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« Je vis un enfer ! »

Bex Locataire d'un immeuble en travaux, Elise Dupuis subit des nuisances importantes depuis le printemps. Après avoir alerté la gérance, les services communaux et l'ASLOCA, elle tient à témoigner dans Le Régional, ne sachant plus à qui s'adresser pour faire bouger les choses. Contacté, le propriétaire promet une réduction de loyer pour les désagréments subis et une résolution rapide de la situation.

«Je refuse de me laisser marcher sur les pieds», lance Elise Dupuis, ici devant la fenêtre de son appartement.DR

Valérie Passello

«C'est comme lorsque l'on remonte un réveil, au bout d'un moment, le ressort finit par péter. J'en suis presque là, je vis un enfer! Mais je refuse de me laisser marcher sur les pieds», martèle Elise Dupuis, 79 ans. Locataire d'un appartement d'une pièce à la route de Gryon à Bex, elle ne supporte plus les désagréments liés au chantier entrepris par dans son immeuble en avril dernier.

Le toit du bâtiment, qui abrite également un kiosque et un café, a été démoli, afin de construire des appartements à l'étage. La Bellerine explique: «Le chantier n'avance pas, l'eau s'accumule sur la dalle supérieure et s'infiltre dans mon appartement.» D'après un courrier adressé aux voisins le 9 avril par une entreprise générale de construction, les travaux, qui ont débuté le 16 avril, devaient s'étaler sur «une durée maximale de quatre mois». À ce jour, pourtant, ils ne sont pas terminés.

Compensations demandées

Dans l'appartement, des taches d'humidité sont visibles au plafond, le parquet gondole çà et là et, à côté du bloc de cuisine, le bas d'une paroi se désagrège. Elise Dupuis reprend: «Ils m'ont construit une nouvelle salle de bain, mais n'ont rien nettoyé après leur passage. En plus, le moteur de la ventilation fonctionne, mais il n'y a pas d'évacuation, ce qui fait que je dois toujours laisser la porte ouverte. Enfin, le luminaire au-dessus de la pharmacie n'est pas conforme, on voit le fil à nu.» Un certificat médical atteste de «l'état d'épuisement» de la locataire, qui bénéficiera d'une aide au ménage jusqu'à la fin du chantier.

Au kiosque d'à côté, outre une odeur de renfermé, certains murs sont attaqués de moisissures, le crépi se décolle par endroits et des traces attestent que l'humidité a sévi dans le local abritant le tableau électrique. La gérante Pauline Seydoux déplore: «J'ai perdu énormément de clients, je ne parviens plus à payer mes factures. L'odeur est intenable, j'ai demandé qu'il y ait une aération, mais ça n'a pas été fait. On ne sait même pas quand les travaux vont finir!» Approchée elle aussi, la gérante du café n'a pas souhaité s'exprimer.

Tant Elise Dupuis que Pauline Seydoux ont saisi l'ASLOCA pour dénoncer «un défaut de la chose louée». Toutes deux ont annoncé qu'elles consigneraient leur loyer au 25 septembre si des compensations ne leur étaient pas octroyées, à savoir une réduction de loyer jusqu'à la fin des travaux et la remise en état des locaux qu'elles occupent. Elise Dupuis a également alerté par téléphone le service technique communal: «Ils m'ont dit de faire des photos et de les envoyer, mais je n'ai pas de nouvelles depuis», soupire-t-elle.

Une lueur d'espoir

Contactée, la gérance de l'immeuble rassure: «Le propriétaire nous informe que le nécessaire a été fait. Que la locataire a une salle de bain refaite et qu'il n'y a plus d'eau qui coule dans son appartement.» De plus, les compensations requises par Elise Dupuis devraient lui être accordées, ajoute la gérance: «Le directeur des travaux est passé chez elle pour l'informer que la peinture sera également faite et qu'elle aura une réduction de loyer pour les désagréments subis.»

La retraitée conteste: «Il m'a dit que j'allais avoir un néon dans la salle de bain, mais rien de plus concernant la peinture ou le loyer», raconte-t-elle. Elise Dupuis attend une réponse officielle à son courrier, daté du 1er septembre.

Rencontré sur place, un mandataire du propriétaire, qui souhaite rester anonyme, déclare au Régional: «La première entreprise chargée du chantier n'a pas été capable de l'assumer. Il a fallu du temps pour résilier son contrat, d'où un certain retard. Mais une nouvelle entreprise prend le relais actuellement et la situation sera vite rectifiée», assure-t-il. Lasse, la locataire demande à voir: «Au train où vont les choses, je ne suis pas sûre que nous ayons un toit pour l'hiver!», s'impatiente-t-elle.

Date:27.09.2018
Parution: 918

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