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Probablement le vin du millénaire, mais pour qui ?

Viticulture Entre la grande distribution qui ne joue pas le jeu et la Confédération qui veut imposer des labels les plus sévères du monde, la Fédération Vaudoise des Vignerons est morose. Aux chapitres des petits bonheurs, une récolte qui va produire le vin du millénaire et une reconnaissance appuyée pour l'engagement de Pierre Keller, président sortant de l'OVV.

L'ambiance était plutôt morose lors de l'assemblée générale de la Fédération Vaudoise des Vignerons.

Texte et photo : Nina Brissot

L'inquiétude est latente. La consommation de vin baisse et la pression sur les prix se fait toujours plus pressante. Surtout de la part de la grande distribution qui, selon la Fédération Vaudoise des Vignerons (FVV), ne joue pas le jeu, ne fait pas de promotions magasins, mais garde les stocks pour faire baisser les prix sur la récolte suivante. Lors de ses assises tenues à Brent sous le couvert de la foire le 8 novembre, l'ambiance était plutôt à l'appréhension, d'autant plus que la Confédération prépare une réforme des labels. Or passer de l'AOC (appellation d'origine contrôlée) à AOP-IGP (appellation d'origine protégée et indication géographique protégée) va bouleverser le système en place des appellations. Un système de contrôle dont le vignoble vaudois était pionnier. Pour en parler, Philippe Herminjard, secrétaire de la FVV a emprunté une maxime à Confucius: «Se préparer au pire, espérer le meilleur et prendre ce qui vient», cependant, ce ne sera pas dans la joie.

Millésime d'exception

Mais si la vente laisse à désirer, la récolte, par contre, dépasse tous les paris, du jamais vu depuis belle lurette. Pour retrouver pareilles conditions météorologiques, il faut remonter à 1934, quant à la quantité, personne ne se souvient d'en avoir vu autant. D'ailleurs, Gilles Cornut, vice-président de la CIVV (Communauté Interprofessionnelle du vin vaudois) l'a relevé: «C'est une récolte extraordinaire. Rarement millésime ne fut aussi sain, riche en sucre et généreux en volume. Les estimations sont de plus de 30 millions de litres pour le canton de Vaud et pour la Suisse, nous parlons de 110 millions de litres. Soit 20 millions de plus que la consommation annuelle». Cependant, il souligne le revers de la médaille, car cette situation permet à la grande distribution d'attendre des baisses de prix tandis que les vignerons scrupuleusement attachés à l'écologie appliquée depuis plus de 25 ans continuent de voir leurs revenus s'éroder. Président de la FVV, François Montet renchérit: «Le marché va se durcir et nous nous y préparons. Nous repositionnons un vin rouge vaudois à valeur ajoutée et devons développer la promotion des ventes en Suisse alémanique». Directeur de l'Office des Vins Vaudois (OVV), Benjamin Gehrig relève quant à lui: «Amis vignerons, comptez sur nous pour promouvoir vos vins, mais répondez aussi à notre appel pour représenter à votre tour vos vins en Suisse alémanique».

Pierre Keller ovationné

La fin de cette année marquera la fin du mandat de Pierre Keller en tant que président de l'OVV. Or ce remuant personnage n'a pas toujours fait l'unanimité au sein du milieu viti-vinicole. Ses idées ambitieuses, sa volonté de faire autrement que les autres et surtout l'idée de donner aux asiatiques le goût du vin Suisse a fait avaler de travers à certains vignerons même les meilleurs crus. Or, à l'heure de bientôt lui dire au revoir, une cohésion jusque-là inexistante s'est dessinée et tous les intervenants de cette journée ont tenu à souligner l'immense travail effectué et les résultats obtenus. Même ceux qu'il a «bien agacés» en début de mandat, osent d'aucuns dans la salle, ont tenu a applaudir le chemin qu'il a fait parcourir à l'OVV et aux vins vaudois.

Date:15.11.2018
Parution: 925

Agroscope transféré?

La restructuration d’Agroscope et son possible déplacement à Posieux (FR) inquiète beaucoup les vignerons. Sans apporter de promesses fermes, le conseiller d’Etat, Philippe Leuba, a tenté de rassurer. Une décision sera prise par le Conseil fédéral le 29 novembre et, selon M. Leuba, la variante vaudoise, maintien à Changins, défendue par le conseiller fédéral Schneider-Ammann fait son chemin. Ce qui serait «une grande victoire pour le secteur primaire» a relevé le conseiller d’Etat.

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