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L'insécurité : un sentiment ou une réalité ?

Blonay Nuisances, incivilités et vandalisme grimperaient en flèche, selon plusieurs habitants. Inquiets, 170 d'entre eux ont signé une pétition. Autre problème: l'école de Blonay-Saint-Légier, où plusieurs élèves «compliqués mobilisent la police avec des problèmes de drogue et de déprédations», selon la direction, qui demande l'engagement d'un éducateur de rue. Des mesures ont été prises, assure la Municipalité, qui craint une «stigmatisation des jeunes».

Parmi les mesures prises, des contrôles de police fréquents. (photo d'archives). DR

Gabriel Rego Capela

«Plus de sécurité à Blonay»! C'est l'intitulé de la pétition déposée au Conseil communal du 25 septembre, et transmise à la Municipalité, qui devra bientôt y répondre. Près de 170 signataires estiment que les services policiers sont insuffisants face aux délits et actes de vandalisme subis dans cette commune de 6'000 habitants. Ces méfaits seraient à la hausse et ne seraient pas pris en compte par les services de sécurité, «ce qui fait apparaître une fausse amélioration des statistiques de la criminalité», selon les pétitionnaires. Sur cette même thématique, le rapport annuel portant sur l'école de Blonay-Saint-Légier a aussi fait quelques remous. En cause, plusieurs élèves «compliqués», qui «mobilisent même la police avec des problèmes de drogue et de déprédations». La direction demande un éducateur de rue, mais l'idée ne fait pas l'unanimité. «Les bras m'en tombent!», s'est par exemple insurgé l'UDC Romain Belotti, qui préconise plutôt de mettre les «parents à l'amende», estimant que la collectivité n'a pas à payer pour ces jeunes trublions. L'élu dénonce un laxisme institutionnel et appelle à plus de fermeté de la part de l'établissement, comme des deux municipalités impliquées.

Baisse de tolérance

Blonay croule-t-elle sous l'insécurité? Non, conteste le municipal Bernard Degex, pour qui la pétition surestime les problèmes que doit affronter la commune: «Il faut s'entendre sur les termes: les incivilités sont souvent liées aux déchets urbains, voire à du bruit nocturne.» De plus, l'édile nie les insinuations de la pétition: «Tous les appels à la police sont dûment répertoriés et toutes les interventions de celle-ci sont notées.» Il n'y aurait donc selon lui pas de mensonge sur les chiffres. Ceux de la voirie les contrediraient même: «Il y a une forte diminution des déchets en lieux publics dans cette commune, par rapport aux dernières années.» Pour Bernard Degex, c'est le sentiment d'insécurité qui augmente, et non pas l'insécurité en tant que telle: «Globalement, la tolérance des uns et des autres a baissé.» Reste que des problèmes semblent exister, notamment avec certains jeunes de la commune, et de celle, voisine, de St-Légier. Le rapport sur l'école vient le confirmer. Mais des mesures ont été prises, assure le municipal: des contrôles plus fréquents, mais aussi la mise en place d'une commission consultative qui pourra être sollicitée sur les questions sécuritaires.

«Ne stigmatisons pas les jeunes»

Bernard Degex ne veut cependant pas céder à l'alarmisme: «Ne stigmatisons pas la jeunesse de notre commune, qui dans l'ensemble se comporte de manière citoyenne et exemplaire.» Il n'y a, tout au plus, qu'une quinzaine d'individus dans le viseur. C'est néanmoins suffisant pour éveiller les inquiétudes, dans une commune qui s'est plus d'une fois interrogée sur sa participation financière à l'Association Sécurité Riviera. L'un des pétitionnaires, le conseiller communal André Grivel, avait déjà interpellé la commune sur ce qu'il estime être une facture bien trop importante en comparaison des services fournis par l'ASR (voir encadré).

«La question de la sécurité ne sera pas close ce soir», comme le résume l'indépendant Sylvain Guillaume-Gentil. Celui-ci a demandé une intervention de Frédéric Pilloud, directeur de l'ASR, afin de pouvoir clarifier et la question sécuritaire et la question financière. La Municipalité est prête à organiser cette rencontre. Permettra-t-elle d'apaiser les craintes?

Date:11.10.2018
Parution: 920

Facture sécuritaire jugée trop chère

Blonay ne «retrouve pas forcément l'entier de ses intérêts» dans l'Association Sécurité Riviera (ASR), selon le rapport des délégués du Conseil communal à celle-ci. Certains chiffres tirés de ce document sont frappants: sur près de 16'000 interventions de police dans l'année 2017, seulement 550 ont été menées à Blonay. À cela vient s'ajouter le déséquilibre des comptes: si Blonay a prévu, dans son budget pour 2018, de verser près de 1,8 mio de frs à l'ASR, celle-ci, dans son propre budget, ne prévoit d'allouer que 1,5 mio à la commune. De quoi en énerver quelques-uns, des critiques auxquelles l'ASR avait déjà pu répondre dans nos colonnes (lire Le Régional 895)... Autre crainte, la Fête des Vignerons, qui aura lieu de juin à juillet prochain, risque d'alourdir les dépenses des dix communes de la plateforme, déplorent ces élus. Pour rappel, l'événement bénéficiera d'ailleurs d'un important rabais sur ses frais de sécurité, qui seront de 600'000 frs au lieu du 1,6 million estimé (lire Le Régional 918).

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