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Il y a pile 100 ans, l'armistice mettait fin à la Grande guerre

Commémoration Le 11 novembre 1918, l'armistice termine quatre années qualifiées de grande boucherie entre la France et ses alliés anglais, américains, italiens, russes, serbes, contre l'empire austro-allemand. 2'939 engagés volontaires suisses tombaient au combat. Pour la première fois, un hommage leur sera rendu ce 10 novembre au cimetière du Bois de Vaux.

Signature de l'armistice par un peintre anonyme.DR

Nina Brissot

Même les films les plus réalistes n'ont probablement pas pu rendre le sentiment d'horreur et d'injustice qu'ont dû vivre les peuples au cours de ces quatre années de guerre. Dix millions de morts, vingt millions de blessés, la douleur, la faim, le froid et l'incroyable entêtement des armées à continuer à se battre dans de telles conditions. C'est pourtant arrivé, chez nous, il y a tout juste 100 ans. Et ce fut, au sens militaire du terme, la première guerre moderne avec l'arrivée des aéronefs, des avions de combat, des véhicules blindés et la motorisation des troupes. La première aussi avec des casques pour les soldats et des sous-marins de combat. Une guerre totale comme on disait alors. Soixante millions d'hommes y ont pris part tandis que les femmes de la grande guerre faisaient tourner l'économie ou étaient transformées en anges blancs pour tenter de raccommoder les corps souvent déchiquetés.

Près de 3'000 Suisses

Une tradition ancienne permettait au XVe et XVIe siècle à des soldats suisses de s'engager au service d'armées étrangères. Peut-être quelques réminiscences de cette coutume sont-elles réapparues au moment de la grande guerre? Toujours est-il que 2'939 soldats suisses engagés volontaires sont tombés au combat. C'est la première fois, un siècle après les événements, qu'une association française d'anciens combattants en Suisse va leur rendre hommage. L'archiviste de l'Union des Anciens Combattants Français (UACF), Daniel Golliez, a pu, grâce à un travail de bénédictin qui a duré plusieurs années, retrouver les noms de héros et les circonstances de leur décès. Un ouvrage relatant ces circonstances a été édité pour être remis aux descendants des soldats tombés au champ d'honneur pour la victoire de la France. Cette cérémonie qui se déroulera le 10 novembre au cimetière du Bois de Vaux à Lausanne (côté Maladière), verra le cortège conduit par une fanfare militaire partir à 11h vers le monument aux morts où se dérouleront la célébration du 100e anniversaire de l'armistice et l'hommage solennel aux 2'939 Suisses. Le drapeau sera salué à la sortie par les autorités civiles, diplomatiques et militaires.

L'Armistice

Pour signer un document de paix entre belligérants pour entériner une victoire et une défaite, l'exercice exigeait une discrétion à toute épreuve. Cela s'est fait dans un wagon de chemin de fer. C'était dans la forêt de Compiègne, département de l'Oise près du quartier général allié mais aussi près du front. Un wagon a été inclus au train et acheminé dans une futaie. Un second train a été aménagé pour abriter la délégation allemande. Les négociations ont été courtes, entre 5h12 et 5h20 du matin. Auparavant une séance avait eu lieu à 2h. L'armistice signée devait entrer en vigueur à 11h le 11 novembre. Toutes photos étaient interdites. Cependant, un cheminot a réussi à prendre quelques clichés. Une table et, face à face, pour les Alliés, le maréchal Foch, entouré de l'amiral de la flotte britannique Wemyss, du contre-amiral britannique Hope et du général français Weygand. Pour les Allemands, le ministre d'État Matthias Erzberger, le général major von Winterfeldt de l'armée impériale, le comte Alfred von Oberndorff des Affaires étrangères et le capitaine de vaisseau Vanselow de la marine impériale. Aux extrémités de la table se trouvaient l'officier interprète militaire français Laperche et le capitaine allemand von Helldorff. En retrait, le capitaine britannique Mariott et le capitaine allemand Geyer.

Date:01.11.2018
Parution: 923

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