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Le loyer de la Maison de Commune – 432'600 frs – fâche

blonay Louer la Maison de Commune, propriété de Retraites Populaires, coûte chaque année près de 450'000 frs à la collectivité. Soit quelque 4,5 millions dépensés ces dix dernières années et plus de 9 millions au terme du bail de vingt ans. Grogne parmi les élus, au vu du déficit budgétaire de 1,7 million prévu pour 2019.

Textes: Rémy Brousoz

«Pour la période allant de 2008 à 2018, la commune de Blonay a déjà payé 4,5 millions de francs». L'intervention d'Yves François a beau être courte, les chiffres articulés en disent long. Au Conseil communal du 11 décembre dernier, le membre des Verts et Ouverts présente un postulat signé avec son collègue de parti André Grivel. Dans leur viseur: le loyer de la Maison de Commune. Depuis une dizaine d'années, l'administration communale est locataire des bureaux dans lesquels elle travaille, le bâtiment appartenant à Retraites Populaires. «En octobre 2008, la Municipalité a signé un bail pour locaux commerciaux d'une durée de 20 ans, détaille Yves François. Le loyer mentionné dans ce document est de 432'600 frs par année, TVA non comprise. Au terme du bail, la commune aura payé plus de 9 millions». Conclusion du postulant: «Nous invitons l'exécutif à étudier toutes les pistes, afin de sortir de ce gouffre financier». L'expression résonne lourdement dans la salle, le plénum venant d'accepter un budget 2019 déficitaire d'1,7 million (chiffres en encadré).

Et la fusion ?

Une préoccupation partagée depuis longtemps par l'exécutif, à en croire le municipal Bernard Degex, syndic de 2011 à 2016: «En janvier 2016, j'ai rencontré le directeur du service immobilier de Retraites Populaires et je lui ai demandé s'il pouvait nous faire une offre dans l'optique d'un rachat. Je pense qu'il doit rigoler encore, car ce qu'il cherche, ce sont des biens à acheter, pas à vendre», explique l'édile PLR, presque résigné. «Mais nous pouvons tenter une nouvelle approche, ce qui répondra à votre postulat». Visiblement agacé, son collègue Jean-Marc Zimmerli, en charge des finances, précise que la Maison de Commune ne génère pas que des factures: «Diverses locations permettent un revenu d'environ 70'000 frs par année, que nous pouvons déduire des charges, lance le Libéral-Radical et nous avons lancé une étude pour savoir si nous pouvons consacrer plus de surface à ces sous-locations». Une piste confirmée par Bernard Degex. «Mais il serait délicat de chambouler l'organisation de la Maison de Commune si nous ne savons pas ce qui va se passer dans les années à venir», souligne-t-il toutefois, à l'heure où des réflexions sont en cours pour se rapprocher de St-Légier-La Chiésaz.

Une épine dans le pied ?

Ce spectre d'une éventuelle fusion avec la commune voisine flotte sur le débat. Chef du groupe des Verts et Ouverts, Jean-Marc Nicolet l'affirme: le loyer de la Maison de Commune pourrait être un obstacle à l'avancement du projet. «Si nous lisons les rapports des différents groupes de travail œuvrant à ce rapprochement, il apparaît -assez discrètement- que c'est une épine dans le pied. Certaines personnes de St-Légier ne comprennent pas qu'autant d'argent puisse être consacré à ce bail». Des propos que Jean-Marc Zimmerli vient immédiatement contrer: «Ca figure effectivement dans un rapport. Mais d'autres choses ont été dites dans d'autres commissions, dont vous n'avez pas connaissance. C'est un peu délicat de prendre un élément et de le sortir de son contexte pour en faire une vérité absolue», lâche l'édile, qui recadre ensuite la discussion: «Nous n'avons rien contre ce postulat, puisque nous y travaillons. Mais nous sommes dans un état de droit, des contrats ont été signés». Au vote, le postulat est accepté - 48 oui, 4 non et 5 abstentions.

Date:14.02.2019
Parution: 936

Chiffres du budget 2019

> 39,2 mios

Total des charges

> 1,7 mio

Déficit

> 4,5 mios

Investissements bruts

> 787'700 frs

Marge d'autofinancement

Retraites Populaires prête à discuter

Contactée par Le Régional, la société Retraites Populaires rappelle que fin 2005, le législatif blonaysan a accepté que des terrains lui soient vendus. Le but était d'édifier un centre villageois comprenant, outre la Maison de Commune, une poste, une banque, un restaurant, des commerces et des logements. «Ce projet est le résultat d'un travail conséquent monté de concert avec la Municipalité, ajoute Lorraine Clément, porte-parole du groupe vaudois. Aujourd'hui, nous restons en contact avec la Commune et sommes ouverts à toute discussion».

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