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Vevey se réveille du cauchemar budgétaire

Finances Les élus votent le budget 2019 – déficit de 7,5 mios pour des charges de 167 mios – après un premier refus, tonitruant même si serré, en décembre dernier. La Municipalité n'est toutefois pas près d'en finir avec sa crise actuelle.

Vevey se réveille du cauchemar budgétaire

Textes: Gabriel Rego Capela

Soulagement général: Vevey n'est plus sans budget. Ce 31 janvier, le premier Conseil communal de l'année a finalement voté, après un débat houleux, le même texte qu'il rejetait à une voix près début décembre. Ce déblocage est le fruit d'un accord inter-partis inédit, entre Décroissance Alternatives, le PS, les Verts et Vevey libre, qui se sont réunis avant cette séance pour trouver une solution capable de fédérer une majorité de voix. «Nous le faisons pour le bien de la commune. Ce n'est pas en gelant les services que nous l'aiderons», résume Laurent Lavanchy (DA). Car la gauche et Vevey libre ont aussi approuvé la création de trois nouveaux postes - un de technicien en énergie, un de bibliothécaire et un autre aux finances - sur les treize initialement proposés par la Municipalité.

Demande de moratoire

Le feuilleton budgétaire fut, il est vrai, difficile à suivre. Le surplus de charges était à 9 millions avec ces treize postes. La Municipalité les retirera avant le vote de décembre, dans le but d'obtenir le feu vert du Conseil, en vain. Le déficit a donc été ramené à 7 millions... avant d'atteindre les 7,5 millions, au vu de ces trois postes finalement acceptés, pour un total de charges de 167 millions. L'autofinancement s'élève quant à lui à 3 millions. «La facture sociale augmente car le nombre de gens à soutenir est croissant», argumente le vert Antoine Stübi. Le budget doit donc, selon lui, en tenir compte, et ne pas craindre de créer quelques coûts de plus. Un avis loin d'être partagé: «Il nous faut un moratoire sur ces postes, estime le PLR Patrick Bertschy. Pourquoi ne pas effectuer des transferts en vue de les financer, en amenant l'argent d'un service qui ne remplit plus entièrement sa tâche vers le nouveau service?».

Déficit béant

L'UDC Fabienne Despot s'insurge: «Nous avons réussi à décrocher deux millions d'économie, pour finalement revenir en arrière, alors que les déficits sont de plus en plus béants!». Mais pour l'alliance de circonstance entre la gauche et Vevey libre, le jeu en vaut la chandelle, et pourrait même se révéler profitable à long terme: renforcer l'administration des finances permettrait de les rationaliser, de même que le poste de technicien en énergie pourrait contribuer à des économies importantes dans ce secteur, considèrent plusieurs intervenants.

Pour d'autres, la situation est bien trop grave, et ne se résoudra que par les urnes: «J'espère que les spectateurs de cette mascarade se souviendront des noms et des visages de celles et ceux qui, ce soir, apporteront leur soutien à ce budget fantaisiste et bricolé. D'ores et déjà, je les invite à tailler le crayon en vue des prochaines élections communales», lancera l'UDC Werner Riesen, prenant la tribune en tant que président de la commission des finances. La sanction électorale qu'il appelle de ses vœux aura-t-elle lieu? Question ouverte.

Date:07.02.2019
Parution: 935

Nouvel appel à la démission de l'exécutif

Ce débat sur le budget a éclipsé la crise interne de l'exécutif veveysan, confronté à trois suspensions depuis l'été passé, pour cause d'enquête pénale. Néanmoins, cette crise est loin de se dissiper. Une interpellation, déposée par Décroissance Alternatives ce même soir, en appelle à la démission collective de l'exécutif, dont les deux derniers encore en place, la syndique Elina Leimgruber et Etienne Rivier, pour permettre de nouvelles élections anticipées. Sachant que les prochaines sont prévues pour 2021. Ceci afin d'obtenir un regain de légitimité pour cette Municipalité amputée de plus de la moitié de ses élus, et qui fonctionne actuellement avec deux édiles désignés par le Conseil d'État. À défaut, l'interpellation propose la mise sous régie de la commune, en pariant que le Canton en arrivera à la même conclusion: l'organisation d'élections anticipées. Citée par 24 heures, Elina Leimgruber balaie ces deux solutions, rappelant que la situation est «temporaire et nous espérons que la justice parviendra vite à une conclusion dans le cadre de ses enquêtes».

En parallèle, l'élue indépendante (anciennement verte) Marie Moya a, quant à elle, déposé un recours au Tribunal fédéral et à la Cour constitutionnelle contre les deux nominations cantonales, estimant qu'elles manquent de fondements légaux. En effet, les deux municipaux de remplacement, le PLR Jacques Ansermet et le PS Michel Renaud, ne sont ni élus, ni veveysans, ni même, pour Ansermet, de la couleur politique des municipaux Vevey libre qu'il doit remplacer. Pourtant les deux vont potentiellement figurer dans l'exécutif jusqu'en 2021. De quoi faire douter de la solution imposée par le canton. A la justice de trancher.

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