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Donner la parole aux habitants ? oui, mais...

Oron Près de 600'000 frs seront investis pour définir la future politique d'aménagement du territoire. Le débat se focalise sur la participation des citoyens durant la phase préliminaire du processus. La Municipalité veut ouvrir la discussion à la population, mais pas trop.

Outre l'aspect urbanistique, la révision du Plan directeur communal d'Oron comporte des enjeux économiques, sociaux, structurels et environnementaux. DR

Rémy Brousoz

«C'est l'occasion unique de prendre le pouls de la population et d'obtenir un consensus pour le futur développement de la commune». Le consensus, Jean-Luc Kissling s'est battu pour le trouver auprès de ses collègues du Conseil communal d'Oron. Lors de sa séance du 8 octobre, le législatif se prononce sur un crédit de 585'000 frs, nécessaire à l'élaboration d'un Plan directeur communal (PDCom) et à la révision du Plan général d'affectation (PGA) (voir encadré). S'il salue la qualité du préavis présenté par la Municipalité, l'élu de Grindor regrette un point: le flou qui subsiste autour de l'implication des citoyens au cours de la première phase, celle de l'étude préliminaire. Une étape fondamentale, durant laquelle sera élaborée la vision communale. «Cette phase initiale doit permettre de prendre en compte les souhaits et les besoins des habitants. Or, rien ne précise comment la population sera appelée à y participer, déplore-t-il. À l'image de ce qui se fait dans d'autres communes, on pourrait par exemple organiser des ateliers participatifs». Désirant une forme de garantie, Jean-Luc Kissling propose d'amender le préavis: la mention «large démarche participative de la population» doit y figurer noir sur blanc. Le débat est lancé.

Participation, oui, mais comment ?

«Nous y avons réfléchi, explique Olivier Sonnay, municipal de l'aménagement du territoire, mais il faut être prudent, car une trop large implication de la population peut devenir tentaculaire, les séances pourraient avoir tendance à se multiplier». Le vice-syndic se veut toutefois rassurant: «La nouvelle Loi cantonale sur l'aménagement du territoire impose une participation des citoyens, reste à savoir sous quelle forme. Sur les quatre bureaux candidats pour réaliser cette étude, tous prévoient des phases de consultation publique. Faites confiance à la Municipalité, nous jouerons le jeu». L'édile UDC tente alors une proposition: «Je trouverais bien qu'une commission permanente dédiée à ce projet soit créée au sein du Conseil communal. Elle aurait un rôle de courroie de transmission avec la population».

L'idée séduit, mais un parfum de méfiance flotte encore dans l'assemblée. «Ce sont les 25 prochaines années de la commune qui seront dessinées, la société civile doit absolument être interrogée, souligne la socialiste Monique Ryf. Vous nous dites d'attendre ce que proposera le bureau chargé de l'étude, c'est comme nous demander de signer un chèque en blanc!», s'exclame-t-elle.

Jusque-là timides, quelques avis contraires commencent à se manifester. Pour l'UDC Cédric Ottet, donner la parole à tout le monde relèverait de l'utopie. «C'est le rôle des conseillers communaux de se rendre dans les villages pour entendre ce que souhaite la population».

Proposition balayée de peu

Au terme d'une discussion nourrie, le moment est venu de décider du sort de la proposition de Jean-Luc Kissling. Et là, petite surprise: malgré l'apparence d'un large soutien, son idée est refusée à quelques mains levées près. En clair, rien ne sera ajouté au préavis, l'exécutif décidera à sa guise du degré d'implication des citoyens dans la phase préliminaire du processus. A l'heure du vote, le plénum accepte largement l'enveloppe de 585'000 frs; Oron peut s'atteler au vaste chantier de son futur visage. La mise à l'enquête publique du Plan général d'affectation est attendue pour 2021.

Date:25.10.2018
Parution: 922

Les principes phares pour 20 ans

Le PDCom est un document stratégique qui contient les principes phares à mettre en œuvre pour permettre l'évolution territoriale souhaitée par la commune. Définie lors de l'étude préliminaire, cette vision communale concerne les 15 à 20 prochaines années. Le PGA découle du PDCom et détermine de quelle manière le territoire communal peut être utilisé. Il doit notamment permettre de fixer le redimensionnement des zones à bâtir, en réponse aux exigences de la nouvelle LAT. Outre l'aspect urbanistique, cette révision comporte des enjeux économiques, sociaux, structurels et environnementaux. Et doit jouer un rôle fédérateur pour la «jeune» commune d'Oron, née de la fusion de dix localités en 2012.

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