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« Le potentiel esthétique du béton est immense »

Construction A l'instar de bien des entreprises familiales d'artisans, Jaquet SA Entreprise de construction à Rennaz, a grandi avec son temps. En 1947, Maurice Jacquet fonde un atelier de construction de chalets. 40 ans plus tard, son petit-fils Nicolas et son épouse Nathalie participent à la construction d'un gigantesque chantier, celui de l'hôpital Riviera-Chablais.

Entre les chalets construits par Maurice Jaquet dans les années  40 et un paquebot de béton comme l'hôpital Riviera-Chablais, réalisé par son petit-fils Nicolas, le point commun reste la fascination du bâti. DR

Magaly Mavilia

Directeur et propriétaire de l'entreprise avec son épouse, Nicolas Jaquet voulait devenir pharmacien, comme son oncle, explique-t-il. Jusqu'à une visite sur un chantier de restauration d'une vieille ferme de 1650. «Je devais avoir 7 ans et mon grand-père m'a dit: «Tu vois, il y a des gens qui ont construit cet ouvrage il y a quatre siècles. Il est toujours là et nous faisons la même chose.» Je pense que ces mots ont déclenché quelque chose en moi et aujourd'hui, c'est ce que j'aime dans ce métier.»

Un métier évolutif

Lorsqu'il entre dans l'entreprise familiale, dirigée par son grand-père et son père Hugues, Nicolas ne fait pas l'économie d'un apprentissage de maçon. «C'est dur, reconnaît-il, mais c'est la porte d'entrée par laquelle il faut passer. Et grâce à la Fédération vaudoise des entrepreneurs, cet apprentissage est un bon tremplin pour bâtir une carrière professionnelle.» Maître d'examens et d'apprentissage, Nicolas Jaquet déplore la mauvaise image de la profession auprès des jeunes. Un jugement bien helvétique qui n'est pas partagé par les compagnons bâtisseurs. «Ces jeunes sont passionnés, investis et brillants», souligne l'entrepreneur qui reçoit chaque année un ou deux compagnons en stage.

Date:17.01.2019
Parution: 932

Fasciné par cette matière

Il a bouleversé le monde de la construction depuis la découverte, en 1929, du béton précontraint par l'ingénieur français Eugène Freyssinet. Après la Seconde Guerre mondiale, son utilisation explose. Il faut reloger vite et à bas prix. Les barres des années 60 lui donnent grise mine et scellent la fracture entre production et art de bâtir. Mal aimé, le béton revient à la mode depuis une dizaine d'années. Il est devenu l'enfant chéri des architectes et des designers: béton ciré, structuré, lissé, teinté dans la masse.

«Dans l'inconscient collectif, le béton est relié au gris, au triste, au dur, mais nous avons les moyens de le rendre beau et de le recycler», assure Nicolas Jaquet, fasciné par cette matière qu'il transforme comme de la pâte à modeler au gré de sa créativité. Pour l'artiste-constructeur, le potentiel esthétique du béton est immense: structures architectoniques au toucher de plastique, mêlé au métal, au verre ou matériau de base pour un mobilier épuré, l'autre passion de Nicolas Jaquet à découvrir dans son atelier.

Ennuyeux le métier de maçon? Tout dépend de ce que chacun en fait.

Formations

Apprentissage : CFC en 3 ans

Maturité professionnelle pendant l'apprentissage ou après le CFC.

Débouchés : contremaître, chef de chantier, directeur des travaux, ingénieur, etc.

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