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Une compétition qui a du chien

Ollon Les championnats suisses de chiens de troupeaux ont vu s'affronter les cinquante meilleures équipes du pays, du 19 au 21 octobre à l'Abbaye de Salaz. Reportage.

Perché sur une estrade, le berger dirige son chien à distance, à l'aide d'un sifflet ou à la voixDE

Valérie Passello

Sous le soleil automnal de ce vendredi matin, les bergers, bâton en main, arpentent les prés qui bordent l'Abbaye de Salaz, sur la commune d'Ollon. Un immense périmètre, de 600 mètres par 300, est clôturé. Ce sera le terrain de jeu, ou plutôt de travail, de leurs chiens. Pour la plupart, des Border Collie, qui scrutent leurs congénères déjà en action, manifestement impatients de s'y mettre aussi.

Débora Degen est la présidente du Groupement régional de la Plaine du Rhône, en charge de l'organisation de l'événement: «Il y a dix groupements régionaux au sein de la Société Suisse pour la formation des chiens de troupeaux, explique-t-elle. Nous faisons un tournus pour la mise sur pied des championnats suisses, qui n'ont donc lieu qu'une fois tous les dix ans dans notre région.»

Le vendredi et le samedi, pas moins de cinquante équipes, constituées d'un maître et de son chien, s'affrontent sur un même parcours. Le dimanche, les seize meilleures d'entre elles remettent le couvert, avec des règles encore plus exigeantes et davantage de moutons à conduire.

La précision au son du sifflet

Dans le pré, un chien de berger s'élance ventre à terre. Son maître et lui n'ont que quinze minutes pour accomplir leur mission. Venue de la région de Soleure, Caroline Meier participera aux championnats avec sa chienne Wisp, alors que son époux y prendra part aux côtés de Winky. Mais pour l'heure, cette éleveuse de 200 brebis et productrice céréalière observe ses concurrents sur le terrain.

Elle décrit: «Le berger donne ses ordres depuis une estrade, à l'aide d'un sifflet ou à la voix. Chacun à notre manière, nous avons quatre ordres de base: gauche, droite, stop ou avance.» Le chien doit aller chercher cinq moutons dans un enclos à 400 mètres de là et les ramener en ligne jusqu'au berger, en passant par des portes. «Il doit toujours rester du même côté: s'il tourne autour des moutons, l'équipe perd des points», précise l'agricultrice.

Avant de parquer les moutons dans un autre enclos, le berger rejoint son équipier à poils sur le terrain. Ensemble, ils devront séparer des autres les animaux portant un collier rouge. «C'est un exercice difficile, car le mouton a un instinct grégaire et parce que le rôle du chien est de rassembler les bêtes et non de les séparer», observe Caroline Meier.

Soudain, c'est la déception sur le pré: les quinze minutes sont écoulées. «Les participants conservent les points marqués jusqu'ici, mais ils ne peuvent pas terminer le parcours», indique encore la propriétaire de Wisp.

Pas de stress!

Au départ du parcours, les brebis semblent tout à fait tranquilles. Vêtue de l'uniforme rouge des organisateurs, la gardienne de l'enclos lance: «C'est justement le but. Les moutons ne doivent jamais être stressés.» Le tempo des brebis sera l'un des critères de notation de l'arbitre. Aux premières loges dans sa caravane, il jugera aussi la pureté des lignes, la conduite du troupeau et la réussite des différents exercices. Au total, les candidats peuvent décrocher 110 points. Mais les meilleurs atteignent en général 90 à 100 points au maximum.

La sérénité devra aussi venir du maître, puisque, même à distance, toute tension ou émotion peut être ressentie par le chien. Aux expressions captées ça et là sur les visages de certains candidats, attendant leur tour assis sur des bottes de foin, pas sûr néanmoins que la pression soit véritablement rayée de la carte.

Mais finalement, qu'est-ce qu'on gagne? Caroline Meier sourit: «La chance de participer et la rencontre avec les amis, même si l'esprit de compétition subsiste. On apprend également beaucoup de choses, comme «à lire les moutons», par exemple, puisque ce ne sont pas les nôtres. Nous avons commencé à participer à des compétitions parce que nous pratiquions déjà dans le cadre de notre élevage, avec nos huit chiens. Et nous y avons pris goût. Maintenant, c'est un peu comme une drogue!»

Date:25.10.2018
Parution: 922

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