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Un champion sur le toit

Bex Baptiste Rohrbach est arrivé deuxième des championnats du monde de couverture par équipes, dans la catégorie des toitures métalliques. De retour de Lettonie, le Bellerin raconte sa belle expérience.

Un champion sur le toit

Valérie Passello

Du haut de ses 22 ans, Baptiste Rohrbach peut déjà se vanter d'être vice-champion du monde. Détenteur d'un CFC de ferblantier, d'un CFC de couvreur et en cours de formation pour l'obtention d'un brevet fédéral de ferblanterie, le jeune homme a pris part, du 14 au 16 novembre, aux championnats du monde des métiers, à Riga. L'unique équipe romande, qu'il forme avec Victor Magalhaes (voir Le Régional 832), décroche la médaille d'argent dans la catégorie des toitures métalliques.

Top chrono, les compétiteurs avaient huit heures pour réaliser une maquette, sans machine, ce qui représente déjà un défi en soi. Le Bellerin relate: «Le premier jour, il s'agissait d'une toiture en cuivre avec une cheminée. Il y avait trop de travail par rapport au temps attribué, d'ailleurs aucune équipe n'a réussi à terminer. Notre objectif était de finir la structure principale, pour que ça en jette du point de vue esthétique. Nous y sommes parvenus de justesse!»

Rebelote le jour suivant, avec cette fois-ci un ouvrage en alu thermo-laqué, assorti d'une fenêtre de toiture et ventilation. «C'était plus facile, alors les différences entre les travaux de chaque pays étaient moins visibles», commente Baptiste Rohrbach. Le dernier jour, les équipes devaient fabriquer une façade, reprend-il: «Cette épreuve ne fait pas partie de la compétition, elle sert surtout à montrer le savoir-faire du pays que l'on représente. Nous avons fait quelque chose de simple mais propre, pour mettre en avant la finesse de la Suisse.»

Le goût du travail bien fait

Après s'être classé 2e au niveau suisse en 2014 et avoir frôlé les championnats d'Europe en 2018, Baptiste Rohrbach avoue avoir pris goût à la compétition: «Ce que j'apprécie, c'est l'adrénaline du moment. Dans la vie de tous les jours, on n'arrive pas forcément à se redonner la même stimulation, la même vitesse, ni la même concentration pour viser la perfection», décrit-il.

Perfectionniste? Sans aucun doute. «Nous nous sommes embêtés à soigner certains détails pour faire les choses selon les normes que l'on connaît en Suisse. Cela nous a ajouté une somme de travail, alors que d'autres équipes sont allées au plus simple. C'est peut-être ce qui nous a fait rater la première place», analyse le jeune homme. Mais il reste philosophe: «Je suis super content, les félicitations reçues des autres équipes et du public nous ont fait chaud au cœur. Malgré la compétition, il y avait une bonne ambiance parmi les candidats, de la solidarité et de l'entraide.»

Comme des sportifs

Les quelque trente équipes en lice étaient toutes logées dans le même hôtel, permettant aux professionnels des onze pays représentés d'échanger sur leurs techniques respectives et de nouer des contacts. Toutes comparaisons gardées, le récit du ferblantier-couvreur fait penser à celui d'un sportif au retour des Jeux Olympiques: «Nous avons passé une semaine à Riga, tous frais payés. À notre arrivée, chaque équipe, composée de deux participants et d'un coach, a reçu des salopettes de travail, une veste et un costard aux couleurs de son pays, pour la soirée de gala.» Comme dans tout sport, Baptiste et Victor se sont d'ailleurs entraînés depuis l'été, réalisant à plusieurs reprises des maquettes, sur la base de plans fournis par les organisateurs.

Malgré la tenue des championnats, les participants ont aussi pu découvrir un peu la Lettonie, notamment en assistant à des démonstrations de l'artisanat du pays, mais aussi en s'essayant aux danses traditionnelles.

Date:20.12.2018
Parution: 930

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