contenu du rapport incriminé.

Date:06.09.2018
Parution: 915

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