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La peine de mort, parlons-en !

Monthey À l'occasion de la journée mondiale «Villes pour la vie- villes contre la peine de mort» du 30 novembre, les élèves du cycle d'orientation ont été sensibilisés à cette problématique durant une semaine.

À l'instar d'autres édifices dans plus de 2'000 villes du monde, le Théâtre du Crochetan s'est illuminé dans le cadre de l'action «Villes pour la vie»

Texte et photos: Valérie Passello

Il est huit heures du matin. Une vingtaine d'ados entrent en classe, les yeux encore un peu embrumés de sommeil, pour une matinée bien particulière. Mais le marchand de sable ne tardera pas à s'éclipser. «Si je vous dis qu'en 2018, des enfants ont été condamnés à mort en Iran pour avoir volé des téléphones portables, vous me croyez?», demande Joëlle Luisier, coordinatrice en éducation aux droits humains chez Amnesty International. Incrédulité, regards choqués dans l'assemblée. En ce 29 novembre, la réalité du monde s'invite crûment à la porte du Cycle d'orientation (CO) de Monthey. Mais l'adjoint de direction Jean-Jacques Guenzi rassure: «On n'entre pas sans prévenir dans un sujet tel que la peine capitale. Les élèves ont eu droit à une préparation en amont, avec des brochures pédagogiques. Parmi nos étudiants, nous avons environ 30% d'étrangers, à qui ce thème parle peut-être plus qu'à d'autres. Mais dans tous les cas, il est intéressant de se rendre compte de cette problématique.»

Que faire de plus?

L'an dernier, Monthey a décidé de rejoindre le mouvement «Villes pour la vie – villes contre la peine de mort», amenant son soutien symbolique par l'illumination, le 30 novembre, du Théâtre du Crochetan. Cette opération a d'ailleurs été rééditée cette année. Directeur du CO, Nicolas Rey-Bellet raconte: «Un groupe d'enseignants appartenant à Amnesty International s'est demandé ce que nous pouvions faire de plus.» Ainsi est née l'idée de faire participer quelque 520 élèves de 12 à 15 ans, pendant une semaine, à une réflexion sur la peine de mort, à travers une exposition et des ateliers.

Dans la classe, les questions fusent: «Les sentences de mort sont-elles toujours prononcées lors de procès équitables?», «En 2017, combien de personnes ont-elles été innocentées après avoir été condamnées à mort?», «Quels sont les délits pouvant mener à la peine capitale?». Les ados sont invités à y réfléchir en groupe, souvent surpris de ce qu'ils apprennent. «C'est triste de se dire qu'on est moins bien défendu si on n'a pas d'argent», réagit un élève. Egalité, discrimination, racisme, droits humains ou encore liberté d'expression seront autant de thèmes abordés. «Nous pensons reconduire l'opération chaque trois ans. Ainsi, tous les jeunes Montheysans auront, au moins une fois, eu l'occasion de réfléchir à ces questions», conclut Nicolas Rey-Bellet.

Date:06.12.2018
Parution: 928

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