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La taxe au sac continue de diviser

Monthey La version corrigée du règlement sur la gestion des déchets, visant à introduire la taxe au sac, a passé la rampe du législatif. Mais toutes les solutions proposées ne satisfont pas les membres de l'Alternative pour Monthey, qui pourraient lancer un nouveau référendum.

Depuis le début de l'année, la quantité de déchets déposés à Monthey a augmenté de 10%.

Textes et photo: Valérie Passello

Le 26 novembre 2017, la population de la ville, à hauteur de plus de 70% des votants, avait rejeté la première mouture du règlement sur les déchets, par voie de référendum. Alors que la taxe au sac entrait en vigueur au début 2018 dans 62 communes du Valais romand, Monthey restait donc orpheline d'un règlement en adéquation avec les directives fédérales exigeant le principe de causalité.

C'est avec une nouvelle version modifiée, mais relativement similaire à la première, que la Municipalité est revenue devant le Conseil général le 10 septembre. Le municipal des infrastructures, de la mobilité et de l'environnement Gilles Cottet énumère les principaux changements: «Les directives municipales accompagnant le texte ont été élaborées et les mesures d'accompagnement y figurent. Nous avons prévu la distribution de sacs aux nouveau-nés et aux personnes incontinentes. Un plafond de thésaurisation de 500'000 frs a été fixé, comme le souhaitaient les référendaires. Enfin, nous déploierons la filière «Gastrovert Private» de la SATOM, pour la récupération des déchets verts.»

Suite à discuter

L'objet a largement été accepté en première lecture, soutenu par plus des deux tiers de l'assemblée. Le président de Monthey Stéphane Coppey précise: «Nous devons encore attendre le délai référendaire de 60 jours, mais nous sommes prêts à mettre le système en place dès janvier 2019.»

Cependant, rien n'est encore acquis. L'Alternative pour Monthey (APM), à l'origine du premier référendum avec un comité de citoyens, déplore «un manque de remise en question de la part de la Municipalité». Mais les propositions du groupe (voir encadré) n'ont pas fait mouche auprès des autres formations politiques du plénum. À l'issue du vote sur le règlement, la proposition du conseiller de l'APM Alexandre Aviolat, de soumettre l'objet au référendum facultatif, a été refusée par 40 non contre 11 oui et une abstention.

Interpellés à la sortie des débats, les membres de l'APM ne cachent pas leur mécontentement, mais ne se prononcent pas sur la suite: «Nous devons nous réunir mercredi (réd : ce 12 septembre) pour prendre une décision», lâche Alexandre Aviolat. À l'heure de mettre sous presse, l'issue de cette discussion n'est pas encore connue. Célina Contat, de l'APM également, renchérit: «Ce qui est sûr, c'est que le vote de ce soir prouve que l'on a peur de demander son avis au peuple!»

Pas de sac moins cher

Si, comme l'an dernier, un comité référendaire se forme et que suffisamment de signatures sont récoltées, une nouvelle consultation populaire n'est pas exclue. Il serait, dès lors, impossible d'introduire la taxe au sac au début de l'année prochaine. Stéphane Coppey ne se voile pas la face: «Si un second référendum aboutit, le Canton pourrait intervenir. Nous avons travaillé pour trouver une solution conforme à la jurisprudence, satisfaisant tous les intervenants et la population. Appliquer la taxe au sac nous est apparu être la moins mauvaise solution», concède-t-il.

Après le refus massif du premier règlement, un groupe de travail a été mis sur pied, composé de municipaux et de membres du comité référendaire d'alors. Celui-ci a siégé cinq fois pour étudier les propositions de tous bords. Le prix du sac aura été l'un des points chauds des débats, les référendaires souhaitant qu'il soit vendu à 1,50 fr, contre 1,90 fr dans le reste du Valais romand. Une solution rejetée par la Municipalité, tranche le président: «Il aurait été disproportionné, peu judicieux et trop coûteux d'avoir notre petite cuisinette à Monthey.» Un sac moins cher qu'ailleurs pourrait en outre encourager le tourisme des déchets, qui a déjà commencé à sévir depuis le début de l'année. La quantité d'ordures a augmenté de 10% dans la commune, d'après les autorités.

Date:13.09.2018
Parution: 916

Les sujets qui fâchent

Lors des débats sur le règlement, l'APM a proposé des amendements, tous balayés par le législatif. Le règlement indique que «lorsqu'une filière de valorisation existe et que le rapport coût-efficacité est approprié», la Municipalité doit la mettre à disposition de la population. Or, selon Célina Contat, le thermoréseau de la SATOM est une filière de valorisation des plastiques, puisque c'est leur incinération qui alimente le système de chauffage à distance. Elle a donc demandé qu'une benne soit mise à la disposition des citoyens à la déchetterie pour la récupération des plastiques. Amendement rejeté par 42 voix contre 10.

L'article fixant un plafond de thésaurisation, «jugé inutile par Monsieur Prix», selon Gilles Cottet, prévoit une réduction de la taxe de base dans les trois ans suivant un dépassement de ce plafond. L'APM demandait que cette redistribution ait lieu directement l'année suivante, mais son amendement a été refusé dans les mêmes proportions que le précédent.

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