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« Quand je cours, ma mama n est à mes côtés ! »

IRONMAN Fraîchement victorieuse de l'Ironman de Zurich, la Blonaysanne Karine Fragnière a ainsi obtenu son billet pour la plus célèbre et difficile course au monde: les Championnats du monde d'Ironman qui auront lieu à Hawaï le 13 octobre. Une épreuve qui consiste à enchaîner 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon de 42,195 km en course à pied. Du haut de ses 50 ans, cette mère au foyer partira – en famille – dans quelques jours affronter les meilleurs triathlètes de la planète. Rencontre avec une femme à la volonté d'acier.

Le 29 juillet dernier, la Vaudoise Karine Fragnière remportait son premier titre majeur en s'imposant avec un temps de 11h22 minutes à l'Ironman de Zurich. DR

Jonathan Corbillon

Sa première participation à un Ironman date du mois d'août 2017 à Vichy, où elle avait dû abandonner à 7 km de l'arrivée, alors qu'elle menait la course, pour cause d'une fracture au pied. Seulement une année plus tard, le 29 juillet dernier, la Vaudoise remportait son premier titre majeur en s'imposant avec un temps de 11h22 minutes à l'Ironman de Zurich. Une victoire qui lui a permis de se qualifier pour le grand rendez-vous de Kona. À quelques jours de cette grande épreuve, Le Régional a rencontré l'infatigable «ironwoman».

Alors que beaucoup y vont pour profiter de ses plages, vous vous rendrez à Hawaï pour un effort extrême... qu'attendez-vous de cette course?

> Mon objectif est de prendre avant tout du plaisir et de profiter de cette expérience unique et incroyable. Je souffre depuis quelques semaines d'une petite blessure à la cuisse et je ne veux surtout pas mettre ma course en péril en voulant trop donner sur la partie vélo. Ceci dit, je vais évidemment donner le meilleur de moi, mais je suis consciente que durant 11 heures de course, il peut se passer beaucoup de choses. Mes enfants et mon compagnon seront tous présents lors de la course. Nous allons à Kona une semaine avant afin que je puisse m'acclimater, puis mes enfants et moi irons passer 10 jours à Maui après la course. Je connais déjà bien cette région, car j'y suis allée souvent quand j'étais jeune pour faire du windsurf; nous profiterons tout de même des vacances.

Après la blessure de l'année dernière, avez-vous douté de vos capacités?

> Non! Je suis de nature optimiste et cherche systématiquement le bon côté dans toutes les épreuves que la vie me réserve. C'est ainsi que lors de l'accident, j'ai tout de suite compris et accepté qu'autre chose de mieux m'attendait; une meilleure occasion d'accéder à la première marche du podium d'un Ironman. Moins de 3 semaines après ma course à Vichy, ma maman est décédée soudainement. J'étais bouleversée et prise d'une énorme tristesse. Pourtant, quelque chose en moi brûlait plus que jamais. Depuis ce moment-là, rien, ni même ma dépression qui s'en suivit ne m'arrêta. Cela m'a donné une force et une énergie indescriptibles tout au long de cette longue préparation. Durant la course de Zurich, ma maman était présente, je l'ai sentie, je lui ai parlé. Elle était zurichoise d'ailleurs...

L'Ironman ne semble pas être une course individuelle pour vous...

> Non, en effet. J'ai la chance d'avoir le soutien de mes enfants. Il faut dire que nous sommes tous très sportifs et que nous nous intéressons au sport que chacun pratique. Nous parlons de nos expériences et de nos entraînements et allons voir autant que possible les compétitions et matches de chacun. En ce qui concerne l'Ironman, dès que j'avais compris que Hawaii était à ma portée, je les ai impliqués à mon rêve. C'est alors devenu un projet de famille et j'ai reçu leurs encouragements quotidiens. Leur présence – et celle de ma maman – lors de mes courses m'aident énormément.

Date:27.09.2018
Parution: 918

Palmarès sportif

- 2009: 11e au semi-marathon de Lausanne (1h39)

- 2012: 3e au triathlon de Lausanne

- 2013: 8e aux 20km de Lausanne (1h36)

- 2013: 1ère aux semi-ironman de Hyères et de Locarno (5h20)

- 2014: 10e au marathon de Lausanne (3h39)

- 2015: participation aux Semi-Ironman d'Aix-en-Provence et de Rapperswil (environ 6h)

- 2017: participation à l'Ironman de Vichy et abandon au 35ème km de la course à pied, suite à un accident (fracture du métatarsien)

- 2018: 1ère à l'Ironman de Zurich en 11h22 et qualification pour les championnats du monde 2018

Une quinquagénaire infatigable

À 50 ans, Karine Fragnière exerce le travail le plus difficile et impliquant de tous: mère au foyer. Cette «ironwoman» a travaillé durant plus de 15 ans dans la gestion de marques et l'élaboration de plans de communication. Si elle avait commencé sa carrière professionnelle chez Nestlé (Zurich, Bâle et Vevey), elle a ensuite tenté sa chance en tant que consultante marketing freelance, avant de co-fonder une société de cosmétiques, basée à La-Tour-de-Peilz en 2006. Après cinq années à la tête de cette société, l'heure était venue pour elle de s'occuper pleinement de ses enfants. C'est justement à partir de cette période que ses résultats sportifs ont décollé...

Parcours sportif

Encore enfant, la championne de l'Ironman 2018 à Zurich avait pourtant commencé son parcours sportif avec l'équitation. Plusieurs victoires, dont celle de championne romande de dressage, et une envie de s'essayer au tennis dès 1984. En dix ans sur les courts, Karine allait obtenir d'importants titres - vice-championne vaudoise en 1987 - et surtout de nombreuses saisons d'interclubs à Montreux. Sa découverte du triathlon allait survenir en août 2001; elle débute alors par le triathlon de Lausanne. Depuis, son amour pour la discipline allait la faire participer à plusieurs jeux olympiques entre 2005 et 2010 et au triathlon de Vevey. Le reste fait désormais partie de son histoire...

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