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Black Friday: Noël avant l'heure

Commerces Avant l'effervescence des cadeaux de Noël, place à celle du Black Friday. Vendredi 23 novembre, de nombreuses enseignes Suisses proposeront offres et rabais, tant en magasin qu'en ligne. Une tradition venue d'Amérique et instaurée depuis peu en Helvétie. Avec succès, puisque l'an dernier, quelque 80 millions de francs auraient été dépensés sur internet par les consommateurs suisses, avec plus de 200 enseignes participantes. Pour cette année, les projections tablent sur des dépenses de 120 millions.

xy - stock.adobe.com

Daniella Gorbunova

Le 23 novembre, les commerces suisses vibreront sous la frénésie du Black Friday. Une opération marketing américaine liée à la fête de Thanksgiving, importée en Suisse en 2015, qui vise à promouvoir des offres d'achats avant le mois de décembre et la dernière ligne droite vers les fêtes de fin d'année. Lors de cet événement, de nombreuses enseignes proposeront offres et rabais, en magasin comme en ligne. Une occasion pour partir à la chasse aux bonnes affaires, sachant que les vitrines et les campagnes publicitaires des grandes enseignes affichent des offres souvent alléchantes. Mais limitées, nuance Sylvain Gaeng directeur de l'agence de communication B+G & Partners à Montreux: «Généralement, il y a seulement un produit ou une gamme de produits à la baisse, que le commerce vend à perte. Il fait cela en espérant que le client achète en même temps d'autres produits, qui eux sont margés normalement». Quelque peu critique, ce spécialiste du marketing assimile le Black Friday à une opération de soldes: «Il y a trente ans, nous avions des soldes qui étaient réguliers, c'est à dire les deux premières semaines de juillet et les deux premières semaines de janvier. Désormais, les soldes sont présents quasiment toute l'année». Reste que le Black Friday en fait partie et l'acheteur attentif y trouvera son compte.

Quel ancrage en Suisse?

Du côté des entreprises, le bénéfice est réel. Manor par exemple, qui communique à travers son siège social, affirme être très satisfaite de cette nouvelle coutume. L'enseigne y voit plusieurs avantages: «Il y a différents objectifs poursuivis par Manor avec la campagne Black Friday. Tout d'abord et principalement, nous souhaitons surprendre nos clientes et clients, souligne Sofia Conraths, chargée de communication. De plus, nous voulons leur offrir une expérience de shopping unique et les inspirer par des promotions et des offres exceptionnelles durant cette période».

Là où certains n'y voient que l'importation d'une tradition américaine sans ancrage en Suisse, Sofia Conraths est optimiste quant à l'efficacité et à la survie de ce nouvel usage commercial: «Le Black Friday s'est très bien établi dans le marché de détail suisse et les clientes et clients attendent ce jour avec impatience pour bénéficier des offres et des promotions spéciales. De manière générale, les clientes et clients se sont habitués à des journées ou périodes de promotions telles que le Black Friday (...). Ces tendances sont devenues universelles et sont attendues chaque année par les consommatrices et consommateurs». Quant aux chiffres, l'enseigne refuse de communiquer sur les bénéfices réalisés, mais affirme que «le Black Friday est un concept qui fonctionne et qui a fait ses preuves en ce qui concerne Manor». A noter que seuls les titulaires d'une carte Manor pourront profiter des rabais de la grande enseigne, qui iront jusqu'à 30%.

Les clés du succès

Aux USA, 5 milliards de dollars auraient été dépensés en 2017 par les consommateurs américains en une seule journée (voir encadré). «Je ne pense pas que ça marche aussi bien qu'aux Etats-Unis, pondère Anna-Maria Gentile, responsable marketing chez le concessionnaire automobile AMAG Lausanne. Le fait est que les gens s'attendent à de grands rabais, à des affaires exceptionnelles. Mais les commerçants suisses sont peut-être un peu plus prudents quant à leurs offres. Nous essayons par exemple de faire des rabais sur des véhicules que nous avons en stock, que les gens peuvent récupérer de suite».

Ce sont donc surtout les grandes enseignes, à l'exemple de Manor, qui semblent attirer de véritables marées humaines à l'approche de ce genre de promotions. Et la clé du succès de cette journée réside davantage dans les produits proposés, les rabais de taille n'étant pas à la portée de tous les commerces. Ainsi, les magasins qui offrent de larges gammes d'objets de consommation sont avantagés dans ce type de pratiques commerciales.

Date:22.11.2018
Parution: 926

« Fair Friday », une démarche solidaire

Prenant le contre-pied du Black Friday, Payot lance une opération solidaire pour sensibiliser et mobiliser les consommateurs dans la lutte contre la pauvreté. Les 23 et 24 novembre, toutes les librairies Payot, ainsi que les magasins Nature & Découvertes et ving-deux autres enseignes proposeront à leurs clients d'arrondir le montant de leurs achats au profit de Caritas et de son projet «Pauvreté, faisons-la disparaître!». Les fonds seront utilisés dans le cadre du programme de formation et d'insertion professionnelle de l'organisation à but caritatif. Selon Caritas, plus d'un demi-million de personnes, dont environ 100'000 enfants vivent en situation de pauvreté en Suisse (2016).

A l'origine, une histoire de bouchons routiers

Venu tout droit des Etats-Unis, le Black Friday (littéralement vendredi noir) se déroule habituellement au lendemain de la fête de Thanksgiving – toujours un vendredi. Mais contrairement au repas, qui célèbre traditionellement les récoltes, le Black Friday relève moins d'une tradition que d'un coup d'envoi pour les emplettes de fin d'année, comme le révèlent ses origines.

Apparu pour la première fois en 1951 dans les médias américains, le terme Black Friday arborait d'abord une connotation négative. Il désignait les bouchons sur la route, ou encore les marées humaines en ville lors d'un weekend prolongé qui contenait à la fois le repas traditionnel et la réalisation des achats de Noël. Puis, les commerçants se sont saisis du terme pour désigner le passage de leurs comptes, encore écrits à la main, du rouge au noir à cette occasion. Ainsi, le Black Friday permettait aux commerces de réaliser la plus grande partie de leurs bénéfices annuels. En 2017, 5 milliards de dollars auraient été dépensés par les consommateurs américains en un seul jour, lors de ces soldes.

L'Hélvétie rejoint la frénésie des américains sur le tard. C'est en 2015 que Manor instaure la pratique du Black Friday. Les autres commerces Suisses, des grandes chaînes aux petits magasins locaux, ne tarderont pas à suivre la tendance. En 2017, selon Le Temps, quelque 80 millions de francs auraient été dépensés sur internet par les consommateurs suisses. Avec plus de 200 enseignes proposant des offres en ligne. Et 120 millions pourraient être dépensés cette année, avec en tête de la liste de courses des confédérés les produits électroniques et les articles de mode.

Aujourd'hui, de nombreux sites internet proposent des «astuces» pour profiter au mieux des offres, que ce soit sur internet ou en magasin. Et si les grands groupes restent sur le devant de la scène, désormais les petites boutiques tentent également de tirer leur épingle du jeu.