Télécharger
l’édition n°935
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

«Nous craignons un énième projet immobilier»

Collombey-Muraz La création, au cœur de Collombey, d'une zone mêlant commerces, habitat et espaces publics, ne fait pas l'unanimité. Les socialistes pourraient lancer un référendum dans quelques mois.

« Nous craignons un énième projet immobilier »

Textes et photo: Valérie Passello

«Est-il nécessaire de construire aussi grand, aussi haut, aussi massif?», questionne la cheffe de groupe du parti socialiste et centre gauche Véronique Chervaz au Conseil général de Collombey-Muraz, ce 4 février. À l'ordre du jour, un dossier d'importance, dont les premières réflexions datent de 2009. La refonte du cœur de Collombey (voir Le Régional 621). Il s'agit de voter sur la modification partielle du plan d'affectation des zones et du règlement communal des constructions, puis d'adopter le plan de quartier «Collombey-Centre».

Le projet poursuit trois buts, énumère le municipal de l'aménagement du territoire et des constructions, Alexis Turin: «Il vise à améliorer la qualité des espaces publics, à favoriser une mixité des usages et à densifier de manière mesurée.» Une démarche qui passe – et c'est là que le bât blesse – par la construction de cinq bâtiments autour de la maison de commune. La Municipalité compte sur un partenariat public-privé pour ces réalisations. Le président Yannick Buttet prévient: «Pour structurer une véritable place du village, il faut du bâti autour. Sans ce plan de quartier, les propriétaires privés pourraient construire quand même, mais sans harmonie aucune.»

200 places de parc

Les cinq bâtiments abriteront des logements, mais aussi des commerces ou des services publics au rez-de-chaussée. Une configuration qui devrait générer du passage sur le site à différents moments de la journée, le but étant de le rendre plus vivant. Une plus grande importance sera donnée à la mobilité douce. Étant donné que l'AOMC, à terme, disparaîtra de la route cantonale, celle-ci pourrait être limitée à 30 km/h et un nouvel itinéraire cyclable devrait être créé pour rallier Monthey.

Comme de l'eau a coulé sous les ponts depuis l'élaboration du dossier, les autorités l'ont tout de même rafraîchi, tenant notamment compte des griefs formulés par la population, dont une quinzaine d'opposants, lors de la mise à l'enquête. Yannick Buttet raconte: «À la base, un sixième bâtiment devait être construit sur l'ancien cimetière, mais nous avons vite constaté que la population n'en voulait pas. Nous avons donc aménagé un parc, qui semble aujourd'hui convenir à tous.» Autre modification, le parking souterrain comptera près de 200 places, soit 75 de plus que dans le projet initial.

Deuxième lecture requise

En préambule aux débats, Véronique Chervaz ne cache pas ses doutes, refusant même l'entrée en matière: «Nous craignons un énième projet immobilier. Le terme «maisons villageoises», utilisé par l'exécutif pour qualifier les futures constructions, est un doux euphémisme pour cacher une réalité beaucoup plus massive», assène-t-elle. S'ensuit une pluie d'amendements déposés principalement par son parti, tous balayés par le plénum, avant que le plan de quartier passe la rampe par 31 oui, 10 non et une abstention.

Malgré la volonté de l'UDC, des Verts et du PDC d'accepter le texte en première lecture au lieu de deux, comme le prévoit le règlement du Conseil général, un nouveau vote tranche. Les deux tiers de l'assemblée n'étant pas séduits par cette idée, une deuxième lecture aura bel et bien lieu.

Date:07.02.2019
Parution: 935

Référendum dans l'air

C'est en deuxième lecture, soit très probablement lors de sa séance du 8 avril, que le Conseil général validera définitivement l'objet débattu ce 4 février. Véronique Chervaz ne s'en cache pas: «Dès que le plan de quartier «Collombey-Centre» aura passé la rampe du législatif, notre parti lancera une récolte de signatures en vue d'une consultation populaire.» Si au moins 10% des paraphes des électeurs de la commune sont réunis dans les temps, soit un peu plus de 500, toute la population s'exprimera. Ce qui ne semble pas gêner Yannick Buttet: «C'est très bien que le débat soit lancé sur la place publique. Je crois, de toute façon, que ce projet est très attendu par une majorité de la population.»

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio