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Une ferme bio en ville

Oron Pionnière de l'agriculture biologique, la maraîchère Yvonne Kohler vient d'ouvrir, avec ses deux filles, un magasin pour la vente directe de légumes, plantons, fleurs et aromatiques issus de sa ferme. Un circuit court qui permet de réduire le transports des produits, l'une des causes du réchauffement climatique.

Yonne Kohler (à droite) et ses filles Tamara et Andréa Tardy.

Textes et photo: Magaly Mavilia

«Les changements climatiques, je les vois sur mes légumes, s'inquiète Yvonne Kohler, maraîchère établie à Rue. Le climat passe d'extrême en extrême et le végétal ne sait plus où il en est. Il y a 20 ans, le bio c'était le rêve, aujourd'hui, vu que nous n'avons plus d'hiver, les nuisibles pullulent et les auxiliaires ne fonctionnent plus car ils ont trop chaud». Conséquences: les cultures bio demandent un travail de plus en plus intense et une adaptation qu'il faut bien accepter. «Je ne fais plus de choux de Bruxelles, regrette la maraîchère. Il fait trop chaud, les plants souffrent et je n'ai pas envie de les traiter».

Pics de chaleur intenables

L'hiver ne «se fait plus», les périodes de chaleur s'intensifient, se prolongent et les pics de température sont insoutenables pour les plantes comme pour les humains. «En 2017, il a gelé fin avril, nous avons couvert les tomates avec un voile d'hiver et deux semaines après, il faisait 30 degrés. Les plants étaient complètement affolés, explique Tamara Tardy. La tomate a besoin de pousser lentement pour bien vivre, précise la fleuriste. S'il fait trop chaud trop vite, elle monte et n'a pas le temps de bien s'enraciner, ce qui la fragilise».

Histoire de famille

Lorsque ses filles étaient petites, Yvonne cultivait à l'unisson légumes, fleurs et aromatiques. Maintenant, elle partage une petite pépinière avec sa fille Tamara devenue fleuriste. Ce qui permet de proposer un large choix tant au nouveau magasin d'Oron, ouvert les mardis et jeudis après-midi, qu'au marché, les samedis matin à Vevey (La Tour-de-Peilz pendant la Fête des Vignerons) pour Yvonne et à Lausanne pour Tamara. Fleurs de coupe, décorations, plantons, plantes en pots, légumes et aromatiques, de quoi se régaler, «mais aussi «enléguminer» et fleurir même un petit balcon en ville», suggère Andréa Tardy qui sait de quoi elle parle. Car même si elle vient d'ouvrir son bureau de design industriel, elle avoue avoir besoin de «mettre les pieds dans la terre et le nez dans les fleurs».

Oron, Le Magasin Bio. Route de Palézieux 26. Mardi et jeudi, de 15h à 19h. Panier bio dans la région d'Oron sur abonnement au 079 298 37 33 ou à: yvonne.kohler@hotmail.com

Date:17.01.2019
Parution: 932

La saveur incomparable des légumes frais

Non contents d'être bio, les produits proposés au magasin ou au marché sont frais du jour. Pour qui connaît la saveur d'une betterave fraîche, le croquant d'une salade qui frétille encore, plus question de se contenter de légumes qui s'ennuient pendant des jours entre camions de transports et étals des grandes surfaces. Nouvelle habitante à Oron et cliente, Sophie Pralong est ravie de l'ouverture de ce petit marché: «Je consomme bio depuis des années et j'avais mes habitudes du côté de Lausanne. Je suis bien contente d'avoir cette adresse à deux pas de chez moi et il y a beaucoup plus de choix qu'en ville», s'étonne-t-elle en remplissant ses petits sacs en coton de carottes de toutes les couleurs et d'une belle portion de choucroute maison. «Maintenant je n'ai plus besoin d'aller en ville, se réjouit une autre cliente venue d'Ecoteaux. Nous avons tous les produits locaux sous la main: un boucher, un fromager et maintenant les légumes.»

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