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Ils veulent sauver leur bus

Vionnaz Deux pendulaires s'insurgent contre la suppression de la ligne de bus reliant Saint-Gingolph à Aigle, dès le 9 décembre. Ils lancent une pétition demandant son maintien.

Alain Renaud (à g.) et Maurice Fracheboud estiment que leur village mérite une meilleure desserte en transports publics.

Texte et photo: Valérie Passello

Deux jours seulement après sa mise en ligne le 21 novembre, la pétition lancée par Maurice Fracheboud et Alain Renaud avait déjà recueilli plus de 700 signatures. En cause, la suppression dès le 9 décembre du bus 12.141, assurant jusqu'ici le parcours Saint-Gingolph-Vionnaz-Aigle. Alain Renaud confie: «Lorsque j'ai consulté les nouveaux horaires, j'espérais qu'il y ait une course supplémentaire pour rentrer le soir. J'ai été très surpris de voir que toute la ligne avait été sacrifiée au profit de la liaison Monthey-Villeneuve, desservant le futur Hôpital Riviera-Chablais. Ces deux bus devraient pourtant être complémentaires.»

Pour Maurice Fracheboud, le succès de la pétition est révélateur: «Les gens en ont marre de la médiocrité des transports publics dans le Chablais et l'expriment en signant la pétition. L'offre actuelle est déjà insuffisante et voilà qu'en supprimant cette ligne, le temps de parcours des pendulaires qui se rendent à Lausanne, par exemple, sera rallongé d'une vingtaine de minutes. Soit près d'une heure par jour en comptant l'aller-retour!», tempête-t-il.

Une faible fréquentation

Aux yeux de Stefan Burgener, responsable des transports au Service de la Mobilité du canton du Valais, ces arguments ne tiennent pas: «En moyenne, seulement douze personnes prennent quotidiennement le bus à Vionnaz, dont quatre le matin. Ces gens pourront toujours emprunter la ligne Torgon-Aigle, qui est maintenue. De plus, contrairement au discours alarmiste tenu dans la pétition, l'offre sera considérablement améliorée. Aujourd'hui par exemple, il y a quinze relations entre Vionnaz et Lausanne. Dès le 9 décembre, il y en aura trente-quatre», calcule-t-il.

La suppression du bus 12.141 vise aussi à éviter un doublon avec le chemin de fer RER St-Gingolph-Monthey. Mais que dire alors du bus d'Agglo, qui reliera Monthey à Aigle, doublant, là aussi, la desserte déjà assurée par l'AOMC? Réponse de Stefan Burgener: «Ce sont les communes de Chablais Agglo qui ont décidé, ensemble, de financer ce bus. Celui reliant Saint-Gingolph à Aigle est à la charge de la Confédération et du Canton.»

Maurice Fracheboud, lui, interprète la question de la fréquentation tout à fait différemment: «L'Etat devrait encourager l'utilisation des transports publics avec une offre digne de ce nom. Or, alors que la population augmente partout dans le Chablais, on supprime une ligne! Pas étonnant que les gens prennent leurs voitures.» Quant à l'argument du doublon, Alain Renaud le conteste aussi: «Ça ne correspond pas aux besoins des pendulaires, qui doivent se rendre à Aigle, point de ralliement de la ligne du Simplon, pas à Villeneuve.»

Discussion possible ?

Quel que soit le succès de la pétition, qui devrait être remise au Service de la Mobilité au début décembre, l'avenir du bus 12.141 est bel et bien scellé, selon Stefan Burgener: «Dans le nouvel horaire du 9 décembre, cette ligne est supprimée, il n'est pas possible de la maintenir. Mais il est encore envisageable d'analyser, en partenariat avec la commune, les prestations futures du bus Torgon-Aigle.»

De leur côté, les pétitionnaires espèrent obtenir le soutien de leurs autorités communales: «L'association des communes du Haut-Lac vient d'être créée et j'estime qu'elle devrait faire front commun dans ce dossier. Sur la question des transports, il y a un problème de solidarité dans le Chablais», conclut Maurice Fracheboud.

Date:29.11.2018
Parution: 927

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