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Epalinges joue au ping pong

Urbanisme Avec plus de 1'500 signatures récoltées en un peu moins d'un mois, le comité référendaire opposé au plan de quartier du Closalet - 165 logements pour 365 habitants - a réussi son pari. Un vote populaire devrait avoir lieu début 2019, sous réserve de la validation des paraphes. Les deux camps se renvoient déjà la balle avant même le lancement de leurs campagnes.

Au sein de ses 10 immeubles dédiés à l'habitat, le Closalet abritera 165 logements pour 365 habitants. RDR & associés SA à Lausanne

Xavier Crépon

«Nous ne sommes pas surpris du résultat, ce référendum était attendu, annonce Maurice Mischler, syndic d'Epalinges. Les signatures doivent encore être officialisées, mais il devrait y en avoir suffisamment pour un vote de la population au début de l'année prochaine». Avec plus de 1'500 signatures déposées à la Maison de Commune le 14 novembre, le comité référendaire soutenu par l'Association pour un Développement Raisonnable d'Epalinges (ADeRE) a envoyé un signal fort à sa Municipalité. Il ne veut pas d'un plan de quartier «qui ne s'intègre pas dans son environnement et qui générerait un surplus excessif de trafic dans la commune.»

Qui dit vrai ?

«C'est une bonne chose que les Palinzards puissent se prononcer sur ce plan de quartier - 165 logements pour 365 habitants. Epalinges leur appartient avant tout, estime Maurice Mischler. Après il faut encore qu'ils soient correctement informés.» Le syndic dénonce une présentation des faits «fallacieuse» par les opposants lors de la récolte des signatures. «Ils ont annoncé qu'avec ce projet, plus de 1'000 voitures viendraient inonder quotidiennement Epalinges. Ceci est faux. Les deux tiers des véhicules du Closalet entreront et sortiront par la route de Berne sans arriver sur le réseau routier de la commune.» Même son de cloche de la part des promoteurs qui réprouvent également le message des référendaires. «Les opposants ont émis clairement des éléments erronés, affirme Olivier Perrin, secrétaire de la Fondation de prévoyance Crédit Agricole Indosuez. Ils ont présenté le projet avec un dessin montrant des tours urbaines alors que les habitations seront de trois ou quatre niveaux maximum sur la quasi totalité du quartier.

À toi, à moi

Tout cela est loin d'être vrai selon Christian Terrier, élu PLR et membre du comité référendaire: «Nous contestons le plus fermement avoir communiqué des faits erronés à la population. En revanche, il est vrai qu'il déplaît à la Municipalité et aux promoteurs que nous mettions en évidence les nombreux problèmes qui ont été occultés.» À commencer par le mouvement de véhicules. «Ils se gardent bien de faire état des 1'000 mouvements quotidiens qui seront générés par le quartier. Une part importante de véhicules transiteront par un autre axe que la route de Berne. Nous pouvons déjà le constater aujourd'hui, de nombreux conducteurs cherchent à éviter ce tronçon systématiquement saturé».

Au vu de la situation, Christian Terrier estime qu'une grande partie des véhicules du Closalet feront de même en sortant sur les chemins du Polny et de Montéclard situés à l'opposé. Le PLR va même plus loin en dénonçant les discours accrocheurs des promoteurs et de la Municipalité. «Ils jettent de la poudre aux yeux des palinzards en leur promettant que ce plan de quartier s'inscrira harmonieusement dans son environnement naturel. C'est tout l'inverse. Les constructions prévues écraseront complètement le milieu tel un véritable écran de béton posé devant et derrière les villas existantes.»

Maurice Mischler ne partage pas le même avis. «Ce plan de quartier a été mûrement réfléchi et négocié avec les promoteurs. Nous ne sommes pas pour des constructions à tout va, mais celles-ci s'inscrivent dans l'intérêt commun et respectent leur environnement. Il est même prévu de replanter plus d'arbres qu'il y en a actuellement».

Retour à la raison

Plus d'un an après son acceptation par le législatif, ce plan de quartier déclenche toujours autant les passions d'un côté comme de l'autre. Le syndic tient désormais à calmer les esprits. «Malgré les avis divergents des promoteurs et des opposants, nous espérons que leurs campagnes respectives resteront raisonnables ces prochains mois.» La Municipalité présentera également les tenants et aboutissants du plan de quartier via ses canaux de communications. «Dans le contexte politique actuel (cf. Tolochenaz et Moutier), nous ne pouvons pas nous permettre des vices de forme. Nous donnerons ainsi la parole à toutes les parties et prendrons nos précautions pour communiquer dans les limites de ce qui est prévu par la loi», assure le syndic.

Date:29.11.2018
Parution: 927

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