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GastroVaud tacle la Municipalité de Vevey

WC publics La Ville imagine mettre en place un partenariat avec les restaurateurs pour compenser la condamnation de plus d'un tiers de ses toilettes publiques. L'association faitière des cafetiers vaudois se fâche, craignant notamment de voir deal et injections dans les établissements veveysans.

Avec un lieu d'aisances pour 942 habitants, Vevey était probablement la commune la mieux dotée du canton. Ici, les WC de la Tour de l'horloge, appelés à être rénovés en 2019.

Textes et photo: Amit Juillard

C'est une citation qui met le feu aux poudres à la fin du mois d'août. Dans un article de 24 heures traitant de la fermeture de plus d'un tiers des WC publics veveysans (lire encadré), le municipal de l'urbanisme Jérôme Christen (Vevey Libre) annonce une mesure compensatoire: «Sur le modèle de ce qui se fait à Renens, des macarons sur les établissements (réd: restaurants, hôtels, cafés, etc) qui acceptent que des personnes utilisent leurs toilettes sans forcément consommer sur place».

Il n'en fallait pas davantage pour que GastroVaud, association des restaurateurs, cafetiers et hôteliers du canton, monte aux barricades. Début septembre, Gilles Meystre, président cantonal, et Rui Pereira, président de la section Riviera, adressent un courrier à Jérôme Christen, dont Le Régional a obtenu copie. En titre: «Non à la privatisation d'une tâche publique!» Joint par téléphone, Gilles Meystre étaye: «Je ne vois pas pourquoi une commune endettée devrait se décharger sur les privés. Et pourquoi ne pas ouvrir l'Hôtel de Ville dans ce cas?»

« Restaurants transformés en pissotières »

Dans sa lettre, la faîtière estime en outre que «l'ouverture des WC d'un établissement à tout passant (...) peut induire des dégâts collatéraux à la clientèle et à l'image du restaurant», notamment à cause du deal, des injections et des déjections qui pourraient s'y tenir. Et la perspective de la Fête des Vignerons et de son million de visiteurs lui fait craindre le pire: «La vessie enchasselassée des visiteurs n'aura-t-elle pour seul salut que des restaurants transformés en pissotières, pour cause d'avarice municipale?»

Autre point de tension, l'indemnisation de 150 frs par an pour le nettoyage, soit 42 centimes par jour, offerte actuellement à Renens, ville dont s'inspire la Municipalité de Vevey. «C'est se moquer du restaurateur, bondit Gilles Meystre, par ailleurs ex-conseiller communal PLR à Lausanne. C'est risible. Il ne faut pas les prendre pour des dames pipi!» Pour l'association, deux solutions alternatives: le maintien des lieux d'aisances gratuits ou l'instauration localisée de toilettes payantes.

Un problème de communication

Le municipal n'a pas encore répondu à la missive, mais admet un problème de communication. «Les macarons pour les restaurateurs, c'est une intention, explique Jérôme Christen. Ce que j'ai voulu dire, c'est que la Municipalité va entreprendre cette démarche. Mais nous n'allons contraindre personne. Et ce projet ne veut pas dire que nous nous déchargerions de nos tâches. Ce serait un complément qui doit aussi être positif pour les restaurateurs.» Restaurateurs qui n'ont pas encore été approchés par la Municipalité. La section Riviera de GastroVaud les a quant à elle informés de sa prise de position. Depuis 2015, l'association a déjà combattu divers projets similaires dans le canton.

Date:11.10.2018
Parution: 920

Huit toilettes fermées, treize rénovées

Plus d'un tiers des lieux d'aisances situés à Vevey sont actuellement fermés. Sur vingt-et-un WC publics, huit «font l'objet d'une étude quant à leur future affectation», écrit la Municipalité dans son préavis du 24 septembre. En cause: leur insalubrité, le vandalisme, leur faible fréquentation, leur vétusté et leur proximité avec d'autres toilettes. Quatre sont au centre-ville ou proches de la gare, quatre sur les hauts.

Les treize qui subsistent seront rénovés. En deux temps. Avant la Fête des Vignerons, ce sont les six édicules les plus proches du périmètre de la manifestation qui seront remis à neuf. Les sept restants attendront 2020. Objectif des travaux: faciliter leur entretien aujourd'hui difficile, limiter les déprédations et réduire les frais de fonctionnement. Des nouveaux locaux «handicapés» seront en outre mis en place où il n'y en a pas. A la charge de la Ville: 405'000 frs. Le Conseil communal doit encore se prononcer.

Dans le canton, Vevey était probablement la commune la mieux dotée en matière de lieux d'aisances, avec un édicule pour 942 habitants. Avec la fermeture de huit d'entre eux, ce chiffre descend à un pour 1'648. En comparaison, Renens, ville de taille et de population similaires, en compte un pour 1'843 personnes.

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