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Et si l'on essayait d'être plus heureux ?

Santé Philippe Besse enseigne la méditation de pleine conscience à Vevey et Martigny. Ce Chablaisien s'est spécialisé dans cette méthode qui a fait ses preuves et est utilisée dans les hôpitaux. Portrait.

Profitant des bienfaits de la méditation depuis une trentaine d'années, Philippe Besse souhaite maintenant transmettre son expérience.DR

Valérie Passello

Être dans l'instant, ici et maintenant, lâcher prise, accueillir ses émotions, quelles qu'elles soient, accepter les difficultés. Les principes de la méditation de pleine conscience paraissent simples au premier abord. Mais Philippe Besse nuance: «Méditer ne signifie pas se détendre ou se vider la tête. C'est être présent à ce qui se passe en nous et autour de nous. Il faut s'arrêter, respirer, s'ancrer et observer l'émotion qui nous traverse. C'est peine perdue d'essayer de l'éviter, il faut lui faire une vraie place. Mais comme on ne s'identifie pas à elle, qu'on l'observe avec une certaine distance, elle n'a plus d'effet sur nous.»

Montheysan d'origine, Philippe Besse est infirmier en psychiatrie et soins généraux et a suivi plusieurs formations post-grades en thanatologie et soins palliatifs. Il dirige aujourd'hui une institution de réhabilitation psychosociale. Voilà 30 ans qu'il pratique la méditation, dans laquelle il est «tombé par hasard en suivant un cours de formation continue», raconte-t-il. Il ne cherche pas à convaincre, mais se définit plutôt comme un passionné enthousiaste. «La méditation n'est pas la panacée, elle ne convient pas à tous, note-t-il. C'est une discipline qui demande une pratique idéalement quotidienne. Ayant attrapé le virus, je me suis aperçu que cela me rendait plus heureux, plus à l'aise avec autrui, plus ouvert, d'où l'envie de transmettre.»

Premiers pas vers l'autonomie

Même si l'on ne peut pas véritablement «rater» une méditation, d'après le Chablaisien, il est important d'acquérir des outils et des techniques de base amenant à l'autonomie. Philippe Besse propose des soirées «dégustation de méditations» pour découvrir et tester la discipline, mais ses formations, à Vevey et Martigny, s'étalent sur huit semaines. C'est la célèbre méthode de MBSR, pour Mindfulness-Based Stress Reduction, qui est utilisée dans les hôpitaux du monde entier (voir encadré). «C'est un programme qui se construit pas à pas, on y apprend la méditation de base, puis son développement et sa philosophie. En somme, je vous fournis une boîte à outils dont vous pourrez vous servir par la suite.» L'avantage d'une formation en groupe, conduite et accompagnée par l'intervenant, est de pouvoir partager un vécu et d'aborder les émotions ressenties par tout un chacun avec «humour et humilité», ajoute Philippe Besse. S'il est d'abord difficile, voire impossible, d'empêcher son esprit de vagabonder, les «moments de présence» se font plus conséquents avec le temps. Le but de la méditation n'est pas d'apporter des réponses, mais d'aider chacun à trouver les siennes au fond de lui, à se sentir apaisé, sans pour autant éviter les épreuves désagréables qui jalonnent toute existence. Philippe Besse conclut: «Je propose souvent aux gens de s'imaginer méditant au sommet d'une montagne. Un nuage arrive, donne ce qu'il a à donner, il se vide, puis il passe. Les émotions nous traversent, c'est normal, mais elles finissent toujours par passer.»

Date:13.09.2018
Parution: 916

Effets bénéfiques confirmés par la science

La méditation fait partie intégrante de toutes les religions depuis toujours. Bouddhistes, chrétiens, juifs ou musulmans la pratiquent chacun à leur manière. Mais la forme de méditation dite «de pleine conscience», développée par le biologiste américain Jon Kabat-Zinn à la fin des années 1970, est entièrement laïque. Des programmes MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction), de réduction du stress basée sur la pleine conscience, sont appliqués aujourd'hui dans des hôpitaux du monde entier, ainsi que dans des entreprises ou même en milieu carcéral, entre autres. De nombreuses études scientifiques ont démontré que la MBSR allait jusqu'à modifier la structure de notre cerveau, en augmentant ses connectivités. Les effets d'une pratique régulière sont reconnus et prouvés: elle prévient la rechute de la dépression, la douleur chronique, la gestion du stress ainsi que de nombreuses maladies liées aux troubles de l'humeur.

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