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« Il nous reste à faire comme les gilets jaunes ! »

Paudex L'adoption d'un budget déficitaire de près de 2,8 millions malgré une hausse de 6,5 points d'impôts provoque d'importants remous parmi les élus, à la fois révoltés, dissipés et difficiles à maîtriser. Ambiance.

Une certaine révolte gronde parmi les élus, certains comparant même leur sort à celui des manifestants français. FR3 régions

Nina Brissot

L'administration cantonale a dû avoir quelques sifflements d'oreilles le 19 novembre. Déplacé à Pully pour cause de rénovation de sa salle à Paudex, le Conseil communal est agité. En cause un budget très largement prétérité par les ponctions cantonales de la péréquation, lesquelles se montent à 2,9 millions sur un budget de 15 millions. Résultat: une perte présumée de 2,788 millions, alors même qu'une hausse d'impôts de 6,5 points venait d'être votée, le 1er octobre. «Un pareil déficit laisse pantois, s'écrie Olivier Maillard, président de la Commission des finances. La péréquation intercommunale représente 87,50% des produits d'impôts budgétés, il reste donc à la commune 1,078 million, alors que les seuls frais de personnel et d'assurances s'élèvent à 1,138 million. Peut-on encore parler d'autonomie communale?»

« Indécent, irréaliste »

Et le président de poursuivre: «La Commune doit emprunter pour le budget de fonctionnement. Or un emprunt ne sert jamais à cela». Olivier Maillard relève également le gouffre des frais de fonctionnement et d'études. Notamment ceux liés au projet d'agglomération Lausanne Morges (PALM), et de sa partie Est, le Schéma directeur de l'Est lausannois (SDEL). «Tout est prétexte à des études, où sont les résultats? Il est temps de dire Stop, fermement, à tous ces millions qu'on engloutit pour occuper des technocrates», tonne-t-il.

Dans la salle c'est le brouhaha. «Indécent, irréaliste, le taux unique a été refusé par le peuple, il revient par la bande, il ne nous reste plus qu'à faire comme les gilets jaunes.» Les commentaires fusent, les conseiller parlent entre eux, le Président, Jean-Philippe Chaubert doit rétablir le calme.

Pas d'autre solution

Serge Reichen, syndic qui vit sa dernière séance, et son successeur Fahrad Kehtari expliquent tour à tour que divers engagements, notamment ceux liés au PAML, sont pris de longue date et qu'il n'y a pas d'autre solution que de les respecter. «A Paudex, nous sommes particulièrement soucieux de ne pas dilapider l'argent public, relève encore le syndic et pour chaque franc dépensé, une réflexion a eu lieu en amont». Le municipal Jean-François Spring explique que certains bâtiments doivent être rénovés car «nous avons été un peu paresseux ou frileux ces dernières années. Il faut maintenant rattraper».

Mais l'ensemble du Conseil reste sur un sentiment d'injustice qu'une commune, considérée comme riche, soit mise à contribution au point de devenir pauvre. Au vote, le budget déficitaire est finalement accepté avec un seul refus et 4 abstentions.

Date:29.11.2018
Parution: 927

Adieux émouvants au syndic

Surprise pour Serge Reichen, son collège municipal lui a préparé une projection souvenir mettant l'accent sur tout ce qu'il aime et n'aime pas. Sans oublier sa phrase fétiche revenant à chaque changement d'image ou de période. Outre ses valeurs de base que sont la famille et le respect de l'armée, son goût immodéré pour la petite reine lui a valu quelques compliments bien appuyés. Sur le plan politique, il est entré au Conseil communal en 1994, à la Municipalité en 2006, puis est devenu syndic en 2011. La soirée s'est achevée devant un apéritif dinatoire bienvenu, les émotions ayant creusé les estomacs.

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