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Et si l'humain était au cœur d'un magasin?

Bex Un projet de commerce bio, local et participatif est en gestation dans le Chablais. Le concept sera présenté aux intéressés le 20 février à 19h30, à la Maison Chevalley.

Thibaud, Myriam Granges-Nolf et leurs enfants, aux côtés d'Anne-Laure Schmuziger (à d.) espèrent fédérer une cinquantaine de personnes.

Textes et photo: Valérie Passello

«Court-circuit du Chablais». Même si le nom du projet est encore provisoire, il annonce la couleur: favoriser les circuits courts, promouvoir les produits de la région, entretenir les liens sociaux et de proximité. Myriam et Thibaud Granges-Nolf se définissent comme des «lanceurs d'idées» et espèrent que le concept d'un magasin coopératif local, bio, éthique et à but non-lucratif, séduira les habitants du Chablais. «Rien n'est encore défini, précise Myriam, les valeurs et le fonctionnement exact du lieu seront à discuter en groupe, une fois qu'un noyau de volontaires sera constitué.»

Le couple, établi aux Posses-sur-Bex, a découvert la coopérative «Système B», à Neuchâtel, qui fonctionne grâce à l'engagement de bénévoles de tous milieux (voir encadré). Thibaud précise: «Nous ne voulons pas créer un magasin bio pour les bobos, mais bien un commerce accessible à tous, avec des prix raisonnables et un assortiment assez large pour que l'on puisse y faire ses courses. Pour y parvenir, il faut avoir le moins d'intermédiaires possible entre nous et les producteurs, limiter la marge à 20% et pouvoir compter sur le bénévolat.» Il va de soi que les prix seront justes et équitables aussi bien pour les consommateurs que pour les fournisseurs.

50 coopérateurs à trouver

L'équipe de «Système B» est disposée à faire bénéficier le projet chablaisien de son expérience. De leur côté, Thibaud et Myriam ont déjà de nombreux contacts avec différents producteurs bio de la région. À l'instar de la jeune maraîchère de Vouvry Anne-Laure Schmuziger, qui démarre son activité cette année: «J'ai toujours eu envie de faire de la vente directe, voire de l'auto-cueillette. Ce concept me plaît, car j'aime l'idée que les gens soient impliqués dans ce qu'ils mangent.» Cette dernière projette également de créer un poulailler, afin de fournir des œufs frais à la future épicerie.

Reste à fédérer suffisamment de volontaires pour concrétiser le «Court-circuit du Chablais». Le principe est que toute personne motivée s'engage à acquérir une part sociale de 200 frs, ainsi qu'à consacrer trois heures par mois à la coopérative. Myriam Granges reprend: «Au sein du magasin de Neuchâtel, l'esprit de solidarité est palpable. Le système est autogéré, il n'y a pas de hiérarchie entre les coopérateurs.» Si au moins cinquante personnes s'engagent dans l'aventure, le projet pourra être mis sur pied au printemps déjà, dans un lieu encore à trouver.

Présentation détaillée du concept le 20 février à 19h30 à la Maison Chevalley à Bex. Infos: www.laoh.ch

Date:14.02.2019
Parution: 936

Un modèle new yorkais

De plus en plus d'épiceries coopératives et participatives voient le jour un peu partout, s'inspirant d'un modèle né en 1973 dans le quartier de Brooklyn à New York, le «Park Slope Food». Celui-ci fonctionne encore à ce jour et compte 16'000 coopérateurs. Dans ces lieux où les gens offrent de leur temps pour mieux consommer, les valeurs humaines ont une grande importance. À Neuchâtel, «Système B» souhaite par exemple «contribuer à un projet de société humaniste alternatif au capitalisme et proposer une alternative aux chaînes de distribution traditionnelles.» Cette coopérative est née, en mars 2018, de la volonté de neuf citoyens et quelque 200 coopérateurs s'y sont déjà engagés. Ces derniers ont tous un rôle à jouer dans l'organisation du lieu.

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