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« Il n'y aura pas de building ici »

Maracon Pour le syndic Jean-Claude Serex, le rôle des autorités, c'est «d'être capable de remettre l'église au milieu du village et de prioriser les investissements», mais aussi de préserver le patrimoine.

«J'avais 26 ans lorsque je me suis engagé à la Municipalité. J'en ai 61 et je suis toujours aussi motivé», se réjouit Jean-Claude Serex.

Entretien et photo : Magaly Mavilia

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

> Je trouve normal de s'engager dans notre société et je suis plutôt proactif que dans l'attente que les choses se passent. J'ai été approché très rapidement pour faire partie de l'exécutif et j'avais 26 ans lorsque je me suis engagé en tant que municipal. C'était en 1984 et on peut dire aujourd'hui que je fais partie des meubles.

Syndic est une position exposée où l'on prend des coups, vous aimez ça ?

> Certainement pas, mais si on veut éviter d'en prendre, il faut être à l'écoute et donner des réponses objectives et pragmatiques. C'est l'une de mes devises: donner des réponses et proposer quelque chose. Honnêtement, je n'ai pas pris de coups depuis que je suis syndic. J'ai toujours essayé de les prévoir et pratiquement tous les projets que nous avons amenés ont abouti. Je suis convaincu de l'importance d'être à l'écoute des gens. Si l'on part avec une vision personnelle qui ne correspond pas à des attentes, c'est sûr que l'on va prendre des coups. Syndic est une position avancée, mais il ne faut jamais oublier que nous sommes des citoyens comme les autres et que nous pouvons nous aussi avoir des attentes. Le tout est de parvenir à les transmettre dans la collégialité, c'est cela le pouvoir. Et j'ai toujours travaillé dans cet esprit.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction ?

> Cela fait 18 ans que je suis syndic et il est vrai que c'est du temps libre personnel que je ne passe pas à la maison. C'est un autre rapport dans la vie globale, beaucoup de relations, d'élaboration de projets à mener à bien. Et tout cela me passionne. J'ai la chance d'avoir une épouse compréhensive et habituée à avoir un bougillon.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous ?

> La majorité des citoyens sont des consommateurs de services et ont des attentes personnelles sans avoir la vision globale du bien de l'ensemble de la communauté. Il ne s'agit pas d'avoir le dernier mot mais d'être objectif et pragmatique.

Le rôle des autorités et du syndic, c'est d'être capable de remettre l'église au milieu du village et de prioriser les investissements. Nous avons la responsabilité non seulement du maintien d'un patrimoine de qualité mais aussi de valeurs communes. Il n'y a pas de building à Maracon et il n'y en aura pas.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure ? une illusion ?

> Je ne considère pas que ma fonction soit du pouvoir en tant que tel mais un engagement qui me permet de défendre des valeurs et de faire avancer des projets, Je suis plutôt meneur que suiveur. Et le fait d'être devant permet de réaliser des choses. Un suiveur n'apporte rien. Mais proposer, c'est aussi les assumer. Avoir une certaine cohérence dans la vision des choses. Je suis convaincu du fonctionnement démocratique. La plupart des gens qui s'engagent politiquement le sont aussi dans les sociétés locales ou à d'autres niveaux et cela devient chronophage.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté ?

> J'avais 26 ans lorsque je me suis engagé à la Municipalité. J'en ai 61 et je suis toujours aussi motivé, même si la société devient un peu trop capricieuse et individualiste à mon goût.

Si vous n'étiez pas ou plus syndic, qu'aimeriez-vous être ?

> L'an prochain, je prends ma retraite professionnelle. Je suis une personne engagée dans divers domaines et projets et je vais continuer à le faire en y ajoutant quelques activités, comme le transport bénévole. Voyager? Oui, pour découvrir avec une vision d'enrichissement personnel de la vision du monde et de la relativité des choses. En Suisse, nous vivons dans un monde de nantis et nous avons des préoccupations de pays riches. Nous sommes des enfants gâtés et la plupart du temps ingrats envers ce que nous avons.

Date:15.11.2018
Parution: 925

Ses valeurs

Votre devise

Être optimiste, engagé, proactif et pragmatique. Voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.


Une réussite (personnelle ou politique)

Le maintien de l’autonomie de notre commune dans les discussions de fusion avec la commune d’Oron. Ce n’est pas une réussite personnelle, mais qui émanait de la majorité de la municipalité et du conseil général Bien sûr, je suis heureux d’avoir pu défendre un point de vue qui a été suivi. Personnellement, j’ai une vie bien remplie et j’ai pu réaliser une bonne partie de mes projets en famille, au niveau professionnel et personnel. Je fais de la musique, du rock et du chant et je peux dire que je suis un homme heureux.


Un échec

Honnêtement, je n’en ai pas eu.


Un lieu pour vous ressourcer

Mon local de musique dans ma maison.

 

Rockeur au grand coeur

Jean-Claude Serex est né le 11 juillet 1957. En couple, il a 4 enfants et vient d'être grand-papa d'une petite fille. «C'est un grand bonheur, une forme d'accomplissement dans la vie, parce qu'il y a une suite», avoue-t-il. Maître de travaux manuels et de sports depuis 40 ans, il aime la gym, l'athlétisme et le ski, mais surtout la musique: guitare et clavier. Du rock au chant avec le chœur Crescendo de Palézieux et le Jorat Gospel, la musique c'est ce qui le ressource le plus. Mais à l'entendre parler de son engagement en politique et dans la vie locale, on sent bien que son hyperactivité citoyenne est tout autant un plaisir pour lui que de chanter des chansons de Johnny avec son groupe de rock Gavuline.

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