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Les commerçants montent au front

Monthey Des affiches sont placardées en ville afin de sensibiliser la population sur l'importance des petits commerces au sein d'une communauté. Explications et réactions de la population.

Les commerçants montheysans ont pris la pose avec enthousiasme pour la campagne d'affichage.

Textes et photo: Valérie Passello

«Les commerçants, valeur ajoutée des Montheysans.» C'est le slogan de la campagne d'affichage initiée par l'Association des Artisans et commerçants (ARTCOM) le 18 septembre. Libraire, fleuriste, peintre en bâtiment, fromager ou bistroquet, entre autres, ont accepté de prendre la pose pour promouvoir leur activité. Mais aussi, plus généralement, pour mettre en évidence leur rôle dans la vie de la cité: «Ils contribuent, de par leurs relations privilégiées avec leur clientèle, à cimenter les liens sociaux dont a besoin une société pour prospérer», affirme la campagne.

Le président d'ARTCOM Charles Niklaus se réjouit du côté rassembleur du projet: «Tout le monde voulait participer. Les commerçants sont peut-être moins individualistes aujourd'hui. Ils ont compris que l'union fait la force et qu'il est crucial de vendre la ville plutôt que leur affaire uniquement. L'idée est de rappeler aux gens qu'il est inutile d'aller ailleurs, car on a tout ce qu'il faut ici.» Un changement d'état d'esprit qui va de pair avec la refonte du cœur de Monthey, terminée il y a un peu plus d'un an. Les longs travaux avaient alors découragé de nombreux clients.

Des habitudes à retrouver

La politique communale en matière de circulation est claire: il faut inciter les usagers à se garer en périphérie ou dans les parkings souterrains, afin de favoriser les piétons. Les automobilistes sont d'ailleurs contraints de circuler à 20 km/h dans tout le périmètre du centre.

Habitants et visiteurs doivent ainsi trouver une nouvelle manière d'évoluer dans ce cadre, relève Charles Niklaus: «La ville est jolie et les affaires ont tout de même repris depuis la fin des travaux. Mais beaucoup de gens préfèrent encore aller dans les grandes surfaces de Collombey, où les places de parc sont gratuites. C'est désormais au consommateur de se réapproprier les lieux et de s'habituer à faire le dernier bout à pied.»

D'après le président d'ARTCOM, les liens et le dialogue entre autorités, office du tourisme et commerçants se sont renforcés, dans l'idée de générer une nouvelle dynamique. Le municipal du tourisme Guy Cristina abonde: «Il est toujours réjouissant et bon pour la ville que les gens travaillent ensemble, mettent leurs forces en commun, au service d'une réflexion économique.»

Un service adapté

Demandez aux passants: «Les petits commerçants sont sympas», répondent-ils en chœur (voir encadré). Mais le poids du rôle social et du contact, mis en exergue dans la campagne d'affichage, pèse-t-il vraiment bien lourd face au poids du porte-monnaie? «Aujourd'hui, internet nous fait énormément de tort, admet Charles Niklaus. Mais le client peut y perdre à acheter en ligne un produit moins cher, sans conseils. Les commerces montheysans vendent un service adapté à la clientèle. Le contact direct n'est pas négligeable, car il permet d'amener au client exactement ce qui lui convient. S'il est content, il reviendra et c'est notre but.»

Cela dit, comme le porte-monnaie compte aussi, la campagne d'affichage sera suivie, dès le 22 octobre, d'une opération baptisée «Les samedis malins». Les membres d'ARTCOM proposeront des offres spéciales sur un produit de leur assortiment, uniquement le samedi, un jour où le cœur montheysan peine spécialement à battre, du moins commercialement.

Date:27.09.2018
Parution: 918

Réactions des habitants : tant que faire se peut...

Interrogés dans les rues de Monthey, les passants sont unanimes: pour eux, il faut soutenir les petits commerces. Mais dans la pratique, ce n'est pas toujours possible. Florilège.

«Dans les grandes surfaces, il n'y a pas de discussions. En plus du contact humain, les petits commerces proposent une offre diversifiée et de qualité. Il faudrait davantage d'aide publique pour les soutenir, notamment dans les villages ou les petites villes»

Patrick, 55 ans

«En comparant les prix pour un même produit, à la boucherie du coin par exemple, on s'aperçoit que ce n'est pas plus cher. Et il est clair que le service est plus convivial»

Isabelle, 44 ans

«Je vais dans les commerces locaux au moins une fois par semaine pour des articles ou des produits particuliers, que je suis sûre de trouver là»

Christine, 54 ans

«J'avoue que je fais mes courses dans les supermarchés de Collombey, simplement parce que c'est plus pratique, que c'est sur le chemin de mon travail et que l'on peut parquer facilement»

Marie-José, 61 ans

«Il m'arrive de faire des achats spécifiques en ville, par exemple des produits Bio. Je serais tout à fait partante pour y aller davantage, mais je manque de temps»

Sylvie, 31 ans

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