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De l'or noir dans la tirelire communale ?

La Tour-de-Peilz Les partenaires financiers de la commune sont-ils respectueux de l'environnement? interrogent les Verts. En cause notamment, les engagements auprès d'Holdigaz, la Romande Energie et la Caisse de Pensions.

Rémy Brousoz

Le débit est rapide, la voix presque timide. La vingtaine à peine, Paul Castelain se montre combatif, ce 12 décembre, au moment de défendre son postulat devant le Conseil communal. L'enjeu est de taille, puisque par sa démarche, le membre des Verts souhaite bousculer des habitudes financières en vigueur depuis des lustres. Inspiré par le mouvement du désinvestissement des énergies fossiles, il demande à la Municipalité d'étudier de nouvelles pistes en matière de stockage et d'emprunt des deniers publics. «En accord avec ses valeurs de respect de l'environnement, La Tour-de-Peilz se doit d'être partie prenante de la transition énergétique», écrit-il dans son texte. Ses suggestions? Placer la trésorerie communale dans des institutions qui contribuent peu à l'économie carbonée, comme la Banque Alternative Suisse, ou contracter des emprunts en priorité auprès d'organismes écoresponsables. Autre proposition: «L'exécutif devrait inciter la CIP (réd: Caisse Intercommunale de Pensions, filiale de Retraites Populaires) à appliquer une politique d'investissements respectueuse de la nature».

Ex aequo dans la Commission

En novembre dernier, la proposition est décortiquée par une Commission du législatif. Selon son rapport, Jean-Pierre Schwab, municipal PDC des finances, en profite pour affirmer qu'une analyse complète du service a été effectuée, «non seulement sous l'angle de la rentabilité, mais également avec une vue sur le développement durable». Et le grand argentier de passer en revue tous les partenaires financiers de la commune, ainsi que leurs divers engagements en la matière. À demi convaincus, une partie des commissaires souhaitent «plus de transparence de la part de certaines entités, principalement Holdigaz, Romande Energie et la CIP». C'est d'ailleurs autour de cette dernière que la discussion se resserre. Alors qu'un élu évoque l'idée d'un changement de caisse, un autre rétorque: «Les bénéficiaires de petites rentes sont plus sensibles au montant perçu mensuellement qu'à une gestion basée sur les critères du développement durable». Au vote, la Commission est à trois contre trois. Au président de trancher, le PLR Kurt Egli, qui refuse le postulat.

CIP dans le collimateur

Retour à la séance du 12 décembre, durant laquelle le sort du texte doit être fixé. À la tribune, Paul Castelain tire ses dernières cartouches. Et il est toujours question de la CIP: «Nous aimerions que la Municipalité se procure les rapports d'audits environnementaux de cette caisse de pension. Refuser d'aller chercher ces documents, c'est se restreindre à statuer les yeux bandés». Contre-attaque du PLR, qui envoie Guy Chervet au pupitre. «La CIP est une institution autonome, lance d'une voix courroucée le cador de la formation libérale-radicale. Je vois mal chaque conseiller communal lui dicter des principes de placements». Et l'élu d'assurer que, le cas échéant, de mauvais choix seraient faits. «Qui sont, parmi les entreprises d'Europe, celles qui investissent le plus dans les énergies renouvelables? Les rapports de certaines grandes firmes pétrolières le montrent: elles mettent le paquet dans ces domaines. Car c'est dans leur intérêt!». En clair, pour l'élu PLR, être actionnaire d'une société qui investit dans les énergies fossiles ne va pas forcément à l'encontre de l'écologie. Fin de la joute verbale, l'heure est au vote. Verdict: le postulat de Paul Castelain est largement rejeté par le plénum. Comme un remake de David contre Goliath...

Date:20.12.2018
Parution: 930

Budget déficitaire

• Total des charges:

72,7 mios

• Déficit:

1,1 mio

• Autofinancement:

-205'260 frs

• Investissements:

11,5 mios

Un geste pour une Ville verte

La protection de l'environnement s'est aussi invitée dans le débat du budget 2019. Le législatif a refusé une demande du PLR de supprimer 20'000 frs destinés à l'obtention du label «Ville Verte». À noter que, sur proposition de la Commission des finances, les rentrées fiscales des entreprises ont été revues à la baisse. Ce qui fait augmenter la compensation de l'Etat en faveur de la commune, comme le prévoit la RIE III. Avec comme conséquence, une diminution du déficit (voir chiffres ci-contre)

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