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«Une icône sert à transmettre la lumière»

Exposition Christiane Amerasinghe parfait l'art de l'icône depuis plus de neuf ans. Ecole de patience, cette discipline à la fois artistique et spirituelle ne s'improvise pas et sa maîtrise demande des années d'apprentissage. Mais pour autant, «on n'a jamais fini d'apprendre», se réjouit l'artiste montreusienne. Le Régional l'a rencontrée dans la galerie lausannoise Indigo où elle expose jusqu'à fin février.

Pour Christiane Amerasinghe: «L'icône est le support d'une recherche de la lumière et de la sagesse». DR

Texte et photos: Magaly Mavilia

«Peindre des icônes est un rêve de longue date, confie Christiane Amerasinghe, artiste peintre et fine plume accessoirement, domiciliée à Clarens. Mais il a fallu des années avant que je rencontre un maître pour m'enseigner cette technique qui ne s'improvise pas.» Par une série de «hasards» auxquels l'artiste ne croit pas, elle rencontre l'iconographe Michèle Rey malheureusement décédée en 2016 à Chexbres qui l'initie à cet art rigoureux. Elle suit de nombreux ateliers pour perfectionner les visages, les éclaircissements et le travail de l'or, notamment dans des monastères en France. Toutes ces années d'études lui ont valu de nombreux prix, dont celui des «Peintres du Soleil» en Côte d'Azur.

Du visible à l'invisible

A travers les siècles, l'icône, lorsqu'elle est réalisée dans le respect de la tradition, s'exprime par des symboles jusque dans sa technique: les premières couches sont très sombres et progressivement les couleurs s'éclaircissent pour marquer le passage de l'ombre vers la lumière. De la mort du «vieil homme» à sa «renaissance» dans une autre dimension, plus sereine et plus aimante. Alors que l'art religieux s'est progressivement orienté vers l'humanisme et l'esthétisme, l'icône, elle, est demeurée fidèle à sa vocation première: exprimer la transcendance. «Je ne suis ni catholique, ni orthodoxe et je ne vais pas à l'église, précise Christiane Amerasinghe. Pour moi l'icône est le support d'une recherche de la lumière et de la sagesse. Elle élève du visible à l'invisible, du matériel au spirituel. Sa contemplation va bien au-delà de ce qu'elle représente: son but ultime est de transmettre la lumière, le calme et l'amour à celui qui la regarde. Elle est aussi prière, méditation et bénédiction. Mais pour cela, une icône doit être réalisée dans un état d'esprit perméable à l'irreprésentable. Et tant que je ne suis pas satisfaite, je recommence.»

Jusqu'à un an de travail

Christiane Amerasinghe travaille selon les canons de l'école byzantine. Chaque détail doit être exécuté selon des techniques particulières et une icône peut prendre jusqu'à un an de travail. Ce n'est pas un peu frustrant? «Pas du tout, rétorque l'artiste avec un grand sourire, peindre une icône m'apporte une grande joie et un calme difficiles à exprimer. Au fond, ce n'est pas tant le but qui compte que le chemin pour y arriver».

Lausanne, Galerie Indigo, rue de la Motte 1. Jusqu'à fin février.

Date:31.01.2019
Parution: 934

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