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160'000 francs la désintox de 28 jours

Les Avants/Montreux L'hôtel Sonloup est désormais une clinique cinq étoiles de traitement des addictions. Public cible: les patients très fortunés. Patrick Wilson, le propriétaire britannique, y a investi 50 millions depuis 2008. Directeur médical, Randolph Willis dévoile les coulisses d'un traitement à 40'000 frs la semaine.

L'architecture de la nouvelle clinique de luxe allie tradition et modernité. Les chambres cinq étoiles sont florales. DR

Amit Juillard

Vu de la gare des Avants, l'ancien hôtel Sonloup – perché à 1160 mètres d'altitude – signale sa présence derrière les arbres par le toit de sa tourelle. La carte postale pourrait être datée de 1911. «Maintenant, c'est une maison de repos de luxe pour les personnes aisées. Vraiment aisées. 40'000 frs la semaine! Si ça t'intéresse, ils soignent toutes les addictions; au sexe, à la drogue, à l'alcool...» Mais aussi aux achats en ligne, aux jeux vidéo ou encore au porno, entre autres. La nouvelle «Clinic Les Alpes» fait jaser ce groupe de cheminots durant leur vertigineux trajet vers la salle des machines de Sonloup à bord du vieux funiculaire boisé. «Ce soir, ils organisent leur cocktail officiel pour l'inauguration.»

Stars du show business

D'apparence, peu de traces de la discrète transformation de ce bâtiment centenaire. Mais les grillages tout autour, les nombreuses caméras de sécurité et le grand portique en bois ultra-sécurisé de l'entrée signalent son changement de statut. A l'intérieur, un décor Belle Epoque pour les salons et les salles à manger. Les chambres sont florales, avec vue sur la Dent de Jaman ou le Léman. Protégés par les Monuments historiques, les plafonds et les boiseries sont toujours là. Sous la colline, l'extension réunit la partie médicale et la partie spa, plus contemporaines. L'établissement privé reçoit une patientèle internationale, comme des stars du show business ou des capitaines d'industrie. Certains des 25 lits sont déjà occupés.

«Les riches peuvent poursuivre leur comportement addictif sur de très longues périodes, explique en anglais Patrick Wilson, le propriétaire. Et ils ont tendance à provoquer de gros dégâts collatéraux durant leur chute; de grandes entreprises peuvent être en danger et des gens dépendent d'eux financièrement.» Ce Britannique installé à Lausanne depuis 15 ans, également à la tête d'un groupe pharmaceutique basé à Londres, semble ému: «J'ai passé une bonne partie de ma vie à composer avec la problématique de l'addiction. J'ai vu des gens proches de moi en souffrir, en mourir.»

60 employés

Excellence et expertise: tel est son credo pour sa nouvelle clinique, reconnue par la Santé publique vaudoise. Il a investi 50 millions. Des oppositions liées à la préservation de la piste de luge des Avants, à son esthétique ou des craintes du voisinage sur la venue de patients dépendants ont ralenti ce projet, lancé en 2008. Parmi les retombées pour la commune de Montreux, la pérennisation du funiculaire et des rentrées fiscales. La structure compte actuellement une trentaine d'employés. Un nombre appelé à doubler.

Plus d'informations sur www.cliniclesalpes.com

Date:04.10.2018
Parution: 919

En tête à tête avec le dealer...

Côté médical, réflexologie, psychanalyse, thérapies cognitivo-comportementales, méditation ou encore groupes de paroles, notamment. Durant les 28 jours d'un séjour classique, les patients passent par les trois première étapes du modèle Minnesota, celui des Alcooliques anonymes: prendre conscience de leur dépendance, puis qu'ils ont besoin d'aide, avant de redonner un sens plus profond à leur vie. Dr Randolph Willis, directeur médical, a auparavant travaillé pour la clinique spécialisée de la Métairie et la Ligue valaisanne contre les toxicomanies avant d'ouvrir son cabinet à Montreux. D'origine américaine et établi en Suisse romande depuis 35 ans, il souhaite aussi explorer les nouvelles technologies à l'avenir. «Avec la réalité virtuelle, il est par exemple possible de mettre le toxicomane face à un dealer, d'observer sa réaction et de travailler sur le comportement à adopter», explique-t-il. Dans les mois à venir, il voyagera beaucoup. Avec l'objectif de créer un réseau mondial pour faciliter les périodes de postcure de cette clientèle internationale.

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