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Budget 2019 refusé à Vevey : « La belle audace a disparu... »

finances Partagé, le Conseil communal ne valide pas le budget 2019, avec excédent de charges de 9 millions. Les critiques fusent contre un Exécutif miné par les guerres intestines. Un nouveau débat est prévu le 31 janvier. Investissements et engagements de personnel sont bloqués.

Budget 2019 refusé à Vevey : « La belle audace a disparu... »

Amit Juillard

L'heure fatidique approche, il est près de 23h ce 13 décembre. La syndique verte Elina Leimgruber tente un baroud d'honneur devant un Conseil communal fatigué par près de sept heures de débats (en l'espace de deux séances) et lassé par les guerres intestines qui minent l'Exécutif. «Ne pas voter ce budget donnerait une image déplorable de notre ville. Vevey a besoin d'un budget.»

Tout commence le 5 novembre. En conflit depuis plus d'un an, la Municipalité projette un déficit de 9 millions pour 2019. Certes, il y a 5,4 millions de charges sur lesquelles elle n'a pas d'emprise. Mais, comme le révélait Le Régional le 21 novembre, la Commission des finances (Cofi) grinçait déjà lors de ses délibérations. En cause notamment, la création de treize nouveaux postes de travail. Au vu de l'ambiance exécrable au sein du collège, plusieurs commissaires doutaient que ce budget soit le fruit d'un consensus. Comme si les édiles attendaient l'arbitrage de la Cofi. Au vote final, avant même sa dernière réunion agendée et après vingt heures de travail, celle-ci balayait le budget par 11 voix contre 2. Seuls les membres du parti d'extrême gauche Décroissance-Alternatives (DA) l'avaient accepté.

Discussions houleuses

Prise de cours, la Municipalité décide alors d'amender son propre préavis peu avant le Conseil communal du 6 décembre. Huit des treize nouveaux postes sont notamment supprimés. Mais la pilule passe mal chez les élus. A la tribune ce soir là, Werner Riesen, président UDC de la Cofi, se fâche: «Je déplore l'attitude de la Municipalité. Les postes qui étaient indispensables sont devenus superflus du jour au lendemain!» Au cours des discussions parfois houleuses, leurs suppressions sont validées les unes après les autres. Seul DA s'y oppose à chaque fois. L'excédent de charges est ramené à 7 millions au terme de la deuxième session, le 13 décembre.

A l'heure de voter, les mines sont sévères. «Les amendements municipaux ne changent pas fondamentalement la donne», constate Bastien Schobinger (UDC). Le PLR agite le spectre d'une nouvelle hausse d'impôts et demande un budget «base zéro» pour repartir du bon pied. Même DA a retourné sa veste: «En Cofi, nous avions salué le courage de la Municipalité qui ne se laissait pas impressionner par les charges apparentes, rappelle Laurent Lavanchy. Mais la belle audace a disparu.» Les socialistes partent divisés. Les Verts et Vevey Libre disent oui.

Moment grave

«C'est un moment grave pour notre institution, avertit Etienne Rivier, municipal PLR des finances. Un refus provoquerait une gêne importante dans tous les services et les retards augmenteront. C'est le budget 2018 qui serait le cadre financier pour 2019. Tout investissement ou engagement de personnel seraient exclus. Y compris le personnel exigé par le Canton. Pour les ressources humaines, cela signifie aussi l'impossibilité d'accorder la compensation de l'inflation aux employés communaux.»

Après recomptage des bulletins secrets délivrés, le résultat tombe: par 34 voix contre 34 et 8 abstentions, le budget est refusé. Sachant que, lors d'un vote à bulletins secrets, c'est le non qui l'emporte en cas d'égalité.

Vote de défiance

Le grand argentier perd son sourire, mais le retrouve rapidement: il y aura un second débat le 31 janvier 2019. «Je suis déjà très fier de ce 34 contre 34, glisse Etienne Rivier au Régional. Lors de mon intervention, j'ai mis l'accent sur les conséquences, ça a stressé les gens.» Pour mémoire, la Ville était déjà restée un mois sans budget en 2013. Reste que ce désaveu rime avec vote de défiance. En coulisses, certains vont plus loin: une partie du Conseil communal souhaite pousser les municipaux à la démission.

Date:20.12.2018
Parution: 930

La peur des gilets jaunes

Les bruits de l'après-midi se confirment au Conseil communal ce 13 décembre. A l'unanimité, l'Exécutif retire son préavis sur l'extension des horaires d'ouverture des magasins le samedi. «Nous avons reçu une lettre d'Unia qui nous demande un dernier entretien, explique Etienne Rivier, municipal PLR. Cela a poussé la Municipalité à ouvrir une fenêtre de négociation.» Une pétition a également été remise au collège, qui n'en connait toutefois ni le titre ni le nombre de signatures. «Ensuite, poursuit-il, les événements de violence liés au mouvement des gilets jaunes nous ont inquiétés.» La menace de référendum (lire Le Régional 928) a-t-elle pesé dans cette décision? «Je ne crains pas un référendum et, s'il y en a un, c'est peut-être même utile. Mais je préfère une discussion entre gens de bonne volonté», confie Etienne Rivier au Régional après la séance.

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