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Grève au Montreux Natation synchro: Un licenciement sème le trouble

Natation synchronisée Depuis le licenciement de la coach principale de la section artistique du Montreux Natation, une grande partie des athlètes ne s'entraîne plus et n'a pas participé aux récents championnats vaudois. Motif: elles demandent la réintégration immédiate de leur mentor, laquelle conteste par ailleurs son congé. Des plaintes de parents à propos de ses méthodes d'enseignement seraient à l'origine de la décision du comité. Une pétition circule alors qu'une procédure juridique est en cours. Enquête.

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Amit Juillard

«C'est notre deuxième maman»; «Le pilier, la personne qui arrive à te motiver à te surpasser et à te faire prendre du plaisir»; «Tu nous as vues grandir, évoluer dans ce sport, nous battre pour ce que l'on voulait, tu nous as toujours soutenues»; «C'est avec toi qu'on a gagné toutes les médailles»; «Sans elle, je n'aurais jamais pu faire ce sport»; «Nous sommes secoués, (...) ce n'est tout simplement pas acceptable». Autant d'exemples de la vague de réactions sur Facebook, sur Whatsapp ou par e-mail provoquée par le licenciement de l'entraîneure principale de la section natation synchronisée du Montreux Natation.

Maria* était arrivée à la Maladaire en 2004. Elle a été libérée de ses fonctions avec effet immédiat le 13 novembre 2018. Déclenchant un mouvement de grève et de révolte au sein et autour du club. Sur 27 nageuses de compétition, 20 ne s'entraînent plus. Au point que, le 2 décembre, seules cinq nageuses du Montreux Natation participaient aux championnats vaudois organisés par leur club dans leur piscine. S'y ajoute une pétition munie de 65 signatures qui demande la «réintégration immédiate» de la coach.

Confiance rompue

Pire, une partie des parents et des athlètes n'a plus confiance dans la direction du club. Pour preuve, ils demandent la démission de trois des membres de son comité. «Et puisque la situation n'évolue pas, nous réfléchissons à créer une nouvelle structure», confie au Régional une source interne souhaitant gardé l'anonymat au vu du climat tendu. Selon nos informations, Maria conteste quant à elle son congé et souhaite reprendre ses activités. L'affaire est actuellement entre les mains d'avocats et une séance de conciliation entre les dirigeants et leur ex-employée est prévue le 22 janvier.

Pourquoi se séparer de Maria? «Une procédure juridique est en cours, je ne peux pas vous en dire davantage», répond Fabrice Staub, président du Montreux Natation, qui tient à préciser: «En ce qui concerne la pétition, elle est signée par moins de 20 membres du club (réd: le chiffre exact est de 26, les autres signataires ne payant pas de cotisation).» De son côté, l'entraîneure ne souhaite pas non plus s'exprimer.

Méthodes d'entraînement en cause

Les nombreux documents en possession du Régional apportent toutefois quelques éléments de réponse. C'est le 13 novembre que Maria reçoit sa lettre de résiliation de contrat. Motif avancé dans le courrier de sa direction: «(...) Certains reproches nous ont été faits sur votre manière d'entraîner et en particulier lors du camp de Leysin.» Elle touchera son salaire jusqu'au 31 août et est priée d'abandonner tout contact avec les enfants du club et leurs parents. Si certains semblent, notamment, se plaindre de ses méthodes, d'autres les défendent: «Elle est stricte c'est sûr, mais c'est ça que nous voulons pour nos enfants, qu'ils apprennent la discipline, assure cette mère. Et derrière, il y a des résultats en compétition.»

L'annonce de la décision embrase le bassin dès le 14 novembre. «Alors que nous accompagnions nos enfants à la piscine de la Maladaire pour l'entraînement, nous avons appris par e-mail le licenciement avec effet immédiat de l'entraîneure sans que le comité ne nous donne de détail», s'offusque ce parent de nageuse.

Parmi les remplaçantes nommées, deux anciennes du Lausanne Natation, club dont elles ont été licenciées au printemps 2018, et la fille d'une des membres du comité. D'où de l'incompréhension, ainsi qu'un soupçon de népotisme de certains parents, que l'intéressée réfute lors d'une séance d'information organisée le 20 novembre. Cette réunion n'a toutefois pas permis d'apaiser les tensions.

Pas de faute grave

La Ville de Montreux, qui subventionne l'association sportive, suit le dossier depuis le début. Le syndic Laurent Wehrli (PLR) a par ailleurs reçu une délégation de pétitionnaires avant Noël. «C'est une situation délicate, humainement très chargée en émotions, constate-t-il. Il y a des torts et des réussites partagés. J'espère que la séance de conciliation du 22 janvier entre les parties puisse déboucher sur un modus vivendi. Les enfants sont la priorité, il faut trouver une solution pour qu'ils puissent continuer de nager.» Sur le fond, le municipal des sports, Caleb Walther (Les Verts), précise: «Les éléments que nous avons reçus montrent que le comité n'a pas pris sa décision sans raison valable, mais il nous a été confirmé qu'il n'y avait pas eu de faute grave.»

*Identité connue de la rédaction

Date:17.01.2019
Parution: 932

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