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Il faut de l'engrais humain au potager urbain

Villeneuve Initié ce printemps, le jardin communautaire des Narcisses a livré ses premiers fruits et légumes. Mais pour qu'il perdure, une association doit se former d'ici à la fin de l'année.

Le 22 septembre, l'inauguration du potager des Narcisses a été l'occasion de fêter les premières récoltes.DR

Valérie Passello

«Urgent: recherche comité pour jardin participatif». Si cette annonce n'a pas encore été placardée à Villeneuve, il n'en demeure pas moins que des personnes prêtes à s'engager seraient les bienvenues. Le potager des Narcisses a vu le jour ce printemps, sur un terrain jouxtant le collège de la Tour Rouge, mis à disposition par un propriétaire privé.

Actuellement, 27 parcelles y sont cultivées par des habitants du quartier, des élèves des classes enfantines ou des migrants issus de l'EVAM. Le jardin collectif a été inauguré le 22 septembre. En plus de la fête des premières récoltes, la journée était aussi l'occasion de lancer un appel pour la création d'une association, afin que le projet soit entièrement en mains des jardiniers. Mais cette étape peine un peu à être franchie.

Premiers pas accompagnés

Depuis le film «Demain», de nombreuses villes voient se développer des potagers urbains, consistant à cultiver un lopin de terre en communauté. Dans le Chablais, il en existe, sous diverses formes, à Bex, à Aigle ou encore à Collombey-Muraz. Un projet va également se concrétiser à Monthey l'an prochain (voir encadré). Villeneuve ne fait donc pas exception.

C'est le municipal des travaux Dominique Pythoud qui en a donné l'impulsion: «Je me suis battu pour lancer ce potager urbain, explique-t-il. À travers le travail de la terre, les gens se rencontrent, les communautés se mélangent. De plus, cela valorise une parcelle qui était auparavant jonchée de déchets.»

L'ingénieur et jardinier bio Rodrigue Kilchenmann a été mandaté par la commune pour faire démarrer le projet. «J'ai distribué plus de mille papillons dans le périmètre, raconte-t-il. Les gens sont venus au compte-gouttes au fil du temps. Pour l'instant, on nous regarde encore un peu de loin. C'est peut-être dû au fait que c'est un quartier où l'on trouve passablement de minorités et de communautés étrangères, où, justement, il faudrait générer davantage de liens sociaux», suppose-t-il. Néanmoins, le mandat du chef de projet prendra bientôt fin.

Engagez-vous !

Si l'association compte une vingtaine de membres potentiels, deux personnes seulement seraient prêtes à prendre les rênes du comité. Pour encaisser les futures cotisations, assurer le lien avec la commune et tenir le budget de l'association, qui servira à acquérir des outils ou à alimenter le potager en eau. Dominique Pythoud analyse: «Je suis très satisfait du nombre de parcelles cultivées. Mais il est vrai que c'est toujours compliqué pour les gens de s'engager à plus long terme. Au sein des communautés étrangères notamment, certains ont tendance à se sous-estimer ou à craindre de devoir s'exprimer en public. Cela peut les retenir, alors qu'ils seraient parfaitement capables d'intégrer le comité.»

Idéalement, l'assemblée constitutive de l'association devrait avoir lieu en cette fin d'année, afin de poser le cadre du fonctionnement du potager des Narcisses pour 2019. Dans le cas contraire, le terrain pourrait être rendu à son propriétaire, mais le municipal reste convaincu du succès de l'opération: «J'y crois, c'est mon bébé! Je serais même prêt à créer de nouveaux jardins de ce type dans d'autres quartiers, car c'est une démarche qui a du sens.»

Date:04.10.2018
Parution: 919

La même idée germe à Monthey

En août 2017, le Conseiller général socialiste Blaise Carron développait un postulat demandant à la Municipalité de créer des potagers urbains à Monthey. «Ceux-ci s'inscrivent pleinement dans le cadre du développement durable et dans la perspective de redynamiser la qualité de vie dans les quartiers de notre cité, y compris le centre-ville», argumentait-il. Soutenue par une large majorité du législatif, la proposition a donc été étudiée par l'exécutif.

Le 10 septembre dernier, le municipal des infrastructures et de l'environnement Gilles Cottet rendait un rapport détaillé, annonçant: «Un projet-pilote de potager urbain sera lancé l'an prochain, dans un lieu encore à définir. Un montant de 35'000 frs figurera au budget ordinaire 2019 en ce sens.» Tout comme à Villeneuve, le démarrage du jardin sera confié à un mandataire externe.

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