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Allô Mister Proper, ici Cully Jazz

Nuisances Répondant aux plaintes des habitants, organisateurs du festival et autorités lancent une série de mesures: «poubelles boys» en battue, hotline téléphonique, places de parc privées surveillées, macaron de parking pour les habitants et davantage de WC.

Des battues seront effectuées par des «Poubelles Boys» pendant et après les concerts. S. Bovard

Magaly Mavilia

Si le Cully Jazz Festival est inscrit au patrimoine immatériel du Canton de Vaud, il ne l'est pas dans tous les cœurs des Culliérans. Les fenêtres et les nerfs vibrent jusqu'au petit matin, étrons et autres joyeuseries jonchent les rues et même les jardins privés. Après neuf jours de fête, les habitants sont harassés. Le 25 octobre, la Municipalité invitait, via La Feuille de Bourg-en-Lavaux, les riverains et habitants de la commune à une discussion autour des mesures à prendre. Cette rencontre ouverte à tous a eu lieu le 20 novembre à la salle Davel à Cully dans une atmosphère étonnamment collégiale. L'ambiance était aussi aux partages d'idées. «Le gros problème ce sont les cigarettes. C'est vraiment un enfer», peste Lionel Regamey, responsable développement durable au sein du Cully Jazz. Pour faire face à cette pollution, une sous-commission propreté a été créée et des battues seront effectuées par des «Poubelles Boys» pendant et après les concerts.

Nettoyage sur appel

Si un jeune homme dort dans votre jardin une cannette à la main, composez le 021 799 99 00. Plus sérieusement, Elise Pasquier, administratrice du festival, informe qu'une ligne téléphonique est à disposition des habitants en cas de problème. Incivilités, déchets sauvages, ou autres, elle insiste: «N'hésitez pas à nous appeler ou à passer à nos bureaux». Comme l'ensemble des organisateurs du festival, l'administratrice souhaite régler certains problèmes, qui ne leur appartiennent pourtant pas. «Ce n'est pas notre rôle d'éduquer des gens», grince Jean-Yves Cavin, co-directeur du Cully Jazz, tout aussi agacé par le phénomène que les habitants. Comment en effet réagir face à l'incivilité de jeunes qui viennent au festival avec leurs boissons et leur musique en bandoulière. Ils profitent de l'ambiance mais ne consomment rien sur place et finissent à point d'heure en dansant sur des rythmes endiablés.

Trois ans de mécontentement

«L'édition 2018 a été un grand succès», annonce Jean-Paul Demierre municipal de la sécurité et des manifestations à Bourg-en-Lavaux. Mais quelle surprise de recevoir, le 23 mai, une liste de doléances émanant d'une trentaine de personnes. «C'est la troisième année que les gens se plaignent», confiait alors au Régional le syndic Jean-Pierre Haenni. En tout, quatre lettres ont été envoyées, deux individuelles, une signée par onze personnes et la dernière, dont Le Régional a obtenu copie, émanant d'un collectif d'une quinzaine d'habitants (lire Le Régional 913).

« Silence, on dort »

Une participante se plaint du bruit des voitures. Le problème n'est pas juste local, et s'il est légiféré, pour les concerts comme la circulation, les habitants estiment que le seuil de tolérance est dépassé. Mais le seuil de tolérance lui n'est pas légiféré. Que dire de ces voisins qui festoient jusqu'à 2 heures du matin ou du petit dernier qui s'exerce à la batterie?. Que dire de neuf jours de fête qui, comme le rappellent en chœur la municipalité de Bourg-en-Lavaux et les organisateurs du Cully Jazz Festival, rapporte quelque 400'000 frs aux vignerons pour des retombées économiques estimées à 5 millions?. Sans parler du plaisir de déguster gratuitement près de 110 concerts sur 150.

Date:29.11.2018
Parution: 927

Cuvée 2019 propre en ordre

250 personnes côté festival et près de 70 personnes côté Municipalité et sécurité. On ne peut pas dire que la commune et les organisateurs du Cully Jazz ne mettent pas les moyens pour que tout se passe bien. Mais, tenant compte des plaintes émises, la sécurité ainsi que d'autres mesures seront renforcées pour la prochaine édition qui aura lieu du 5 au 13 avril.

Le montage des tentes sera accéléré afin de libérer l'espace public. De même le problème de parcage sera pris en main et un macaron sera distribué aux habitants afin qu'ils puissent parquer au centre-ville, voire dans les environs. La commune dispose en effet de 1'000 places de parc en plus des parking pour une affluence de 12'000 festivaliers. «Pourquoi pas une offre train-billet?, demande un participant. Une opération bien trop onéreuse, déplore le comité du Cully Jazz, qui ne baisse toutefois pas les bras. Parmi les autres mesures, des places de parc privées seront protégées, il y aura davantage de toilettes et, pourquoi pas, des panneaux qui indiqueraient: «Merci de respecter les habitants».

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